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La Izquierda Diario
18 de février de 2019 Twitter Faceboock

Ou comment le justifier ?
Finkielkraut s’insurge d’être traité de "raciste" ? Retour sur quelques propos "polémiques"...

Après les propos antisémites à l’encontre d’Alain Finkielkraut, des propos que nous condamnons fermement, l’académicien a affirmé sur LCI ne pas avoir été traité de "sale juif" mais s’est insurgé par contre d’avoir été traité de « sale raciste ». Si des insultes proférées ont bien un caractère antisémite, Alain Finkielkraut a choisi de mettre l’accent non sur cet aspect des plus condamnables mais plutôt sur l’accusation de "raciste". De la sorte, Alain Finkielkraut tente de normaliser et justifier des propos on ne peut plus polémiques...

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Alain Finkielkraut a certainement un don. Difficile de lui attribuer celui d’être un grand philosophe, il est cependant doué pour se retrouver au milieu d’une foule et faire l’unanimité contre lui. Comme en 2016, lorsque sur la Place de la République, en pleine mobilisation contre la loi Travail et alors que se déroulaient les assemblées de Nuit Debout, il s’est retrouvé hué et poussé hors de la Place de la République.

Une haine qui ne vient pas de nulle part. Loin d’être le fameux démocrate qu’il prétend être, Alain Finkelkraut est surtout doué pour déverser sa bile réactionnaire partout où il passe.

Sa « pensée », ramassis de clichés réactionnaires propres à l’ère du temps, ne manque jamais l’occasion de cracher sa haine des jeunes de banlieue et des personnes issues de l’immigration en général, n’y est pas pour rien.

Prétendant soutenir le mouvement des Gilets Jaunes depuis le début, il s’en est rapidement détaché lorsque le mouvement a ouvertement dénoncé les inégalités béantes qui criblent la société, remettant en cause les institutions de la Vème République : « Mais il y a un danger, écrivait Finkelkraut dans un article du Figaro le 7 décembre 2018, en effet, dans l’antiélitisme. Lors de l’émission « La Grande Explication » sur LCI, un « gilet jaune », Maxime Nicolle, a planté son regard dans celui de la secrétaire d’Etat Emmanuelle Wargon, au demeurant très digne, en lui demandant combien elle gagnait. Cette attitude détestable témoigne du ressentiment qui existe dans la passion de l’égalité lorsqu’elle n’est pas accompagnée par des aspirations plus hautes. »

On peut au moins reconnaître un don à Finkelkraut, celui de tout relier à sa vieille marrotte réactionnaire : d’une façon ou d’une autre, les banlieuses sont responsables, même lorsqu’ils s’agit de la crise Gilets Jaunes : « Toutes les réserves de curiosité et de compassion de l’opinion progressiste étaient épuisées par les banlieues et les migrants. On se rend compte depuis quelques semaines que la France ne se résume pas aux grandes villes et aux quartiers difficiles. »

Parmi ses sorties médiatiques les plus fameuses en la matière, on pourra retenir par exemple celle qui en 2005, en pleine émeutes dans les banlieues françaises suite à la mort de Zyed et Bounna après une course-poursuite avec la police, expliquait que l’équipe de France de football « Black-Black-Black » était « la risée de toute l’Europe ».

Si ce n’est pas pour jeter l’opprobre sur les musulmans dans Le Point, quand il abonde dans le sens de Oriana Fallaci pour avoir écrit dans « La Rage et l’orgueil » que certains « musulmans se reproduisent comme des rats », il s’en prend à l’enseignement de la colonisation, trop « critique », alors que selon lui elle aurait « apporter la civilisation à des sauvages ».

Même lorsqu’il s’agit de faire un simple hommage au chanteur populaire Johnny Halliday, il ne manque pas l’occasion de faire preuve de sa xénophobie, déclarant alors sur la radio RCJ que « le petit peuple blanc est descendu dans la rue pour dire adieu à Johnny » et que « les non-souchiens brillaient par leur absence ».

Quant à l’équipe de France de Football, Finklekraut, s’il n’est pas un expert avisé du sport, a toujours son mot à dire lorsqu’ils s’agit de la composition de l’équipe : « Si cette équipe ne représente pas la France, hélas, elle la reflète : avec ses clans, ses divisions ethniques, sa persécution du premier de la classe, Yoann Gourcuff. Elle nous tend un miroir terrible. Ce qui est arrivé à Domenech est le lot quotidien de nombreux éducateurs et de professeurs dans les cités dites sensibles. Cette équipe renvoie à la France le spectacle de sa désunion et de son implacable déliquescence. » Le Journal du Dimanche, 20 juin 2010.

« Une bande de 11 petites frappes ça ne fait pas une équipe et ça ne fait pas une équipe qui nous représente. […] On n’est plus dans l’univers mental du football ; on est dans l’univers mental des sopranos, de la mafia, de l’omerta ». France Inter, 21 juin 2010.

Philosophe de comptoir, Alain Finkielkraut n’est que le marchand le plus banal des temps réactionnaires, diffusant sa prose xénophobe que l’on peut entendre dans l’espace médiatique français actuel. Car Finkielkraut a en effet droit de citer un peu de partout : radio, télé, hebdomadaires ou quotidiens, le « philosophe » a l’embarras du choix pour aller délivrer ses punchlines réactionnaires , et ce depuis des années. Pourtant, contrairement aux Gilets Jaunes que l’on enjoint à se désolidariser des propos tenus ce week-end, personne n’a demandé le même effort à Finkielkraut pour se justifier de tels propos.

 
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