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La Izquierda Diario
15 de février de 2019 Twitter Faceboock

Contre-réforme
L’offensive se poursuit avec la question des « contreparties » aux aides sociales

Alors que la répression inédite du mouvement des Gilets Jaunes se poursuit, le gouvernement tente de relancer la machine des réformes néolibérales. Édouard Philippe, en déplacement ce vendredi dans le Finistère dans le cadre du « grand débat », introduit devant des élus locaux et les dirigeants d’une PME l’idée des « contreparties » aux aides sociales comme une solution miracle au problème du chômage.

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Interrogé sur les difficultés de recrutement auxquelles font face de nombreuses PME, Édouard Philippe affirme qu’il s’agit là d’un « vrai scandale français » — sous-entendu que le problème provient des chômeurs foncièrement fainéants qui ne voudraient pas travailler. Il s’agirait alors de remettre les Français au travail en soumettant le versement d’aides sociales à des « contreparties » ou « activités d’intérêt général » selon les mots du premier ministre — c’est à dire à un travail bénévole.

Une telle mesure a déjà été mise en place dans le département du Haut-Rhin où les allocataires du RSA sont tenus d’effectuer sept heures de bénévolat par semaine au risque de se voir privés de l’allocation. Jugée illégale par la Cour d’appel de Nancy avant d’être finalement validée par le Conseil d’État en 2018, cette mesure antisociale pourrait alors être généralisée à l’échelle nationale alors même que ses résultats n’ont pas été évalués en Alsace. Et pour cause ! Il semble que les premiers bilans tirés notamment par Libération montrent un certain fiasco, malgré la volonté assumée du département de « faire du chiffre » sur l’insertion pour montrer que le dispositif fonctionne… Quand bien même ce dernier « fonctionnerait » : veut-on vivre dans un monde où, en plus d’être précaire, il faudrait en plus littéralement payer sa précarité par encore plus de travail ?

Cette mesure est en effet loin d’être favorable aux allocataires qui, d’une part, ont logiquement besoin de temps pour faire face à des situations complexes de précarité et pour chercher un emploi et, d’autre part, n’ont pas besoin une telle injonction pour travailler, que ce soit bénévolement ou non. Sous prétexte de favoriser l’insertion des chômeurs, le gouvernement cherche à limiter les dépenses publiques en décourageant les demandes de RSA et surtout à se procurer une main d’œuvre bon marché, prête à travailler sans salaire au travers de ce « bénévolat contre RSA ». Mais le RSA, d’un montant déjà insuffisant de 550e pour une personne seule, constitue au mieux un minimum vital et en aucun cas un salaire !

L’usage par Édouard Philippe d’une rhétorique, chère à Macron et son monde, accusant les chômeurs d’être responsables de leur propre précarité vise à dédouaner le gouvernement du problème du chômage et, plus largement, de la précarisation toujours plus poussée du travail en France. C’est là le « vrai scandale français » : le chômage et les aides sociales conditionnées à des « contreparties », c’est le bâton et la carotte pour faire accepter à chacun et chacune des conditions de travail toujours plus difficiles. En réalité, pour résoudre le problème du chômage et plus largement celui des inégalités sociales qui traversent la société, il est nécessaire de partager les richesses et le temps de travail entre toutes et tous. Mais les intérêts de l’État y sont opposés et pour cela rien n’est à attendre du gouvernement en place. Ce dernier, en annonçant sa volonté de mettre en place des « contreparties » aux aides sociales, prépare au contraire un nouveau tournant dans les attaques faites contre le système français de protection sociale.

Crédit photo : © Maxppp

 
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