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La Izquierda Diario
2 de mars de 2019 Twitter Faceboock

Venezuela
L’étrange tournée de Juan Guaido en Amérique Latine suite au fiasco de son opération « humanitaire »
Julien Anchaing

Après le fiasco littéral de son opération dite “humanitaire” qui devait permettre à Juan Guaido, épaulé par les Etats-Unis et les différents gouvernements du sous-continent de porter un coup fatal au régime de Maduro en divisant les forces armées, dernier bastion du gouvernement bolivarien, Guaido n’est toujours pas rentré au Vénézuela. Après une réunion avec le groupe de Lima à Bogota, où il était censé s’assurer de la continuité du plan impérialiste des États-Unis avec Mike Pence, il a entamé un tour, visitant de “grands défenseurs de la démocratie” comme le président d’extrême droite Jair Bolsonaro, Mario Abdo du Paraguay et désormais Mauricio Macri en Argentine. 

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Le groupe de Lima aurait exclu un possible “usage de la force”

Après le fiasco de samedi dernier et l’échec de la percée au sein des forces armées bolivariennes qu’aurait dû permettre la réception de l’’aide humanitaire des Etats-Unis, Juan Guaido n’est toujours pas rentré au Vénézuela. Il a d’abord assisté à une importante réunion avec Mike Pence, le vice-président des Etats Unis ; les membres du groupe de Lima ; d’importants fonctionnaires des gouvernements réactionnaires du continent ; ainsi que le président du Chili lui-même Sebastian Piñera. À ce moment de la semaine, alors que Trump continuait à affirmer sur les réseaux sociaux que “ toutes les cartes restaient sur la table ”, les différents membres du groupe de Lima, pourtant alignés à Washington, ont affirmé exclure l’usage de la force à ce moment de la crise. Le militaire et vice-président brésilien Mourao a affirmé qu’il croyait “ fermement qu’il est possible de rendre le Vénézuela au concert démocratique des Amériques [...] sans aucune mesure extrême ”. 

Face à ce tournant dans le ton des gouvernements alliés à Guaido, y compris des États-Unis, la réunion du groupe de Lima n’a qu’opté pour l’accélération des sanctions envers Maduro, en généralisant aux différents pays membres du groupe la mesure d’ingérence qu’avait déjà entreprise Trump : congeler les actifs de PDVSA (Citgo, l’entreprise productrice du pétrole vénézuélien qui représente 70% du PIB du pays) et les transférer à Juan Guaido. Fruit de la volonté claire de Mike Pence qui avait affirmé sa demande de manière martiale : “ Tous les pays du groupe de Lima doivent le faire avant demain ”, celui-ci a également fait un nouvel appel aux forces armées vénézueliennes, dernier bastion du régime de Maduro, pour qu’elles s’allient à Juan Guaido. 

Bolsonaro, Abdo et Macri

Alors que différents fonctionnaires de l’administration américaine ont déjà signalé leur inquiétude quant à un possible retour de Guaido dans son pays – inquiétude exprimant les contradictions importantes de la tentative d’ingérence actuelle - ce dernier est parti à la recherche de la réaffirmation de ses alliances avec les gouvernements de droite les plus importants de la zone. Selon le journal Brésilien Folha de Sao Paulo, la visite devait être un “remerciement à Bolsonaro” et concerner les “questions liées à la possible transition dans le pays d’Amérique du Sud en crise [Vénézuela]”.

Il s’est alors réuni avec différents diplomates de l’Union Européenne, escorté par des forces armées colombiennes. Un tout diplomatico-symbolique sans réelles conséquences, qui cherche à cacher l’impasse dans laquelle se retrouve l’intervention impérialiste américaine après le dur fracas de samedi. Bolsonaro, qui s’était pourtant montré comme fervent ennemi du “socialisme” bolivarien n’a fait que des appels par twitter de “courage au peuple vénézuelien”, prenant ses distances avec le possible coût politique d’un échec complet. 

La tournée de Guaido, pantin de l’impérialisme, s’est ensuite poursuivie au Paraguay ce vendredi matin où il s’est entretenu avec le président conservateur Mario Abdo Benitez, qui voit dans l’offensive actuelle de l’impérialisme américain une possibilité pour le Paraguay d’obtenir les faveurs de Washington. Membre du parti qui avait formé le coup d’Etat contre l’ex-président Lugo, Abdo s’est targué d’une prétendue défense de la démocratie et des droits de l’homme, alors qu’il défend lui même la dictature comme héritage pour son actuel gouvernement. 

Hier soir, l’arrivée de Guaido à la “quinta de Olivos”, palais présidentiel Argentin, a été très peu remarquée par les différentes télévisions. Mauricio Macri, sortant à peine de son dernier discours en tant que président pour initier l’année législative, dans lequel il a été hué par l’opposition lors de la douloureuse session de défense du “bilan du gouvernement, a reçu Guaido en début de soirée. Porteur du bilan de la profonde crise économique et du “retour” du FMI qui participe à l’offensive impérialiste des Etats-Unis sur l’Amérique Latine, ce dernier devait défendre les effets brutaux de la grave crise qui traverse aujourd’hui l’Argentine, qui a souffert ces derniers mois d’une inflation à plus de 45%. Lui même héritier d’une grande famille d’industriels qui ont profité de la dictature sanguinaire des années 70 pour s’enrichir, il a soutenu le même discours que Bolsonaro et Trump : « la défense de la démocratie au Vénézuela ».

Tous trois membres du groupe de Lima et du Mercosur, sur lesquels ils se sont particulièrement appuyés dans le passé pour exclure le Vénézuela de nombreux accords commerciaux afin d’affaiblir son gouvernement, on n’a rien à attendre de la part de Macri, Bolsonaro et Abdo sur le plan démocratique. Cependant, malgré leur défense affichée de l’offensive du coup d’Etat au Vénézuela, aucun d’entre eux n’a annoncé de mesures de soutien directes à Guaido. Tout au contraire, les réunions et les promesses actuelles restent sur un plan abstrait alors que Guaido est dans une impasse depuis son opération de samedi dernier. Reste à voir ce que concoctent actuellement Washington et les autres gouvernements impérialistes, notamment en fonction des conséquences du vol ouvert des actifs de PDVSA par Trump et ses alliés locaux.

Crédits Photo : AFP / Diana Sanchez

 
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