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La Izquierda Diario
23 de février de 2019 Twitter Faceboock

Les femmes en première ligne
350 personnes à Paris dans une émouvante rencontre entre femmes travailleuses et Andrea D’Atri, révolutionnaire argentine

En tout, c’est près de mille personnes qui ont assisté, à travers la France, à la tournée européenne d’Andrea D’Atri autour de son livre Du Pain et des Roses. Ainsi, après Bordeaux et Toulouse, c’est à Paris, dans une ambiance chargée d’émotion après la projection de la bande annonce du film "Les Petites Mains invisibles", réalisé par Révolution Permanente autour de la grève victorieuse d’ONET, que des femmes en lutte se sont succédées à la tribune : Laura, cheminote, Fernande Bagou, gréviste d’ONET et Francie, du groupe Femmes Gilets Jaunes, sont intervenues aux côtés d’Andrea. Ces prises de parole ont ouvert ce débat qui conclut en beauté la tournée en France d’Andrea D’Atri.

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La salle était comble. Et même victime de son succès, puisqu’en plus de la salle principale, contenant plus de trois cent cinquante personnes, une seconde salle a du être mobilisée afin de projeter en direct la conférence, et qui elle aussi a été remplie.

Ainsi, de Madrid et Barcelone à Bordeaux et Toulouse, ce sont des milliers de personnes qui ont assisté à travers l’Europe à la tournée d’Andrea D’Atri militante féministe argentine, membre de la direction du PTS (Parti des Travailleurs Socialistes) et fondatrice du collectif Pan y Rosas, et dont le livre, dans une traduction inédite en francais et en allemand, a constitué le cœur de cette tournée. "Des foulards verts aux Gilets Jaunes", c’était le titre de cette conférence. En effet, un des axes centraux de la soirée consistait à donner une perspective internationaliste à ce réveil d’un mouvement de lutte de femmes à travers le monde, de la lutte pour le droit à l’avortement en Argentine, en passant par les femmes Gilets Jaunes en première ligne contre les politiques d’austérité en France, ou encore les luttes des grévistes d’ONET, dont une quinzaine étaient présents ce soir.

Ainsi, c’est Laura, cheminote et militante au cœur de la grève d’ONET, qui a ouvert le meeting pour en donner le ton, donnant la parole à Fernande, gréviste victorieuse d’ONET. Cette dernière est revenue sur l’expérience de solidarité vécue au cours de la grève qui a vu s’affronter une centaine de grévistes 45 jours durant contre ONET et la SNCF, deux géants qui ont dû céder face à la détermination des grévistes . "Au début c’était les hommes qui étaient au-devant, puis nous les femmes on a pris le flambeau", a déclaré Fernande, offrant un aperçu de la transformation profonde qui a résulté de cette lutte, et des liens de camaraderie, de solidarité et de confiance noués à la chaleur de la grève. Une trajectoire politique retracée dans "Les Petits Mains Invisibles", film réalisé par Révolution Permanente qui retrace la lutte autour de la grève d’ONET.

C’est ensuite Francie, membre du groupe Femmes Gilets Jaunes, qui a partagé son expérience, rappelant à quel point les femmes, en première ligne des politiques d"austérité, se retrouvent de nouveau en première ligne au sein des Gilets Jaunes pour contre-attaquer non seulement contre les politiques anti-sociales, mais aussi en défendant une perspective anti-capitaliste pour en finir avec l’oppression patriarcale qui frappe toutes les femmes.

Enfin, Andrea D’Atri a conclu les prises de parole à la tribune. Revenant tout d’abord sur le rôle d’avant-garde joué par les femmes au cours des mouvements révolutionnaires à travers l’histoire, et particulièrement en France, elle a rappelé le rôle des femmes au sein de la révolution française. Ensuite, la militante argentine, fondatrice de Pan y Rosas, en a appelé à l’émergence d’une nouvelle vague féministe, une vague féministe révolutionnaire et défendant une perspective internationaliste. Son intervention s’est conclue par une séquence forte tant émotionnellement que politiquement : Andrea D’Atri échangeant avec Francie son foulard vert, symbole de la lutte pour le droit à l’avortement, contre le gilet jaune de Francie. Tout un symbole. Andrea D’Atri a clos son intervention par un appel à fonder un collectif Du Pain et des Roses en France, à l’image de ses camarades en Argentine : "Et bientôt en première ligne des luttes des femmes en France, nous retrouverons les femmes du Pain et des Roses" saluant le courage et la solidarité de ces femmes qui s’affrontent à l’exploitation capitaliste et l’oppression patriarcale.

Après les interventions depuis la tribune, se sont succédées de multiples prises de parole. Parmi elles celle de Pascaline, femme Gilet Jaune, a été particulièrement apprécié par la salle, elle a retracé dans son intervention l’expérience de femmes Gilets jaunes de Mulhouse, très précaires, qui s’organisent entre elles dans la région et ont appelé à leurs propres manifestations de femmes gilets jaunes. C’est ensuite les grévistes victorieuses du Park Vendôme d’Hyatt qui ont tenu à prendre la parole, non seulement pour partager elles aussi le récit d’une grève victorieuse contre un autre géant, du luxe et de l’hôtellerie cette fois, mais aussi pour insister sur à quel point les liens de solidarité tissés entre grévistes redonnent du courage, rappelant que les grévistes d’ONET se sont rendus sur leur piquet pour faire part de leurs acquis et de leur stratégie (gagnante !) au cours de leur grève rue de la paix.

Un récit de femmes en lutte qui n’a pas manqué de faire écho à celui de Torya, cheminote et Gilet Jaune, mère isolée, partageant le récit de son investissement dans la bataille du rail au printemps dernier, et en première ligne dans le mouvement des Gilets Jaunes. Une classe ouvrière qui, comme l’a dit au cours de sa prise de parole Anasse Kazib, cheminot militant à Sud-Rail, a le visage d’une femme : « Aujourd’hui la classe ouvrière a un visage de femmes. Nous on le voit au boulot il n’y a pas de solidarité entre les cheminotes et les représentantes de la direction de la SNCF, elles sont femmes mais elles ne défendent pas les mêmes intérêts ».

Plus encore, dans ces luttes de femmes, ce qui frappe aujourd’hui, a rappelé Fatima Ouassak, du réseau classe/genre/race, c’est qu’on ne peut, en France, principale puissance impérialiste, faire l’économie du racisme, y compris au sein des femmes travailleuses. Si "le genre nous unit, la classe nous divise", le racisme aussi contribue à diviser notre classe et à propager son poison.

C’est en cela que l’intervention d’Andrea D’Atri qui a conclu le débat, a rappelé combien le féminisme révolutionnaire ne pourra manquer d’être internationaliste : "en vous écoutant parler, cela m’a rappelé une chose : c’est que la classe ouvrière est unie et n’a aucune frontière", réitérant son appel à prolonger ces luttes et expériences dans un féminisme socialiste, révolutionnaire et internationaliste, dont le livre Du Pain et des Roses pourrait être un outil déterminant aujourd’hui en France, mis "dans les mains d’une nouvelle génération, de jeunes femmes qui s’enthousiasment d’apprendre des luttes des femmes comme Onet, les gilets jaunes et s’enthousiasment autour d’un féminisme socialiste révolutionnaire !".

 
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