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La Izquierda Diario
6 de avril de 2019 Twitter Faceboock

Nouvel épisode du feuilleton Benalla
Un livre pour tout excuser ? Vincent Crase sort du silence
Antoine Bordas

Vincent Crase, acolyte d’Alexandre Benalla, a sorti ce jeudi un ouvrage : « Présumé Coupable » dans lequel il revient notamment sur sa place dans l’affaire qui se poursuit. Une tentative de mea culpa teintée d’hypocrisie. On y trouverait également son avis sur les Gilets Jaunes et l’état de la majorité.

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C’est la première fois que l’homme s’exprime dans les médias depuis le début de l’affaire. Dans une interview pour Le Parisien, il revient sur des éléments de son ouvrage dédié à l’affaire Benalla à laquelle il est intimement lié. Deuxième fois qu’un livre sert d’échappatoire dans l’affaire Benalla après la démission de Samuel Emelien, c’est donc au tour d’un des principaux concernés de se livrer.

Sur son implication le 1er mai, on retrouve la rhétorique habituelle : «  Je ne devrais pas, mais j’y vais. Porté, je tiens à le redire, par le sens du devoir qui m’incite à apporter secours.  », il complète : «  On n’a pas frappé des « manifestants » : les deux de la Contrescarpe, on ne peut plus dire que ce sont des amoureux qui allaient manger une crêpe. Ils ont été condamnés !  ». Une tentative de légitimer ses actes ainsi que ceux de Benalla. Sur le port d’arme illégale ce jour-là, il écarte la question par la propagande gouvernementale instillée par l’Etat depuis l’instauration de l’Etat d’urgence : « Mais depuis 2015, on est en guerre en France. Le jour où une catastrophe arrive, si j’ai la chance d’être outillé, c’est mieux. Légalement, ce n’est pas bien. Moralement, je ne me jette pas la pierre. Les armes, je connais, je maîtrise.  », lui qui ne veut pas qu’on le nomme barbouze, renforce pourtant sa mentalité de cow-boy.

Au-delà de toute une série d’anecdotes, c’est sans surprise, que l’ouvrage n’apporte aucun élément sur les zones grises de l’affaire. Que ce soit les liens avec un oligarque russe, mais aussi les manœuvres du gouvernement pour étouffer l’affaire ; violation du contrôle judiciaire, sa mise en cellule avec Benalla (qu’il met sur le compte d’erreurs de la justice...), les images obtenues illégalement publiées sur Twitter par un proche du gouvernement pour défendre Benalla etc.

Éloge à Macron

D’après les premiers commentaires, il revient à plusieurs reprises dans l’ouvrage sur son admiration pour le président, de la rencontre avec celui-ci lors d’un meeting de campagne, pour son professionnalisme. Il précise « Je le défendrai toujours. Il est hyper talentueux, en avance sur son temps, ou alors ce sont les Français qui sont en retard. La déconnexion vient de là.  », un mépris de classe caractérisé. Ainsi, il s’excuse auprès du président : « Je voudrais dire à Macron que je suis désolé », tout en torpillant le reste de la majorité.

En effet, Vincent Crase ne mâche pas ses mots concernant le reste du gouvernement. Notamment Gérard Collomb : « Dans le monde politique, il y a beaucoup de faux-fuyants et d’hypocrites. Comme Gérard Collomb qui dit : « Je ne connais pas Benalla » ! Le 1er mai, dans la salle de commandement de la préfecture de police, ils se sont salués.  ». Il généralise a d’autres membres de la majorité : « Pour moi, les responsables du cabinet et de la communication du président ont, de leur côté, péché par arrogance. Ils ont pensé qu’en 2018 une affaire potentiellement embarrassante pouvait être étouffée.  ». Il oppose donc le grand Emmanuelle Macron, avec les autres, les arrivistes, il ne manque pas de mots pour décrire ce qu’il pense d’eux, il parle de « Disneyland pour bobo » concernant le QG de campagne, et de « stéréotypes de la classe urbaine favorisée  » pour les membres d’En Marche. Il affirme finalement qu’il revotera pour l’actuel président en précisant « Macron, oui. En Marche, non.  »

Vincent Crase au côté des Gilets Jaunes ?

Il prétend également, avoir vu venir cette mobilisation, mais utilise surtout la situation pour se défendre. Pour lui, le gouvernement aurait dû se concentrer sur les Gilets Jaunes et non sur l’affaire Benalla : « Le peuple voulait du pain, on lui a donné le cirque.  »

C’est en poursuivant ses critiques du gouvernement que Vincent Crase semble se positionner au côté des Gilets Jaunes : « Ils nous vendent le nouveau monde, mais connaissent-ils seulement le monde ?  », «  À mes yeux, cette dérive porte en elle les germes du mouvement des Gilets jaunes.  ». C’est ainsi qu’il se sent proche de la mobilisation : « Je m’y reconnais en ce qu’elle traduit l’aveuglement de nos élites autocentrées.  ». Une affirmation douteuse quand on sait que ce barbouze frappait des manifestants et qu’il trempe dans des affaires rémunérées avec un nombre de zéros bien loin de la réalité des gilets jaunes. Que pense Mr. Crase de la répression actuelle contre les Gilets Jaunes ?

Une chose est sûre, quoi qu’en pense Vincent Crase, l’affaire Benalla et le mouvement des Gilets Jaunes, sont finalement deux crises qui ébranlent le gouvernement en profondeur. Il sépare les deux, mais les Gilets Jaunes, eux ne sont pas dupent, on se souvient lors de l’affaire du boxeur Dettinger, des revendications ‘’liberté pour Christophe, Benalla en prison’’. Et contrairement à ce que Crase semble affirmer dans ses louanges au président, c’est bien Macron qui est au cœur de la crise gouvernementale.

 
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