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La Izquierda Diario
1er de avril de 2019 Twitter Faceboock

Mobilisation des enseignant-e-s
Blanquer dans la tourmente
Boris Lefebvre

Les réformes multiples dans l’éducation plongent Jean-Michel Blanquer dans la tourmente. Alors que la manifestation de samedi a mobilisé massivement et que la journée de jeudi prochain s’annonce très suivie, le ministre de l’éducation n’a rien trouvé d’autre que de fustiger les « bobards » des syndicats.

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Alors que le rouleau compresseur Macron est à l’arrêt après le 20éme acte des gilets jaunes, son ministre de l’Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, pièce maîtresse de son gouvernement néo-libéral et figure encore peu touchée par le discrédit que l’État encaisse depuis des semaines, commence lui aussi à vaciller. La colère accumulée depuis des mois dans l’Éducation nationale, que ce soit avec #Pasdevague ou les stylos rouges, s’est une nouvelle fois manifestée lors de la journée d’action du 30 mars, où les enseignant-e-s se sont montrés nombreux dans les rues, à Paris et en province.

Réponse de celui qui s’attaque à l’ensemble du système éducatif en instaurant un devoir de réserve aux enseignant-e-s, qui supprime les chefs d’établissements en primaire pour les fondre dans des établissements publics des savoirs fondamentaux, qui impose sa réforme du lycée et du bac, qui érige la sélection sociale en nouvelle norme scolaire avec Parcoursup : « festival de bobards » et mobilisation « basée sur des intoxications ». Les profs n’auraient donc décidément rien compris au projet néo-libéral que Blanquer affiche depuis les débuts pour l’école. Et les syndicats enseignants seraient des manipulateurs. Mais comment expliquer l’unanimité de l’intersyndicale alors ?

Le ministre de l’Éducation nationale a beau jeu de rappeler que « ce qui est important en démocratie, c’est que le débat se base sur des informations justes », lui qui tricote ses réformes pour qu’elles soient le plus illisible possible, qui fait en sorte que les informations ne soient délivrées qu’au compte goûte pour maintenir dans l’expectative le corps enseignant. Mais le masque tombe de plus en plus et la cohérence des réformes se fait jour. Ouverture au privé de la maternelle avec l’abaissement de l’âge minimal de scolarisation, écoles primaires mises sous tutelle des collègues, orientation précoce dans les lycées et sélection sociale à la clé : « l’école de la confiance » qu’il nous vend en permanence apparaît pour ce qu’elle est, une mise au pas des élèves et de leurs enseignant-e-s.

La mobilisation appelée pour le jeudi 4 avril, dans la continuité de la journée du samedi 30, appelée par une intersyndicale large, montre une pression de la base des enseignants qui se note essentiellement dans les écoles primaires et les lycées, plus directement touchés par les réformes Blanquer. Néanmoins, les attaques sur le statut de fonctionnaire et le manque de moyens pour l’éducation sont des constantes depuis des années susceptibles de mobiliser très largement dans les jours à venir.

Crédits photo : Eric Dessons/JDD

 
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