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La Izquierda Diario
17 de mars de 2019 Twitter Faceboock

Un vrai débat vaut mieux qu’un "grand débat"
Soulèvement en Algérie. Plus de 150 personnes pour un débat riche avec Révolution Permanente
Claude Manor

Vendredi soir, en pleine montée des mobilisations contre le mandat « 4,75 » de Bouteflika, s’est tenu à Paris un vivant débat « à chaud ». Une assistance variée et passionnée, réunie à l’initiative de Révolution Permanente était venue pour comprendre les ressorts de la situation et envisager les scenarios possibles pour un « Printemps Algérien ».

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Photos : O Phil des Contrastes

Un contexte de mobilisation et d’aspiration à la convergence

Dans une période saturée de mobilisations, de manifs, c’est un auditoire conséquent et divers qui s’est réuni à la librairie des résistances à Paris pour échanger autour du thème « vers un Printemps Algérien ? ». Après l’introduction de Abdennour Maouche, militant algérien, qui est revenu sur les racines historiques profondes du mouvement en cours et sur ses perspectives, les échanges ont été nombreux et parfois vifs, comme savent l’être des débats « libres » entre personnes sincères et convaincues.

Ce vendredi soir est daté : 15 mars. En Algérie les manifestations ont pris une véritable allure de marée humaine pour ce quatrième vendredi de lutte contre le mandat présidentiel de Bouteflika. A l’échelle internationale, des jeunes ont déferlé pour défendre le climat avec près de 160 000 participants en France. C’est aussi le jour de la fin du « grand débat » de Macron. Quant au lendemain, les Gilets Jaunes l’ont annoncé, ce sera un samedi de grande mobilisation….

A petite échelle, mais à grande intensité, cette caisse de résonance est présente dans la salle. La soirée rassemble de nombreux militants de l’extrême gauche, des Algérien.nes vivant en Algérie, des immigrés de longue date ou de la dernière génération, des gilets jaunes, des cheminots…

Au-delà du contenu des informations et opinions échangées, ce qui en fin de soirée est mis en avant par les participants, c’est l’intérêt de la confrontation des points de vue et l’évidence des liens qui unissent les luttes des travailleurs, des jeunes des chômeurs, des exclus ; la similitude des revendications et l’indispensable convergence des luttes, entre Gilets Jaunes travailleurs ou chômeurs algériens, femmes ou hommes, en France ou de l’autre côté de la méditerranée.

Un débat riche et intéressant

Durant le débat, si des nuances ont été apportées sur le poids donné dans l’analyse à certaines périodes historiques, la principale divergence de fond qui est apparue, c’est sur la possible alliance avec des franges de la « bourgeoisie » algérienne avec la population. C’est ainsi qu’a émergé, dans le débat, la possibilité d’un front de toutes les forces qui font face au régime. Faut-il accepter un multi milliardaire comme Issad Rebrab du simple fait qu’il se présente dans le camp du peuple dans les manifestations ? Telles sont les questions qui ont émergé, exprimant à leur manière les contradictions de la mobilisation en Algérie.

Plusieurs perceptions communes se sont cependant dégagées :

La conviction que les mobilisations en cours en Algérie ont un caractère sinon encore « révolutionnaire-avec du-rouge-partout », du moins fortement subversif contre le pouvoir militaro politique en place ;

La certitude que la jeunesse algérienne, qui représente la moitié de la population, et son aile marchante constituée par les étudiants, portent une flamme qui n’est pas près de s’éteindre ;

La conviction que, à l’instar des Gilets Jaunes en France, le moment est venu pour les travailleurs et les couches populaires algériennes d’un grand balayage de printemps ;

La conscience que les formes d’auto-organisation et de débat démocratique sont à inventer ; le sentiment que ce serait un terrible gâchis si une telle mobilisation ne trouvait pas un débouché historique conséquent ;

Le refus d’accepter que la population algérienne retombe sous la coupe de la caste bureaucratique ou d’une bourgeoisie d’inspiration plus néolibérale qui aspire à rivaliser avec les diverses bourgeoisies des pays dominants ;

L’aspiration à construire un parti politique, en toute indépendance de classe, qui permettra aux algériens, spoliés des fruits de la lutte d’indépendance menée contre la France, d’accéder à un authentique pouvoir des travailleurs.

Des débats et une solidarité à généraliser

La soirée s’est terminée par un acte de solidarité bien dans « l’air du temps » : la réalisation de photos « selfies » à envoyer aux Algériens en lutte pour les assurer du soutien et de la solidarité des participants rassemblés ce soir-là.

Le lendemain, samedi 16 mars, au milieu des manifestations de Gilets Jaunes, les photos de solidarité avec les manifestants et grévistes algériens en lutte se sont multipliées par centaines. Signe dérisoire, sans doute, au regard des enjeux des mobilisations des uns et des autres, mais symboliquement essentiel quand on sait combien la solidarité peut être un puissant moteur de combat et combien les luttes des uns ont de pouvoir d’entraînement sur les luttes des autres… Salutaire contamination dont les printemps arabes ont laissé un puissant souvenir et dont la flamme n’attend que d’être ranimée.

 
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