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La Izquierda Diario
25 de février de 2019 Twitter Faceboock

Les femmes en première ligne
Francie, femme gilet jaune : "80% des travailleurs pauvres sont des femmes"

« Dans le combat des Gilets Jaunes il fallait porter ces revendications spécifiques aux femmes », Francie, membre du groupe Femmes Gilets Jaunes, présente à la tribune de la conférence avec Andréa d’Atri, autrice Du Pain et des Roses, ce vendredi 22 février, a rappelé à quel point les femmes qui sont en premières lignes des attaques et des politiques d’austérité, sont aujourd’hui en première ligne au sein du mouvement des Gilets Jaunes.

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Photo : O phil des contrastes

« Je fais partie des Gilets Jaunes, mais pas dès le début parce que comme pour beaucoup j’ai pensé que c’était un mouvement qui était porté par l’extrême droite ou par le patronat et j’ai eu comme une méfiance. Comme chacun sait ce mouvement a été porté dès le début par les femmes notamment les plus précaires, on les a vu sur les ronds-points, on les a vu bloquer, on les a vu vraiment en première ligne. Tout simplement parce que dès qu’il y a des hausses de taxes, quand les lois d’austérité sont votées ce sont les premières à casquer, à être touchées. »

« Je tenais à rappeler ces quelques chiffres qu’il est important d’avoir en tête : 80 % des travailleurs pauvres sont des femmes -et 80 % c’est énorme ! 82 % des familles monoparentales sont constituées d’une mère avec ses enfants. Les femmes touchent en salaire 25 % de moins que les hommes donc forcément les retraites sont aussi bien moindre. 82 % des temps partiels sont occupés par des femmes. Et bien évidemment le patriarcat est là pour rappeler que leur contribution à l’effort de travail vaut moins que celui des hommes : inégalités salariales, mais également invisibilisation de l’apport des femmes, notamment à l’éducation des enfants, les tâches ménagères, soins apportés aux maris, les personnes âgées. Ce sont des femmes qui portent ses charges. On va considérer que c’est normal, que ce sont des femmes et qu’à ce tire ces tâches qui leurs incombent. Comme ce sont les femmes qui sont le plus touchées par la précarité, elles sont finalement mises dans des situations de dépendance vis à vis de leurs maris, c’est assez difficile de pouvoir dire « je m ’en vais ». Et dans toutes les situations de violences, quitter le foyer c’est se demander comment faire pour vivre.

Dans le combat des Gilets Jaunes il fallait porter ces revendications spécifiques aux femmes. Moi j’ai participé aux manifestations le dimanche, impulsées par un autres des groupes de femmes Gilets Jaunes, il y en a plusieurs qui se sont montées un peu partout en France, notamment plusieurs en Ile-de-France. J’étais un petit peu gênée par ces manifestations parce qu’il n’y avait pas réellement de revendications spécifiques aux femmes, ce qui m’a un peu choqué c’est les propos de la femme qui organisait la manifestation, elle tenait à dire qu’elles étaient « féminines mais pas féministes ». Ça disait tout sur le type de manifestations. Au début j’étais contente je trouvais ça super que des femmes s’organisent, j’y allais pour porter notre voix et puis finalement au bout de la troisième j’ai dit stop. Pourtant ça a permis quelque chose : j’ai rencontré des femmes qui se disaient féministes en particulier Oriane et Cherifa, qui dès le départ ont monté le groupe de femmes Gilets Jaunes, j’ai vu que c’était plus sérieux et qu’on allait pouvoir porter ces revendications, revendiquer une égalité salariale, porter sur la place publique la question du logement. C’était vraiment important de porter ces revendications spécifiques aux femmes. Malheureusement quand on regarde les intervenants sur les plateaux de télévisions on voit beaucoup d’hommes et on entend parler que du RIC. Mais ce n’est pas ça qui va véritablement faire manger les gens.

On a commencé à s’organiser, on s’est vu à plusieurs reprises, on communique beaucoup par les réseaux sociaux, on a monté une page Femmes Gilets Jaunes et un groupe. On organise le lundi 25 février, une AG de femmes Gilets Jaunes à la bourse du travail de Saint Denis, car c’est important pour nous de porter le combat des femmes dans les quartiers populaires, qu’on vienne jusque dans ces quartiers, qu’on ne les invisibilise pas. On a fait le choix d’aller dans le 93. »

 
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