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La Izquierda Diario
14 de janvier de 2019 Twitter Faceboock

Répression
Pétition. Exigeons l’aministie des gilets jaunes !

Lancée pour défendre l’amnistie des Gilets Jaunes inculpés depuis le début du mouvement, cette pétition est notamment soutenue, outre tous ceux qui apportent leur soutien au mouvement, par des intellectuels, syndicalistes ou militants politiques, d’Assa Traoré du comité Adama à l’écrivain Annie Ernaux en passant par le syndicaliste Annase Kazib, et compte plus de 28.000 signatures à l’heure actuelle. Dénonçant « la stratégie de la tension, délibérément choisie par le pouvoir » qui n’a « pas laissé la chance d’une protestation pacifique », cette pétition démontre l’immense élan de solidarité qui accompagne le mouvement des Gilets Jaunes, face au raidissement autoritaire du gouvernement contre des manifestants venus « défendre leurs vies menacées dégradées par la précarité. »

Link: http://www.revolutionpermanente.fr/Petition-Exigeons-l-aministie-des-gilets-jaunes

Nous reproduisons ci-dessous le texte de la pétition :

EXIGEONS L’AMNISTIE

DES GILETS JAUNES :

SIGNEZ LA PÉTITION

#AMNISTIEPOURLESGJ

Ils n’étaient pas venus à Paris, Bordeaux, Toulouse, et tant d’autres villes, pour en découdre avec les forces de l’ordre. Ils étaient venus pour défendre leurs vies menacées, dégradées par la précarité, mises en joue par un pouvoir prêt à faire les poches de leurs parents retraités comme de leurs enfants étudiants, afin de valoriser le patrimoine financier des plus riches. Ils étaient venus pour protéger leurs droits fondamentaux, et aussi une certaine conception de la justice sociale, qui a longtemps fait l’honneur de la France.

La stratégie de la tension, délibérément choisie par le pouvoir, ne leur a pas laissé la chance d’une protestation pacifique. Gazage, nassage et brimades en tout genre, puis au fil des semaines, matraquages, tirs de flashballs et grenades mutilantes, pour la première fois de leur existence, beaucoup de « Gilets jaunes » ont été confrontés à des brutalités policières indignes d’une démocratie, que des organisations comme Amnesty international ont elles-mêmes dénoncées.

On ne compte désormais plus le nombre de manifestants, au casier vierge, mis en garde à vue, condamnés en comparution immédiate, ou aujourd’hui en instance de jugement. Certains connaîtront la prison, qui détruit, qui humilie. D’autres ne retrouveront jamais d’emploi. Un grand nombre d’entre eux verront leurs vies brisées à jamais. Nous ne pouvons accepter qu’une protestation contre une politique massivement rejetée par la population détruise ainsi des êtres pris pour boucs émissaires. Nous ne pouvons accepter qu’un pouvoir, qui a sciemment fait le choix de la confrontation, se serve d’eux pour intimider tout un peuple. Nous ne pouvons accepter l’idée d’une vengeance d’Etat.

C’est pourquoi nous appelons le Président de la République, Emmanuel Macron, et son Premier Ministre, Edouard Philippe, à mettre à l’ordre du jour une loi d’amnistie en faveur des hommes et des femmes aujourd’hui persécutés, mis en examen, ou détenus pour avoir participé à ce mouvement social d’ampleur historique. C’est pourquoi nous appelons dès aujourd’hui à l’arrêt des procédures en cours, à l’effacement des peines prononcées, et à ce qu’une réponse enfin politique, et pas seulement sécuritaire et judiciaire, soit donnée aux événements hors du commun que la France est en train de vivre.

Une telle amnistie est prévue par l’article 133-9 du Code pénal et légitimée par la tradition française, de nombreuses lois d’amnistie ayant ainsi été votées depuis le début de la 5ème République, notamment dans le cadre d’activités protestataires.

Un tel geste serait seul en mesure de commencer à rendre au pays l’apaisement qu’il ne saurait retrouver sur fond de persécutions pour l’exemple. « Nous ne reprendrons pas le cours de nos vies », disiez-vous Monsieur le Président, le 10 décembre 2018. Nous ne reprendrons pas le cours de nos vies tant que nos concitoyens n’auront pas pleinement retrouvé la leur.

