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La Izquierda Diario
13 de avril de 2019 Twitter Faceboock

Edito
Toulouse. Malgré un saut dans la répression, les Gilets Jaunes défient la loi « anti-casseurs »
Julian Vadis

A quelques encablures des annonces de Macron suite à son grand Débat, l’acte 22 avait pour principal enjeux la défense du droit à manifester toujours plus remis en cause avec la loi « anti-casseurs » tout juste mis en application. A Toulouse, la répression a fait un saut visant notamment à faire respecter les interdictions de manifester au sein du centre-ville. La réponse des Gilets jaunes est claire : léger rebond pour l’acte 22. A Toulouse, les Gilets jaunes ont repris le centre-ville malgré le saut dans la répression visant à faire respecter la fameuse loi « anti-casseurs ».

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Un acte 22 réussi : Toulouse, capitale jaune, résiste aux assauts des forces de répression

Même le ministère de l’Intérieur, chaque semaine moqué pour son « comptage de manifestants » pour le moins approximatif, a dû le souligner. L’acte 22 des Gilets Jaunes a marqué un léger rebond de la mobilisation ce samedi 13 avril, quelques jours seulement après la restitution des doléances du « Grand Débat » et alors qu’était promulguée la très controversée loi « anti-casseurs ». Pour dénoncer cette nouvelle loi liberticide des milliers de manifestants rejoints par des cortèges Gilet jaunes ont manifestés partout en France.

Pour ce nouvel acte, Toulouse avait été désigné « capitale » de la mobilisation, avec un appel national à manifester dans la ville rose. Dès le début de la manifestation, les forces de répression ont donné le ton. Nasse géante sur les allées Jean-Jaurès, pluie de lacrymogènes, de grenades et charges de la BAC marqué le début d’une répression incessante, à un niveau jamais atteint depuis le début de la mobilisation. Le double objectifs était clair : Empêché toute cristallisation d’un cortège massif, en « vidant » les rues dès le début de la manifestation dans un premier temps, exclure les Gilets Jaunes du centre-ville ensuite. En d’autres termes, marqué les esprits après la promulgation de la loi « anti-casseurs » par Macron ce jeudi. En ce sens, plusieurs manifestants, parmi les 37 interpellations, l’ont été « pour dissimulation volontaire du visage ». La veille, à Nantes, 14 Gilets jaunes étaient en garde à vue pour avoir fait un atelier banderole la veille de l’acte 22.

Mais le moins que l’on puisse, c’est que le programme a été plus que compliqué pour Macron. Non seulement, les Gilets Jaunes, sans arriver maintenir un cortège unique, ont réussie à défiler avec plusieurs gros cortèges, composé par des milliers de manifestants, mais ils ont également tenu le centre-ville toute l’après-midi et le début de la soirée. Une détermination énorme, malgré une répression dantesque, qui montre que le saut dans la répression illustré à Toulouse pour faire appliquer la loi « anti-casseurs » n’ont pas réussi à égratigner la détermination des manifestants à défendre leurs droits à manifester y compris dans le centre-ville. Si globalement le maintien de l’ordre n’a pas été remis en cause, à plusieurs reprises à Toulouse les forces de polices se sont vu mettre en difficultés par les Gilets jaunes malgré le saut répressif notamment les gazages massifs.

Le gouvernement pris à revers. Macron acculé

L’autre enseignement de cet acte 22, c’est bien que le gouvernement reste particulièrement fébrile en rapport aux prochaines annonces du Grand débat à venir. Il est certain qu’avec la fin du grand débat, la pression est maximale de sorte que le président du Sénat, Gérard Larcher, n’hésite pas à accentuer celle-ci sur l’exécutif en affirmant qu’il n’y aura pas de « deuxième chance ». De la même manière, la mise en application de la loi « anti-casseurs » est censée donnée les coudées franges pour un maintien de l’ordre irréprochable, devient une pression supplémentaire et ce alors que les Gilets jaunes restent toujours aussi déterminé à manifester malgré les intimidations.

Dans ce cadre, Macron apparaît, au soit de cet acte 22, sous pression importante, jouant ainsi l’avenir de ce qu’il reste de son quinquennat. Non seulement des dizaines de milliers de manifestants ont « bravés son autorité » et apporté la meilleure des réponses à la fuite en avant sécuritaire du président, mais c’est aussi les retours du Grand Débat qui appondis l’isolement de Macron. S’il faudra voir sur le moyen terme avant de tirer des conclusions, ce qui s’apparente à une déroute pour Macron dans la dernière période est à même d’attiser les inquiétudes, au sein des classes dominantes, sur sa capacité à revitaliser la fin de son quinquennat. L’acte 23 des Gilets Jaunes, baptisé « ultimatum » et qui fera entrer le mouvement dans un cinquième mois de contestation, sera en ce sens une nouvelle source d’inquiétude pour Macron, son gouvernement et les classes dominantes. Cela d’autant plus si le risque « déceptif » de son grand débat était bien prémonitoire.

 
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