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La Izquierda Diario
14 de janvier de 2019 Twitter Faceboock

Assez de vies broyées
Explosion rue de Trévise : la vétusté du réseau en cause, à qui la faute ?
Belkacem Bellaroussi

Quelques mois après l’effondrement d’un immeuble à Marseille, une fuite de gaz serait à l’origine de l’explosion d’une copropriété en plein Paris ce samedi 12 janvier. La vétusté du réseau est mise en cause... ainsi que la privatisation d’Engie ?

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Alors que l’effondrement d’un immeuble marseillais il y a quelques semaines est encore dans les mémoires, la réalité du logement dans les grandes villes de France a montré son visage sur Paris ce week-end. Samedi matin, alors que les pompiers de Paris avaient été appelés pour une fuite de gaz au 5 rue de Trévise, dans le 9e arrondissement, une très violente explosion abattait l’immeuble, le souffle ébranlant jusqu’à ses fondations, réduisait en miette les vitrines alentours, les véhicules stationnés et faisaient 4 victimes et une cinquantaine de blessés.

Alors que Gaz Réseau Distribution France (GRDF), filiale de Engie dont l’Etat est (encore) actionnaire principal, considère qu’il est « trop tôt pour identifier la cause de cet accident », de nombreuses questions se posent pourtant, d’autant plus vu la quasi concomitance des événements de Marseille et ceux de ce samedi 12 janvier. L’hypothèse d’une explosion due à une fuite de gaz a pourtant été avancée par les pompiers et par l’enquête, laissant entendre que la qualité des infrastructures pouvait donc être en cause.

C’est ce qu’a pointé du doigt dès samedi soir Alexandre Vesperini, élu divers droite du 6e arrondissement. Selon lui, le réseau de gaz parisien serait « dans un état de vétusté avancé ». A la fois vieux et très mal signalisé. Selon lui, ce constat serait partagé par les pompiers, premiers appelés lors de problèmes de cet ordre, et par les Maires d’arrondissement, dont ce serait « la hantise ». La rénovation du réseau serait trop lente pour éviter des catastrophes qui se multiplieraient si la filiale de Engie, qui détient 100% des parts de GRDF, n’agissait pas urgemment.

GRDF a immédiatement réagit en écartant l’accusation de « lenteur » dans la rénovation du réseau, long de 1944 km sur Paris, à la faveur des... 40 km de réseaux renouvelés chaque année et des 50 millions d’euros investis annuellement.

Selon beaucoup, ce n’est pourtant pas assez, et il faudrait en faire plus. Dans ce cadre, et malgré la multiplicité des acteurs qui ont la charge des problèmes du réseau gazier de Paris, il est difficile de ne pas détourner le regard de la grande responsabilité de Engie, et de la privatisation qui la guette.

L’été dernier, un mouvement de grève d’une ampleur inédite (sans pour autant que les médias en parlent beaucoup) touchait les filiales Enedis (ex-ERDF), chargé de la distribution de l’électricité, et GRDF. Ces grèves s’inscrivaient dans le cadre des revendications syndicales sur la préservation du service public de l’énergie.

Malgré tout, dans le cadre du projet de loi Pacte voté en octobre dernier, l’Assemblé Nationale a permis l’autorisation de la privatisation de la Française des Jeux et d’Aéroport de Paris, ainsi que l’autorisation de l’Etat à descendre en dessous du seuil des 33% des parts dans le capital de Engie.

Autrement dit, ce n’est qu’une question de temps avant que l’État ne se désengage totalement ou partiellement dans ce groupe stratégique du secteur de l’énergie (3ème groupe au monde dans ce secteur) pour financer la dette, ouvrant à Engie la voie de la recherche effrénée de marges financières au détriment des investissements sur le réseau électrique et gazier.

Avant même cette privatisation, Engie s’était illustrée dans cette course en tentant un montage d’évasion fiscale au Luxembourg, épinglé par la Commission Européenne en juin 2018.

Voir l’Etat se désengager d’Engie après un drame comme celui-ci, c’est donc à la fois le voir fuir ses responsabilités dans le contrôle et le financement des missions du service public électrique et gazier, mais c’est aussi toujours plus légitimer la recherche de profit par tous les moyens de la part d’entreprises qui devraient être entièrement nationalisée.

 
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