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La Izquierda Diario
25 de mars de 2019 Twitter Faceboock

Témoignage
Acte 19 hors des sentiers. "Les voltigeurs 2.0 à l’œuvre, un GJ est plaqué au sol et arrêté"
Mbdad

« Ni les gaz, ni la violence répressive ne les ont stoppés. Aux cris de ‘Révolution’, les plus motivés ont réussi à faire comprendre à Castaner qu’il n’avait rien réussi aujourd’hui, sûrement pas à décider où et quand nous voulons nous exprimer. »

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« Ni les gaz, ni la violence répressive ne les ont stoppés. Aux cris de ‘Révolution’, les plus motivés ont réussi à faire comprendre à Castaner qu’il n’avait rien réussi aujourd’hui, sûrement pas à décider où et quand nous voulons nous exprimer. »
Vendredi je me tâtais pour aller, soit au Trocadéro soit à Châtelet, selon le questionnaire fait par la « France en colère... ». Absolument pas envie de faire une Nième rando à travers un écosystème hostile, donc ce n’est pas Denfert.
Je donne RDV à Anne, conservatrice au musée Carnavalet, l’histoire de Paris. À qui je dois remettre le Gilet Jaune personnalisé « Che Guevara 17 11 2018 » d’Ernesto. Eh oui, au musée, quel honneur ! Ernesto est resté au pays ce week-end, pas de visa pour Paris.

RDV 13h00 Châtelet. Je suis 15 minutes en avance, je m’assois discretement sur les bords de la Fontaine des Innocents pour observer les voltigeurs 2.0 œuvrer. Une vingtaine de motos et 2 matraques embarquées pour 10 à 15 GJ, le ratio Castaner correspond pour une fois. Un GJ est plaqué au sol et arrêté, pourquoi ? Quelques badauds protestent mais 2.0 a dit ‘circulez, ta gueule’. Je n’entends pas les discussions mais je vois les attitudes et postures de cette milice qui fait baisser le regard et dévier le parcours des gens croisant par hasard cette scène d’humiliation. Je hais ce moment qui me rappelle ce que ma grand-mère a vécu durant l’occupation. Voir des gens nassés, collés contre un mur, juste être témoin muet qui ne sait pas et ne saura jamais pourquoi. Continuer son chemin pour ne pas attirer l’attention et risquer un « Ausweispapier ». En ce qui me concerne ils n’y gagnent rien d’autre que ma détermination à continuer à lutter contre ça.
Ce n’est pas ici que ça se passe. Anne m’appelle, je lui décris la scène, on décide de se rejoindre au Trocadéro pour voir si l’ambiance est meilleure.

13h30, je sors métro Iena. Parano d’être contrôlé à la sortie du métro Trocadéro, je descends pour remonter par le parc et ses escaliers mal foutus. Des GJ motivés communiquent par groupes, des forces de l’ordre (FDO) tournent autour, la crainte de rester dans un rassemblement non déclaré a dû faire peur, la majorité a suivi ce rassurant cortège, combien sont-ils ? Le tambour révolutionnaire est là. Les touristes alternent entre selfie tour Eiffel et photo de GJ discrètement, c’est mignon.
En attendant Anne, je discute avec des GJ sur les mesures Castaner, l’amende de 135 euros fait bien plus peur que des sentinelles ou des marqueurs chimiques. L’inquiétude est là, la dissuasion de manifester gagne de l’intensité.
Je remets le GJ « Che Guevara » d’Ernesto à Anne en compagnie des GJ avec qui je discutais, respect, petit moment de vie. Des étudiantes de l’UPEC Créteil (pour ma fille) nous proposent dans le cadre de leurs études une rencontre afin de répondre à leurs questions. Anne leur donne RDV, je préfère les inviter à nous revoir samedi prochain avec leurs questions.

