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La Izquierda Diario
23 de avril de 2019 Twitter Faceboock

Tensions géopolitiques
Trump veut réduire à zéro les exportations de pétrole de l’Iran
Pepe Balanyà

En mai dernier, Trump rompait l’accord du nucléaire iranien et ouvrait alors un tournant offensif dans sa politique au Moyen-Orient. Un an après, Washington est prêt à durcir le coup en ne renouvelant pas les dérogations accordées aux huit principaux pays acheteurs de pétrole iranien. Le but : ramener les exportations de pétrole à zéro pour étouffer économiquement la république chiite afin qu’elle ne devienne pas une puissance régionale.

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Crédit : AFP/ARCHIVES - ATTA KENARE

L’hégémonie étasunienne, qui permettait à la Maison Blanche de tracer les grandes lignes de la politique mondiale, avec le relatif consensus du reste des puissances impérialistes concurrentes, s’est fortement dégradée avec la crise économique de 2008 et sa persistance, dans une forme de crise rampante depuis une décennie. Même si les Etats-Unis continuent à être suffisamment puissants pour imposer leurs vues, aussi bien à leurs ennemis qu’à leur alliés, cela se fait à chaque fois, toujours plus en dehors de l’ancien cadre du multilatéralisme et par l’accentuation d’une politique extérieure de plus en plus agressive.

En témoignent largement tout une série de mesures prises par Donald Trump depuis son arrivée à la Maison Blanche : sortie du Traité Commercial Transpacifique (TTP), retrait des accords de Paris sur le climat, mise en place de mesures protectionnistes sur l’acier et l’aluminium, pression sur la Chine, non certification des accords sur le nucléaire iranien ou enfin interventionnisme au Venezuela. À cette liste se rajoute aujourd’hui la volonté de l’administration Trump d’étouffer économiquement la république islamique en ne renouvelant pas les dérogations accordées aux huit principaux pays acheteurs de pétrole iranien : la Chine, l’Inde, le Taiwan, la Turquie, le Japon, la Corée du Sud, la Grèce et l’Italie.

En effet, après l’annonce par Donald Trump ce lundi que les Etats-Unis ne renouvelleraient pas ce 2 mai, comme prévu, les exemptions aux pays qui importent du pétrole iranien, Mike Pompeo, le secrétaire d’Etat nord-américain a ajouté dans un communiqué : « Cette décision a pour but de réduire les exportations iraniennes à zéro, pour soustraire au régime sa principale source de revenus ».

L’administration Trump avait déjà imposé des sanctions internationales sur le pétrole iranien après d’avoir rompu l’accord nucléaire iranien le 8 mai dernier. Cependant Donald Trump avait accordé des exemptions temporelles à 8 pays pour garantir l’approvisionnement sur le marché et empêcher la flambée des prix du baril tandis que les 8 pays exemptés devaient diminuer progressivement les importations de pétrole iranien jusqu’à zéro. Parmi ces pays seulement la Grèce, l’Italie et le Taiwan ont arrêté leurs importations de pétrole iranien. De son côté, la Turquie, l’Inde et notamment la Chine – avec 613.000 barils importés par journée – continuent à être les principaux importateurs de pétrole brut iranien et seront fortement touchés par ces mesures. Dans un contexte de guerre commerciale qui s’accroit, la Chine a déjà fait savoir que son accord « ouvert, transparent, raisonnable et légitime avec l’Iran devait être respecté ».

Cependant, au-delà de ses partenaires commerciaux, le pays qui va évidement être touché de plein fouet par l’offensive des États-Unis va être l’Iran. L’économie du pays reposant essentiellement sur l’industrie du pétrole, c’est une perte d’un cinquième des revenus du pays par rapport à l’année précédente qui s’annonce. Après la rupture de l’accord du nucléaire en 2018 la situation avait été déjà très difficile pour Téhéran. Cela s’était notamment traduit par une recrudescence des mobilisations des secteurs populaires – les plus touchés par l’offensive étasunienne – contre le régime et avait mené celui-ci à intenter un procès auprès de la Cours Internationale de Justice à La Haye afin de « faire rendre des comptes aux Etats-Unis pour leur réimposition illégale de sanctions unilatérales ».

Étouffer militairement et économiquement la principale puissance régionale qui concurrence les alliés stratégiques des États-Unis au Moyen Orient (l’Israël, les Emirats Arabes Unis ou l’Arabie Saoudite) est un enjeu pour l’impérialisme nord-américain. Rien d’étonnant à ce que la Maison Blanche, dans un contexte de flambée du prix du baril suite à son annonce, propose de combler la partie du marché laissée par Iran, par l’Arabie Saoudite ou les Emirats Arabes Unis.

 
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