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La Izquierda Diario
22 de avril de 2019 Twitter Faceboock

L’austérité au programme
“Travailler davantage” : Macron cherche des pistes
Max Demian
Jules Fevre

Après 6 mois d’un mouvement social inédit et 4 mois de Grand Débat, Macron veut en conclure “la nécessité de travailler davantage et des réductions de notre dépense publique”.

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Ainsi, après 6 mois d’un mouvement social inédit et 4 mois de Grand Débat, Emmanuel Macron semble vouloir en conclure, d’après le discours annulé lundi suite à l’incendie de la cathédrale, “la nécessité de travailler davantage et des réductions de notre dépense publique”. Dimanche, Aurore Bergé, députée et porte-parole de LAREM, tâte le terrain et déclare dans un entretien pour Le Journal Du Dimanche : “Je suis persuadée que les Français sont d’accord pour travailler plus”. Comme le rapporte le journal, les idées dans ce domaine sont nombreuses : "Moins de jours fériés, revenir sur la durée de travail hebdomadaire, retarder l’âge de départ à la retraite". Dans son entretien, la journaliste Sarah Paillou interroge : “Ne prenez-vous pas un risque politique dans un contexte social tendu ?”

En effet, alors que le mouvement des gilets jaunes porte parmi ces premières revendications le rétablissement de l’ISF, l’augmentation du SMIC mais aussi l’instauration de plus de tranches d’impôts, de services publiques et de justice fiscale, Emmanuel Macron leur impose cet "extrémisme libéral" dénoncé dans l’appel de Saint-Nazaire. Parmi les quelques mesures susceptibles d’être formulées jeudi par le chef de l’Etat dans le cadre d’une conférence de presse, une baisse de la dépense publique ainsi qu’une baisse de l’impôt sur le revenu.

Opposer pouvoir d’achat et services publics, c’est jouer contre le pouvoir d’achat des travailleurs. Le propos de Macron se fonde en effet sur un argumentaire fallacieux. Selon lui, il s’agirait de financer le besoin de services publics et la dépendance en augmentant la durée de travail. Une fois exclue l’hypothèse de faire payer les riches et les patrons, ne reste qu’à faire porter le chapeau aux travailleurs eux-mêmes, quand en France l’évasion fiscale avoisine les 100 milliards d’euros, comme le révélait un précédent rapport publié par Marianne, il s’agirait moins de “travailler plus” que de se réapproprier le fruit du labeur.

Pour ce faire, le gouvernement cherche des pistes. L’idée de revenir sur les 35 heures a déjà été mise en avant par Macron, récupérant le credo sarkoziste du « travailler plus pour gagner plus », et préparant la société à un modèle ultra-libéral à l’anglo-saxonne – « traverser la rue » pour accepter n’importe quel emploi. De plus, les 35 heures ont été largement détricotées par les gouvernements successifs, comme le reconnaît Stéphane Dupont, éditorialiste au journal patronal les Echos à propos des 35 heures : « Les ordonnances Pénicaud, après la loi El Khomri, les ont encore un peu plus assouplies. »

L’autre idée, celle de supprimer un jour férié, semble à la fois politiquement risquée, la population étant majoritairement opposée à l’idée, et surtout peu susceptible de dégager les fonds suffisants. « Une ou plusieurs journées de solidarité supplémentaires, comme le proposent des députés de la majorité ? Huit Français sur dix y sont opposés, indiquent les derniers sondages. Et cela ne rapporterait que 2 milliards d’euros par jour férié supprimé. Un peu maigre. » conclut Stéphane Dupont des Echos.

Enfin, l’éventualité à laquelle le gouvernement semble préparer le monde du travail à l’issue du grand débat reste l’âge de la retraite, avec l’idée, poussée par le patronat, d’introduire une décote pour reculer l’âge de départ d’un ou deux ans.

Autant d’options qui semblent politiquement difficiles à mettre en place et pourraient se heurter à l’opposition, en plus du mouvement des Gilets Jaunes qui dure depuis désormais quatre mois.

Ainsi, devant cet obstination à mettre en marche l’austérité, “la satisfaction des Français envers l’action d’Emmanuel Macron est au plus bas. Seuls 27% sont satisfaits de l’action du président de la République [...] Ce chiffre, en baisse de 5% par rapport au mois de mars, n’a jamais été aussi faible depuis l’élection du chef de l’Etat” comme le rapporte Le Figaro d’après les derniers résultats d’Opinionway.

L’effet Notre-Dame aura été de courte de durée pour le chef de l’Etat tandis que fleurissent lespolémiques autours des dons qui dévoilent au grand jour la fortune des premiers de cordées, censés avoir "la corde au cou".

Crédits photo : Reuters

 
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