http://www.revolutionpermanente.fr/ / Voir en ligne
La Izquierda Diario
18 de mars de 2019 Twitter Faceboock

Visite présidentielle
Bolsonaro va rencontrer Trump pour vendre le Brésil à l’impérialisme Etats-unien
Sadek Basnacki

Le président d’extrême droite brésilien Jair Bolsonaro rencontre Trump ce mardi aux Etats Unis. Objectif : accentuer la soumission brésilienne à Washington.

Link: http://www.revolutionpermanente.fr/Bolsonaro-va-rencontrer-Trump-pour-vendre-le-Bresil-a-l-imperialisme-Etats-unien

Crédit photo : Reuters

Jair Bolsonaro, avec ses ministres de l’économie, Paulo Guedes, et de la justice Sérgio Moro (celui qui a condamné Lula) est aux Etats-Unis depuis dimanche. Ils ont déjà rencontré Steve Bannon, des hommes d’affaire et vont rencontrer ce mardi matin, le secrétaire général de l’Organisation des États américains (OEA), qui est à l’avant-garde d’une intervention militaire au Venezuela. Dans la journée, Bolsonaro va rencontrer Donald Trump.

Cette visite est cruciale pour le gouvernement d’extrême droite brésilien qui doit trouver un moyen de relancer l’économie et contrer la montée grandissante du chômage, principal promesse de campagne de Bolsonaro.

La venue du Sérgio Moro a pour but de renforcer officiellement la collaboration entre les deux pays pour lutter contre la criminalité mais en réalité il est question d’accentuer la l’ingérence étatsunienne dans les affaires internes de l’économie et la politique brésilienne. Une manière de remercier les Etats-Unis de leur soutien lors du coup d’Etat institutionnel et de la « Lava Jato ». Le gouvernement de Trump n’attendait pas moins afin de renforcer son ingérence impérialiste sur le géant brésilien.

L’une des principales discussions tournera sans doute autour du Venezuela. En effet, avec la Colombie, Bolsonaro est le principal allié de l’impérialisme dans la région. Il n’y a qu’à voir les déclarations du président brésilien qui vont dans le même sens que celles du président états-unien et son soutien à la tentative du coup de force du 23 février dernier qui visait à faire rentrer au Venezuela le poulain de Trump, Juan Guaidó, en héro sur un camion « humanitaire » ou de créer un incident afin de légitimer une intervention impérialiste. Dans tous les cas, cela s’est soldé par un échec. Un exemple de collusion entre Bolsonaro et l’administration de Trump, John Bolton, conseiller à la sécurité nationale à la Maison-Blanche, a déclaré que Trump « est le Bolsonaro des États-Unis ».

Un tel soutien n’est pas sans arrière pensée de la part de Bolsonaro, en effet, il entend bien avoir un retour sur investissement et que de juteux contrats soient signés. Le nouveau statut du Brésil, « allié majeur non-membre de l’Otan », que dans la région seul l’Argentine avait pour l’instant, va permettre de passer des accords militaires privilégiés. Cela permet au Brésil d’avoir un accès préférentiel à l’achat d’équipements militaires et technologiques, d’accélérer les procédures pour leur exportation, et des coopérations en termes d’entraînements et renseignements militaires.

Pour Trump cela rentre en perspective avec sa réforme d’avril dernier de sa politique d’exportation d’armes afin de soutenir l’industrie étatsunienne. Bolsonaro a émis le souhait qu’une base militaire étatsunienne puisse s’installer sur le sol brésilien. Pour Trump, cet accord est vital dans la région afin de contrer l’influence grandissante de la Chine et de la Russie dans son près carré.

Lors de cette visite il sera question de l’accès au centre de lancement spatiale d’Alcântara. La semaine dernière sur Facebook, Jair Bolsonaro a expliqué qu’il signerait lors de sa visite un accord sur le lancement de satellites étatsuniens depuis cette base, idéalement située en raison de sa proximité avec la ligne de l’équateur. Les négociations sur l’utilisation de la base datent de 2000 sous la présidence de Cardoso mais n’ont pas pu continuer après l’élection de Lula. Avec cet accord sur le lancement de satellite Bolsonaro espère récupérer pas moins de 300 milliards de dollars par an, soit 265 milliards d’euros.

On peut imaginer qu’il va y avoir des discussions sur la question chinoise. En effet, le Brésil a profité de la guerre commerciale entre USA et la Chine pour commercer lucrativement avec cette dernière. Ce qui ne réjouit pas Trump qui cherche à exporter au Brésil et vers le marché chinois. D’ailleurs, les accords commerciaux entre les Etats-Unis et la Chine pourraient permettre aux agro-exportateurs nord-américains d’exporter leurs produits au marché chinois et faire perdre des parts importantes de marché aux agro-capitalistes brésiliens. Les géants de l’agro-industrie sont les principaux soutiens de Bolsonaro, et voient d’un mauvais œil cette évolution des relations commerciales avec les Etats-Unis. C’est pour cela que Bolsonaro a dû déclarer que « la Chine est le principal partenaire commercial du Brésil et les États-Unis à la deuxième place ».

Mais ce différent commercial n’entachera pas de manière excessive les relations entre les deux présidents. Bolsonaro reste le premier serviteur de Trump en Amérique latine. Il va permettre à l’impérialisme étatsunien de remettre sa main de fer sur le continent sud américain après une décennie de perte d’influence due aux invasions et guerres impérialistes en Irak, Afghanistan et au Moyen Orient. Encore une fois, on voit que le « nationaliste » Bolsonaro est en réalité un néolibéral réactionnaire au service des intérêts des puissances étrangères, à commencer par les Etats-Unis.

 
Revolution Permanente
Suivez nous sur les réseaux
/ Révolution Permanente
@RevPermanente
siterevolutionpermanente@gmail.com
www.revolutionpermanente.com