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13 de mars de 2019 Twitter Faceboock

Solidarité féministe et internationaliste
Marche du 8 mars à Strasbourg : la mairie déclare des femmes kurdes "persona non grata"

Zin, association de femmes kurdes, a été sortie de la manifestation du 8 mars par la chargée de mission de la mairie de Strasbourg : "dégagez !"

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Crédit : O Phil des Contrastes

Donnons aux femmes la place qu’elles méritent… Tel était le mot d’ordre de cette marche du 8 mars à Strasbourg. Pourtant certaines femmes semblent plus méritantes que d’autres ; comme le prouve l’accueil réservé aux femmes Kurdes à cet événement. Effectivement, l’association de femmes kurdes Zin a été évincée de la marche du 8 mars par la chargée de mission de la mairie de Strasbourg, Madame Geisler Bernadette : " allez prenez vos photos et partez derrière parce qu’on vous voit trop ! ", " dégagez ! ". De cette association, elles étaient une quinzaine à tenir des pancartes avec le portrait de Leyla Güven une militante féministe kurde en ce moment en grève de la faim pour rompre l’isolement de Abdullah Ocalan ainsi que celui de près de 9000 femmes et 2800 enfants Kurdes prisonniers du régime politique Turc.

Ironie de l’histoire : l’association Zin y avait été invité par les différents membres de l’organisation de la marche que compte l’équipe municipale ainsi que différentes associations. La marche avait comme mot d’ordre de « mettre à l’honneur des femmes anonymes ou presque, qui ont pourtant marqué l’histoire contemporaine » selon les mots de Françoise Bey, l’adjointe en charge des droits des femmes de la mairie de Strasbourg qui s’est chargé d’exfiltrer le groupe de femmes de l’événement après les insultes vociféré par sa collègue Bernadette Geisler.

L’Association Nouvelle Lune, comme d’autres associations co-organisatrices de cette marche, soutient ces 15 femmes et appelle à des excuses publiques de Madame Geisler Bernadette chargée de mission aux droits des femmes ainsi que de la part du maire et ses adjoints tes Strasbourgeois.ses qui la soutiennent. Ces demandes sont pour l’heure restées lettre morte.

Petit retour sur la situation Kurde :

Ce sont plus de 45 groupes à travers les 4 régions du Kurdistan et dans le monde qui organisent une grève de la faim suivie depuis 90 jours. Cette initiative lancée par Layla Guven (députée turque du HDP Partie Démorcratique des Peuples) pour exiger la libération de Abdullah Öcalan résonne comme le symbole de l’annihilation de la lutte du peuple Kurde.

Abdullah Öcalan est une figure importante de la lutte pour le peuple Kurde, il est l’un des cofondateurs du parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) et est prisonnier politique incarcéré en Turquie depuis 1999 dans des conditions inhumaines. Déjà en 2012, les soutiens de Abdullah Öcalan à Strasbourg demandaient de meilleures conditions de détention ainsi que la possibilité de rencontrer son avocat et sa famille. Cette dernière requête a fini par être obtenue et sa famille a donc pu lui rendre visite en 2016, durant l’Aïd al-Adha.

L’exclusion d’un groupe féministe Kurde par une élue de la mairie de Strasbourg au sein même d’une marche du 8 mars, journée de la lutte pour le droit des femmes, en dit long sur le féminisme mené par cette chargée de mission aux droits des femmes. Son comportement tout à fait contradictoire avec l’idée de la marche qu’elle voulait « mettre à l’honneur des femmes anonymes ou presque, qui ont pourtant marqué l’histoire contemporaine » est une parfaite démonstration de ce qu’est vraiment le féminisme institutionnel : un ennemi de lutte des droits pour l’ensemble des femmes.

C’est ce même féminisme qui se targue d’œuvrer chaque jour pour l’égalité homme-femme, tout en disant amen à toutes les réformes néolibérales qui touchent en premier lieu les femmes et précarisent encore plus celles qui enchaînent le travail reproductif après leur journée de travail salarié. Ce sont les mêmes qui défendent l’égalité salariale en refusant d’intégrer des revendications sociales. Cette même égalité salariale ( plus que nécessaire à revendiquer) ne vaut pourtant déjà que pour celles qui ont la chance d’avoir un poste assez haut placé. Toutes celles qui travaillent au smic, dans des conditions déplorables, toutes celles obligées d’accepter des temps partiels sont payés autant que leurs collègues hommes logés à la même enseigne de la précarité.

Ces féministes-là, celles qui font partie des institutions qui nous oppriment, sont des ennemies parce qu’elles n’ont pas les mêmes intérêts que nous, elles ne sont pas pour une société affranchie de toute forme d’oppression. Elles ne lutteront pas à nos côtés lorsqu’il s’agira de détruire le capitalisme, ce monstre qui se nourrit du sexisme et de toutes les autres oppressions pour exploiter encore plus ceux qui n’ont que leur force pour travailler, puisqu’elles y trouvent leur compte.

Le 8 mars est depuis le début de son existence une date ancrée dans la lutte des classes puisque c’est lors de la conférence internationale des femmes socialistes en 1910 que Clara Zetkin propose la création d’une « Journée internationale des femmes ». Il est plus que nécessaire au vue de la récupération et la cooptation de l’énergie du 8 mars par des élues de la mairie de Strasbourg de reprendre les reines de nos luttes et de se battre encore pour que nos revendications soient entendus !

Nous soutenons avec force les femmes de Zin qui sont dans l’incompréhension totale face à cette tentative d’invisibilisation de la légitimité de la place d’un groupe de femmes Kurdes dans une marche du 8 mars.

Nous sommes fortes, fières, féministes, radicales, en colère et plus que jamais internationalistes !

 
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