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24 de janvier de 2019 Twitter Faceboock

Manifestations en Hongrie
Hongrie. La jeunesse et le monde du travail contre les réformes néolibérales de Orban
Inès Rossi

En Hongrie, pour la première fois depuis l’élection d’Orban – un des "modèles" de Marine le Pen – étudiants et travailleurs se sont organisés explicitement en solidarité les uns avec les autres contre son régime et ses réformes néolibérales.

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Photo : AFP/Ferenc Isza

Nouveau samedi de contestation en Hongrie

Samedi 19 janvier, en Hongrie, de nouvelles manifestations contre le gouvernement de Viktor Orban ont réuni plusieurs milliers de personnes à Budapest et dans d’autres grandes villes du pays. Depuis le 8 décembre, les hongrois manifestent contre la réforme du Code du travail, mais aussi contre le régime autoritaire de Viktor Orban, au pouvoir depuis 2010. Aux cris de "Tous unis, nous ne serons pas des esclaves !", les manifestants, arborant parfois des gilets jaunes, affichent leur détermination face aux réformes néolibérales. Les syndicats hongrois se disent même prêts à organiser une grève générale.
Le mouvement a débuté après la promulgation d’une loi qualifiée “d’esclavagiste”, écrite pour pousser plus loin encore la flexibilisation du travail et attirer les capitaux des industries allemandes. À cela s’ajoute la création d’un nouveau tribunal entièrement sous le contrôle du ministère de la Justice (et donc du FIDESZ, le parti au pouvoir) dont les juges sont directement nommés par le premier ministre. Ce nouveau tribunal assujetti au gouvernement tablera pourtant sur des sujets cruciaux : les questions de corruption, de loi électorale, de transparence et de dépenses publiques...

Les réformes néolibérales de Viktor Orban

La création de ce nouveau tribunal représente comme le dit Gergő Varga, éditeur du site Mérce et participant actif de la mobilisation, “un clou supplémentaire sur le cercueil de l’Etat de droit et de la démocratie libérale”.

Quant à la réforme du Code du travail, promulguée début décembre, elle fait passer la limite maximale d’heures supplémentaires annuelles de 250 à 400 heures ; par surcroît, ces 400 heures supplémentaires pourront maintenant être payées jusqu’à 3 ans plus tard !

À travers cette loi, le gouvernement Orban sert l’intérêt des capitalistes hongrois et internationaux, notamment allemands, impliquant de dérouler le tapis rouge aux capitaux étrangers et de flexibiliser le marché du travail sur place. La réforme s’inscrit d’ailleurs dans la droite lignée de la réforme du Code du travail de 2012, qui était déjà dans une optique de dérégularisation et de flexibilisation du marché du travail. En ce sens, comme l’écrit Jean-Yves Camus, Directeur de l’Observatoire politique des radicalités à la Fondation Jean-Jaurès, dans son livre Les Droites extrêmes en Europe : “Le gouvernement Orban n’a nullement mis fin à l’approfondissement de la néolibéralisation de la Hongrie, mais a lié celle-ci à une pratique et un discours autoritaires de restriction des libertés fondamentales.”

Ces manifestations de masse pourraient bien porter un sérieux coup à l’hégémonie de ces régimes illibéraux qui, derrière une rhétorique raciste, anti-sémite et xénophobe, cherchent à mieux faire passer leur agenda néolibéral. Une stratégie qui n’est pas sans rappeler celle déjà déployée par Marine le Pen en France, qui s’inspire ouvertement du “modèle” hongrois de Viktor Orban.

Orban, un modèle pour le RN

Un discours qui séduit en France. En effet, Thierry Mariani, ancien ministre néolibéral de Sarkozy, fraîchement débarqué de LR, explique lui-même qu’à l’approche des européennes, “avec Matteo Salvini ou Viktor Orban, une alternative se met en place”. Mais de quelle alternative parle-t-on ? Celle de la casse du Code du travail et de la protection sociale – le tout soutenu par une bonne dose de racisme ?

L’admiration que le RN porte à Viktor Orban est significative : derrière le discours “social” et “illibéral” de Marine Le Pen se cachent les mêmes projets néolibéraux, qui asservissent la classe ouvrière et servent les intérêts capitalistes. Pour preuve, elle s’est encore une fois prononcée, mercredi 23, contre une hausse du SMIC : “Cela entraîne une charge supplémentaire pour les entreprises, qui sont déjà dans une très grande fragilité dans notre pays”. Les choses sont claires : Marine Le Pen a choisi son camp.

Comme l’a expliqué Jean-Yves Camus au journal l’Humanité, “Le Rassemblement National est un parti d’essence libérale parce qu’il promeut une économie de marché, certes protégée aux frontières par ce qu’ils appellent le « protectionnisme intelligent », en fait du protectionnisme tout court ; mais, à l’intérieur des frontières, il s’agit d’une économie de marché portée par une forme de darwinisme social : celui qui est assez bon gagne, celui qui ne l’est pas reste sur le côté.” Une façon de protéger les intérêts des capitalistes français – et internationaux – en faisant porter le coût de la crise aux migrants, à la jeunesse, aux minorités ethniques ou sexuelles et au monde du travail en général.

Quelles perspectives contre le populisme ?

Le mouvement de contestation en Hongrie a été lancé par la jeunesse solidaire des travailleurs. Pour la première fois depuis l’élection d’Orban, étudiants et travailleurs se sont organisés explicitement en solidarité les uns avec les autres contre son régime et ses réformes néolibérales. Face à un discours populiste, qui entend gommer la lutte des classes et fait l’éloge d’un soi-disant “peuple”, seule l’alliance à la base du monde du travail de la jeunesse et de toutes les populations opprimées peuvent l’emporter.
En Hongrie comme en France, dénonçons les populistes et leurs postures contestataires pour ce qu’ils sont vraiment : des ennemis non seulement des Gilets Jaunes, mais de tout notre classe.

 
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