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La Izquierda Diario
15 de mai de 2019 Twitter Faceboock

Licenciement massif de salariés protégés
Whirlpool. Muriel Pénicaud autorise l’entreprise à licencier représentants du personnel et délégués syndicaux
Jean Beide

Alors que l’inspection du travail a fait savoir qu’elle considérait comme illégitime le licenciement de trente salariés protégés de l’usine Whirlpool située à Amiens, c’est la ministre du travail Muriel Pénicaud qui a formellement autorisé leur licenciement, défendant ainsi directement les intérêts du patronat qui ne cherche que la rentabilité maximale au détriment systématique de la vie des travailleurs et de leurs conditions de travail.

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L’usine Whirlpool, le symbole d’une politique hostile aux travailleurs

L’usine Whirlpool d’Amiens est, à elle seule, une saga politique de l’ère Macron. Le sort des 246 salariés de l’usine avait en effet été le jouet politique de Le Pen et Macron lors de l’entre-deux-tours de la présidentielle où ils s’étaient tous deux invités sur le parvis de l’usine. Quelques mois plus tard, le président y était même retourné pour tirer profit de la reprise annoncée par l’industriel Nicolas Decayeux, alors que son image de président des riches commençait très sérieusement à s’installer sur fond de suppression de l’ISF. Relayée avec enthousiasme par les médias, dont BFMTV applaudissant la victoire d’un exécutif capable d’enrayer, d’un coup d’un seul, la « malédiction » de Florange et d’humilier sur son terrain l’opposition incarnée alors par François Ruffin, l’opération politique de Macron n’aura cependant pas fait long feu.

Près d’un an et demi après, le vrai visage de l’opération politico-médiatique est exposé en pleine lumière par la décision scandaleuse du ministère du Travail qui protège sciemment Whirlpool et ses intérêts. Alors que l’inspection du travail avait refusé ces licenciements au cours de l’été 2018 en arguant du fait que les raisons économiques invoquées n’étaient pas justifiées, c’est un courrier émanant de la ministre du Travail qui porte le coup de grâce à la trentaine de travailleurs protégés dont le sort était en suspens. Selon elle : « l’employeur démontre l’existence de menaces pesant sur la compétitivité du groupe » […] « Par conséquent, la cause économique alléguée à l’appui de la demande d’autorisation de licenciement est établie ». De travailleurs « protégés » il n’est plus question.

Le gouvernement Macron : conseil d’administration du grand capital

Ces attaques incessantes contre les droits élémentaires des salariés et le cynisme brutal avec lequel Macron et ses ministres s’en prennent aux travailleurs, pour le seul bénéfice des grands groupes qui s’enrichissent sur le dos de la société, révèlent chaque jour un peu plus la véritable fonction de ces gouvernements : administrer directement et sans médiation les intérêts du capital et protéger à toute force son image.

Cette autorisation de licenciement formulée par le ministère du travail a la prétention de marquer du sceau de la nécessité économique (et donc de la légitimité) la décision inique de Whirlpool de délocaliser l’usine, alors même que celle-ci engrange de juteux profits. Le gouvernement Macron n’est en définitive que le valet de la dictature patronale qui broie chaque jour la vie de millions de salariés par le harcèlement managérial comme à la SNCF, l’augmentation des cadences comme à PSA ou par le licenciement pur et simple comme à Continental, Goodyear, Ford et Whirlpool. Il faut que cesse ce modèle économique qui fait de la misère du grand nombre la condition de la richesse du petit.

 
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