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23 de avril de 2019 Twitter Faceboock

Elections européennes
Montpellier. Meeting de Lutte Ouvrière : « un programme de lutte pour les travailleurs ! »
Cléo Rivierre
Lucas Darin

Ce samedi 20 avril à Montpellier, avait lieu un meeting de Lutte Ouvrière, la liste pour laquelle Révolution Permanente appelle à voter pour les Européennes.

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Nathalie Arthaud, tête de liste Lutte Ouvrière pour ces élections européennes, a ouvert son introduction sur la nécessité pour les révolutionnaires de faire entendre leur voix le plus largement possible – et ce d’autant plus dans la période actuelle. Cela passe notamment par des campagnes électorales, qui permettent de développer un programme qui défend les intérêts des exploités et des opprimés.

Un programme qui défend les intérêts des exploités et des opprimés

Lutte Ouvrière défend l’idée d’une Europe des travailleurs, unie et sans frontières. Si la bourgeoisie se sert de l’Union Européenne comme d’un outil pour maximiser ses profits et exploiter toujours plus les travailleurs, il ne s’agirait pas de dire, contrairement aux souverainistes comme Mélenchon ou Asselineau, qu’il suffirait d’un repli national pour améliorer les conditions de vie de la population. Les frontières ne sont pas un vecteur de « protection » face au capitalisme et la lutte contre l’UE n’est pas un but en soi séparé de la lutte contre les capitalistes nationaux – d’autant plus en France, ou ceux-ci sont parmi les principaux artisans du « projet européen ».

Contre les réactionnaires qui voudraient nous faire croire que la question des migrations est un « problème », Nathalie Arthaud affirme qu’un travailleur français a davantage d’intérêts communs avec un travailleur algérien ou polonais qu’avec un grand patron, fut-il français, comme Bernard Arnault. Par conséquent, Lutte Ouvrière est partisane de la libre circulation sans conditions et de l’ouverture des frontières. De la même manière, au cours de la discussion, des militants de LO ont voulu affirmer haut et fort leur soutien au mouvement actuel en Algérie, affirmant que les travailleurs algériens sont « nos frères de lutte ».

Lors du meeting, Nathalie Arthaud a expliqué les grands axes programmatiques de la campagne. Premièrement, celui du pouvoir d’achat : il faut non seulement augmenter les salaires, mais aussi les indexer sur l’inflation, c’est-à-dire à chaque fois que les prix augmentent, augmenter proportionnellement les salaires.

Deuxièmement, le droit à l’emploi, un droit fondamental selon LO. Il faut ainsi s’opposer fermement aux licenciements et aux fermetures d’usines. La meilleure solution au problème du chômage, c’est une répartition du temps de travail qui permette d’une part à chacun d’avoir un emploi, d’autre part de baisser drastiquement le temps de travail hebdomadaire. Comme soulevé lors de la discussion avec la salle, le capitalisme nous pousse à voir les autres travailleurs comme des menaces (les travailleurs étrangers par exemple), mais à voir les machines qui viennent remplacer certains postes comme des menaces également – on pense par exemple aux caisses automatiques. La question de la répartition du temps de travail est une réponse en positif à cette mise en concurrence permanente des travailleurs.

Troisièmement, contre le secret des affaires et le secret bancaire, contrôler les livres de comptes : les communistes révolutionnaires revendiquent la transparence totale des comptes de la bourgeoisie, en premier lieu dans les entreprises. L’arrestation de Carlos Ghosn n’est qu’un exemple parmi tant d’autres démontrant comment ce secret permet aux patrons de maquiller la fraude et le détournement de bénéfices de l’entreprise.

Ces grands axes visent notamment à montrer que l’ennemi n’est pas seulement Macron et son gouvernement, mais bel et bien une classe entière, celle des capitalistes qui vivent du travail des ouvriers et des employés et ce sans aucune considération pour le bien-être commun. La question écologique ne fait pas exception : poussés par la recherche du profit, les capitalistes n’ont que faire de la destruction de notre environnement. Ainsi, pour sortir de l’impasse écologique, il faudra exproprier ces mêmes capitalistes. Cette expropriation ne peut évidemment pas se faire avec l’accord de la bourgeoisie qui détient les moyens de production et le pouvoir politique. Cela pose donc la question du pouvoir, les communistes révolutionnaires luttent pour la mise en place d’une société dirigée par les travailleurs eux-même. Par conséquent, ce programme n’est pas un programme électoraliste, mais bien un programme de lutte autour d’objectifs de combat.

Les Gilets jaunes au cœur du débat

Au cours d’un débat riche en interventions et en témoignages, de nombreux points ont été soulevés. Le mouvement des Gilets Jaunes a beaucoup occupé les discussions. Si les Gilets Jaunes sont composés en grande partie de travailleurs, leurs revendications expriment une volonté d’unité qui ne reflète pas les divergences d’intérêts entre Gilets jaunes exploités et le grand patronat. Ainsi, la mise en mouvement des secteurs traditionnels du mouvement ouvrier et la convergence entre syndicats et Gilets jaunes est apparue à de nombreux militants syndicaux comme une manière de transformer qualitativement le mouvement des Gilets jaunes, en y apportant une réelle perspective de lutte de classe.

Cependant, certains syndicalistes ont exprimé la difficulté de mettre en mouvement ces secteurs organisés, notamment car leur propre direction syndicale – en premier lieu celle de la CGT – s’opposait à toute convergence réelle avec les Gilets jaunes. Malgré les contradictions du mouvement, une chose est sûre : depuis le 17 novembre, la peur a commencé à changer de camp, mettant les classes dominantes en difficulté.

Cette domination de la bourgeoisie s’exprime aussi dans l’absence de neutralité des grands médias. Les Gilets Jaunes s’en sont rendus compte : les principales chaînes d’informations ne relaient que le point de vue de la classe dominante. Ce parti pris s’est vu lors du dernier débat organisé par France 2 : Lutte Ouvrière était le seul parti politique qui se présente aux Européennes à ne pas avoir été invité par la chaîne.

Le Nouveau Parti Anticapitaliste ne présentant pas de liste aux élections européennes et malgré quelques divergences que nous développerons dans un article ultérieur, Révolution Permanente appelle à voter pour les candidats de Lutte Ouvrière, la seule liste qui représente les intérêts des exploités et des opprimés. Si nous regrettons l’absence d’une liste commune NPA-LO, nous mènerons la campagne pour LO et nous invitons tous les militants du NPA à faire de même. Le 26 mai, c’est pour Lutte Ouvrière qu’il faut voter et faire voter !

Crédit photo : AFP

 
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