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La Izquierda Diario
16 de avril de 2019 Twitter Faceboock

Témoignage
Toulouse, acte 22. Récit d’une chasse à l’homme par des voltigeurs de la BAC : « Nous étions leurs proies »

« Un jeune s’enfuyait en courant, lorsque les policiers à moto sont arrivés, à une cinquantaine de kilomètres à l’heure. Sans s’arrêter, le sympathique policier lui a tiré au LBD 40 dans la jambe à quelques mètres de distance. Avec la puissance du tir, le jeune s’est effondré à terre ».

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« Toulouse, le 13 avril 2019, acte 22, les gilets jaunes se rassemblent dans la joie et la bonne humeur sur la place jean Jaurès, les chants et les sourires s’échangent entre individus venus des quatre coins de la France : Troyes, Bordeaux, Montpellier... etc.

Peu après un départ dans la bonne humeur, la répression policière n’a pas tardé à pointer le bout de son nez, les grenades Gli-F4 et les gaz lacrymogènes s’entremêlent avec les cris de colère et de désespoir de ces milliers de guerriers venus de toute la France afin de lutter contre la tyrannie d’un gouvernement trop peu à l’écoute...

Après une nasse d’environ une heure, un groupe d’environ deux-cents personnes réussit à s’extirper d’une souricière, mais à quel prix ?

Après plusieurs kilomètres de marche et de course, nous arrivons du côté de l’université Toulouse Capitole 1 et le véritable cauchemar commence. Notre chemin croise celui de deux équipes de voyous à moto portant un joli brassard orange. Après nous avoir fait un petit signe de la main tout en provocation qui signifiait "venez, on vous attend", s’en sont suivis les tirs d’une bonne dizaine de grenades lacrymogènes, qui ne nous laissaient aucune visibilité dans la rue. Nos "collègues" n’ont rien trouvé de plus intelligent que de tirer un coup de LBD à l’aveugle à 5 mètres, qui a fini sur l’épaule d’un jeune, immédiatement soigné par les médics. Une fois satisfaits de leurs prouesses, nos chers policiers nous ont laissé continuer.

S’en est suivie une chasse à l’homme. Nous étions les proies, ils étaient les chasseurs.

En arrivant sur un grand boulevard, ils se sont mis à faire des allers-retours sur leurs motos, à au moins 70km/h je dirais, tout en jetant des grenades lacrymogènes à hauteur de visages et en mettant des coups de matraques aux gilets jaunes qui étaient restés sur la route. »

« La partie du corps visée n’était autre que la tête »

« Après avoir aidé les employés d’un bar à ranger leur terrasse, qui étaient gazés également, les gilets jaunes ont repris leur route, tout en essayant d’esquiver les assauts fréquents de ces motards qui passaient à grande allure, les yeux rivés derrière le viseur holographique de leurs LBD 40. On pouvait facilement remarquer que la partie du corps visée par ces derniers n’était autre que la tête, obligeant les manifestants à se baisser derrière des voitures.

Enfin, après s’être rapprochés du jardin des Plantes, j’ai pu assister à la scène la plus choquante selon moi de la manifestation. Un jeune, qui vraisemblablement essayait d’échapper aux policiers, s’enfuyait en courant, lorsque tout d’un coup ces derniers sont arrivés à une cinquantaine de kilomètres à l’heure.

Sans s’arrêter, le sympathique policier lui a tiré au LBD 40 dans la jambe à quelques mètres de distance. Avec la puissance du tir, le jeune s’est effondré à terre, a poussé un cri avant de se faire sauter dessus, plaquer au sol et matraquer puis embarquer par nos deux amis encagoulés...

Je ne suis pas un écrivain loin de là, mais je voulais retranscrire le danger des unités telles que les voltigeurs qui sont normalement interdites depuis les années 1990 suite à la mort d’un homme sous des coups de matraque. En connaissant le danger d’un tir de LBD 40, je me suis demandé si tout allait bien dans leurs têtes pour tirer en roulant, en sachant que la puissance est décuplée. »

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