Beaucoup de gens nous observent en fait. Certains pour nous mettre en conserves, d’autres pour en conserver l’histoire. Ces mots qui peuvent tout faire. Des TV sont là. RT France me propose, je dis non. Je n’ai pas envie, plus rien à dire. Je suis là pour ne plus avoir à y être. Macron démission. Ecrire tout ça pour me relire me suffit, thérapie.
Mike Rambo vient me demander une clope pour une copine, on discute un peu des événements du jour. J’en profite pour lui raconter le GJ « Che Guevara », le musée, la conservatrice du musée..., fier et bavard. Puis Éric Drouet qui était un peu plus loin, nous rejoint et nous propose de suivre leur groupe jusqu’à Montmartre. Anne est d’accord, je suis partant. La valeur d’un homme. Éric avec un de ses potes décide de partir devant et il est évident que c’est pour ne pas nous mettre en danger avec d’éventuels contrôles policiers à 135 euros la passe. Respect.
15h00. La tribu Gauloise prend le métro, je ne désignerai pas Obélix. Ça braille, ça rigole fort, ça chante, ça répond fermement aux grincheux et zeuses qui découvrent leurs ulcères jaunes. Un monde comme j’aime. Métro Pigalle fermé, tout le monde descend aux Abbesses. Le temps d’escalader jusqu’à place du Tertre on perd le groupe. On avance, on découvre une course à pied « les foulées du Tertre » 10km dans les pentes, plus nouveauté 2019 un parcours de GJ mobiles à éviter. Médailles méritées, on attend les nôtres.
Devant cette basilique érigée pour rappeler aux communards qu’ils finiraient GJ. Enfin beaucoup de monde, ils étaient là ! Des touristes, noyés dans la masse de GJ, sourire aux lèvres à l’idée de croiser notre histoire de France. Des GJ partout, les figures connues, dans les rues autour, sur les marches jusqu’au manège d’enfance de tous les Parisiens même de banlieues.
L’hélico perturbe les oiseaux. Anne me quitte pour rejoindre une amie. Merci pour cet après-midi.

16h15 Des gens qui m’ont l’air fatigués, de ne pas avoir pris le métro depuis Denfert, décident de remettre ça en mode sauvage vers les Champs Elysées, ahou ahou ahou !!!
Après avoir fait la bise à Flora je m’incruste dans le flot qui descend vers les bd Rochechouart pour constater qu’une fermeture éclair de boucliers empêchait tout passage vers l’ouest et le sud Parisien, on se dirige vers l’est. Misère, bien que le cortège s’étire à perte de vue vers l’avant et l’arrière et que le rythme des tambours présagent d’une motivation éruptive. Juste avant Barbès, des drapeaux Algériens déclenchent des « Alger, Paris, solidarité ».
Je suis jusqu’à la rue du Château Landon, où je décide de rentrer en m’incrustant dans un groupe de costards cravates pour franchir les boucliers, ça passe. Les Champs c’est derrière, je n’ai pas la motivation d’aller plus loin. Bravo à ceux qui continue.
Dans les transports un live Facebook me fait regretter mon choix. Cette manif sauvage a bien fait transpirer les FDO en les débordant dans le quartier de gare de l’Est. Ni les gaz, ni la violence répressive ne les ont stoppés. Aux cris de « Révolution » les plus motivés ont réussi à faire comprendre à Castaner qu’il n’avait rien réussi aujourd’hui, sûrement pas à décider où et quand nous voulons nous exprimer.
Malgré un nombre important et des stratégies rodées, les FDO sont dépassées encore et encore. Castaner, au prochain grand rassemblement national, tu sautes. Ces grands cortèges déambulant dans Paris ne sont qu’un mode « veilleuse » en attendant le grand RDV d’avril.
Une journée dont je garde une mauvaise vision de cette nasse à Châtelet, injuste, disproportionnée, fasciste. De ces parcours en métro avec le sentiment d’être au milieu de gens indifférents ou apeurés par ce qui se passe au-dessus de leurs têtes. Une vie sera toujours plus dure seule. Et Gandhi qui disait, environ : ce ne sont pas les méchants qui sont dangereux mais ceux qui les laissent faire. Je ne veux plus prendre le métro, j’ai peur.
Même si ce fût intéressant et riche de rencontres, la semaine prochaine je rejoindrai le gros cortège, sûrement un besoin grégaire. Ce plaisir d’avoir retrouvé tous les GJ à Montmartre m’y incite et tant pis que ce soit déclaré ou non, ne me laissez plus jamais seul ?.

 
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