LES PREMIERS SIGNATAIRES

Isabelle Alonso (écrivaine)
Alain Badiou (philosophe)
François Bégaudeau (écrivain)
Juan Branco (avocat)
Stéphane Brizé (réalisateur)
Mathieu Burnel (ex-inculpé dans l’affaire Tarnac)
Annick Coupé (secrétaire générale d’Attac)
Alain Damasio (écrivain)
Eric Drouet (gilet jaune)
Annie Ernaux (écrivain)
Gérard Filoche (membre de la CGT, Attac, fondation Copernic)
Bernard Friot (sociologue et économiste)
Thomas Guénolé (politologue)
Eric Hazan (éditeur)
Anasse Kazib (délégué Sud Rail)
Zoé Konstantopoulou (avocate, ex-présidente du parlement grec)
David Koubbi (avocat)
Mourad Laffitte (réalisateur)
Aude Lancelin (directrice de publication Le Média)
Franck Lepage (éducateur populaire)
David Libeskind (avocat, collectif « robe noire et gilet jaune »)
Henri Maler (fondateur d’Acrimed)
Jean-Claude Michéa (philosophe)
Gérard Mordillat (réalisateur)
Maxime Nicolle (gilet jaune)
Gérard Noiriel (historien)
Osons causer (YouTuber)
Gilles Perret (réalisateur)
Pierre Perret (auteur-compositeur-interprète)
Thomas Portes (PCF, syndicaliste CGT-cheminots)
Bernard Stiegler (philosophe)
Assa Traoré (comité Adama)
Eric Vuillard (écrivain)
Joseph Andras (écrivain)
Fabien Archambault (historien)
Dorian Astor (philosophe)
Marc Belissa (historien)
Yves Bernanos (réalisateur)
Olivier Berruyer (fondateur du blog « Les Crises »)
Olivier Besancenot (porte-parole du NPA, facteur)
Alain Bihr (professeur émérite de sociologie)
Laurent Binet (écrivain)
Irène Bonnaud (metteuse en scène, traductrice)
Véronique Bontemps (anthropologue, CNRS)
Yannick Bosc (historien)
Alain Boscus (historien)
Youcef Brakni (comité Adama)
Gérard Bras (philosophe)
Mathieu Brunet (enseignant chercheur)
Gael Brustier (écrivain)
Emmanuel Burdeau (critique de cinéma)
Pascal Buresi (historien, CNRS)
Vanessa Caru (historienne, CNRS)
Martial Cavatz (enseignant)
Vincent Cespedes (philosophe)
Alexis Charansonnet (historien)
Yves Cohen (historien)
Francis Combes (poète, éditeur)
Mirabelle Cruells Thouvenot (attachée territoriale)
François Cusset (écrivain)
Sonia Dayan-Herzbrun (sociologue)
Laurence De Cock (historienne, fondation Copernic)
Christine Delphy (sociologue, CNRS)
Martine Derrier (spectacle vivant)
Dany-Robert Dufour (philosophe)
François Dumasy (historien)
Bertrand Dumenieu (ingénieur)
Mireille Fanon-Mendès-France (ancienne experte de l’ONU)
Pascale Fautrier (écrivaine)
Christian Ferrié (enseignant)
Geneviève Fraisse (CNRS)
Bruno Gaccio (scénariste et producteur)
Fanny Gallot (historienne)
Susan George (présidente d’ATTAC)
Laurence Giavarini (universitaire)
Boris Gobille (sciences politiques)
François Godicheau (historien)
Maurizio Gribaudi (historien)
Nacira Guénif (sociologue)
Pierre Guéry (auteur)
André Gunthert (historien)
Elie Haddad (historien, CNRS)
Florence Johsua (politiste)
Leslie Kaplan (écrivaine)
Sam Karmann (acteur)
Pierre Khalfa (syndicaliste)
Stéphane Kipfer (politiste, géographe, Toronto)
Isabelle Krzywkowski (universitaire, SNESUP-FSU)
Jérôme Lamy (historien)
Dany Lang (économiste)
Mathieu Larnaudie (écrivain)
Olivier Le Cour Grandmaison (universitaire)
Gildas Le Dem (journaliste)
Frédéric Lebaron (sociologue)
Marie-Thérèse Lenoir (MRAP migrations)
François Lescure (mathématicien)
Michel Letté (historien)
Ivan Marin (mathématicien)
Céline Martin (historienne)
Marion Messina (écrivain)
Régis Meyran (chercheur en sciences sociales, journaliste)
René Monzat (auteur, réalisateur)
Dominique Natanson (union française des juifs pour la paix)
Heitor O’Dwyer de Macedo (psychanalyste)
Ugo Palheta (sociologue)
Willy Pelletier (sociologue, fondation Copernic)
Roland Pfefferkorn (sociologue)
Emmanuelle Posse (professeur de philosophie, mère d’un gilet jaune condamné)
Raphaël Pradeau (porte-parole d’ATTAC)
Olivier Rabourdin (acteur)
Jacques Rancière (philosophe)
Eugenio Renzi (critique de cinéma, professeur de philosophie)
Fabrice Riceputi (historien)
Michèle Riot-Sarcey (historienne)
Laurent Ripart (historien)
Juliette Rousseau (militante, autrice)
Arnaud Saint-Martin (citoyen)
Catherine Samary (économiste)
Benoît Schneckenburger (agrégé de philosophie)
Todd Shepard (historien)
Patrick Simon (revue Mouvements)
Danielle Simonnet (conseillère de Paris)
Yves Sintomer (sciences politiques)
Eyal Sivan (cinéaste)
Arnaud Skornicki (politiste)
Joy Sorman (écrivain)
Catherine Stern (PCF - 28 Migrations)
Federico Tarragoni (sociologue)
Julien Théry (historien)
Enzo Traverso (historien)
Yves Vargas (professeur de philosophie)
Eleni Varikas (professeur de théorie politique)
Nicolas Vieillescazes (éditeur)
Xavier Vigna (historien)
Julien Vincent (historien)
Fabrice Virgili (historien)
Louis Weber (éditeur)
Hela Yousfi (universitaire)
Sophie Zafari (syndicaliste)
Jean-Claude Zancarini (italianiste)
Michelle Zancarini-Fournel (historienne)

 
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