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La Izquierda Diario
16 de avril de 2019 Twitter Faceboock

Élections européennes
Avec son « Europe des Nations », Marine Le Pen joue la carte de la renégociation des traités
Henri Carmona

Les grandes manœuvres sont en route du côté de l’extrême droite. Avec son manifeste pour une « Europe des Nations », Marine Le Pen change d’angle d’attaque, en axant maintenant la renégociation des traités européens pour « tout remettre à plat ». Une « opération séduction » destinée aux classes dominantes et au grand patronat.

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Crédits photo : REUTERS/Vincent Kessler

On le sait, Marine Le Pen a, dès sa prise de fonction en tant que présidente du Front National en 2011, axé sa stratégie autour de la « dédiabolisation » du parti d’extrême droite, rebaptisé depuis Rassemblement National (RN). Une « républicanisation » qui n’a pas été sans effet sur la ligne politique du RN, tout en préservant certains traits fondamentaux de l’ADN de la formation d’extrême droite.

En ce sens, la présentation ce lundi à Strasbourg du « manifeste pour une Europe des Nations » marque un réel tournant, tranchant sur un ensemble de questions qui ont fait bégayé, ces dernières années, les représentants du RN. Exit, définitivement, le « Frexit » et la sortie de l’euro. L’objectif ? Avancer vers une alliance des extrêmes droites à échelle européennes, pour, « de l’intérieur, modifier profondément le fonctionnement de l’UE », comme l’a affirmé Marine Le Pen sur les ondes de RTL ce dimanche. En d’autres termes, fini la ligne d’affrontement direct avec l’Europe, place à une renégociation des traités pour « tout remettre à plat », toujours selon la présidente du RN.

La pierre angulaire de cette « nouvelle stratégie », et qui maintien le lien avec la tradition de l’extrême droite française, reste la question de la frontière. De l’économique au social en passant par le politique et l’écologie, la question de la réaffirmation de l’État est à la base de l’orientation politique générale, autour de ce que Marine Le Pen appelle bien sournoisement l’Europe de la « coopération ». Bien sur, le discours est « calibré » pour séduire les patrons de PME, artisans et agriculteurs, voire une partie des travailleurs, en posant la frontière comme « protection » à la crise du modèle néo-libéral.

Il est pourtant saisissant, une fois qu’on creuse un peu la surface, de voir à quel point le « nouveau logiciel » de ce manifeste de l’Europe des Nations vise à séduire avant tout des franges du grand patronat, tout en donnant des gages aux autres secteurs de la bourgeoisie plus directement lié à la libéralisation du marché et la mondialisation des échanges, notamment monétaires (ici, la question de l’euro est révélatrice). Prenant l’exemple d’un Trump qui avait su s’attirer les faveurs des grands groupes pétroliers et de l’industrie lourde nord-américaine, la politique de « sécurisation » du marché intérieur est ouvertement tournée envers les grands groupes capitalistes français, qui peuvent la voir d’un bon œil sans que leurs profits à l’extérieur des frontières ne soit menacés. On peut penser, entre autres, aux grands groupes privés du bâtiment ou encore du transport routier.

Dans le même temps, la question du renforcement de l’État comme garant de la stabilité économique, en proposant que la banque centrale européenne prête plus aux États qu’aux banques, afin de garantir une relative stabilité en cas de crise économique majeure (qui est tout sauf à exclure d’après les experts économiques). Car lors de la crise de 2007/2008, ce sont les États capitalistes centraux avaient, en premier lieu, volé aux secours des banques. C’est bien là tout le sens de la « coopération » que Marine Le Pen propose pour l’Europe.

Pour ce qui est des classes populaires, des travailleurs et de la jeunesse, il n’y a qu’à regarder précisément hors des frontières hexagonales pour voir quelles sont les conséquences désastreuses des politiques de l’extrême droite. En Autriche, par exemple, la journée de 12h de travail a été décrétée, et de multiples atteintes aux droits de grèves et de manifestations ont été portées. Quant au renforcement de l’État comme garant de la continuité des profits des grands groupes capitalistes, il suffit de regarder du côté de la Grèce, de l’Espagne ou du Portugal pour constater les dégâts : ce sont bel et bien les travailleurs et les classes populaires qui ont été saignés à blanc pour payer la crise.

Les frontières ne peuvent donc en aucun cas être vecteurs de « protection » face au capitalisme et aux affres de l’austérité pour les travailleurs, les classes populaires, la jeunesse mais aussi pour l’ensemble des petits patrons, artisans ou bien encore les agriculteurs. Bien au contraire, la seule issue progressiste réside dans une perspective révolutionnaire et internationaliste, contre l’accaparation de l’ensemble des richesses par une minorité de grand patron. Si le NPA ne présente pas de liste aux européennes, ces perspectives sont portées par les candidates et candidats de Lutte Ouvrières, pour lesquelles Révolution Permanente appelle à voter et faire voter le 26 mai prochain.

 
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