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La Izquierda Diario
16 de mai de 2019 Twitter Faceboock

La police Française arrête Josu Urrutikoetxea, figure de l’indépendantisme basque
Lola Alduna

Josu Urrutikotxea, ancien dirigeant de l’ETA et personnage important dans la nouvelle voie pacifique dans laquelle s’est engagée la gauche indépendantiste basque a été arrêté aujourd’hui à Sallanches. Cette collaboration entre les gouvernements espagnol et français démontre une volonté commune d’en finir radicalement avec l’indépendantisme basque. 

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Photo : © Gari Garaialde

Ce jeudi matin, le gouvernement espagnol vient d’arrêter en collaboration avec la police française Josu Urrutikoetxea. Militant de l’ETA depuis les années 1970, il a été retrouvé à Sallanches, en Haute-Savoie, lorsqu’il se dirigeait à l’hôpital de cette même ville.

Josu Urrutikoetxea était un des dirigeants de l’ETA depuis 1975, et depuis plusieurs années il a eu un rôle important dans le processus de pacification de l’organisation. En 2011, accompagné de David Pla et de Iratxe Sorzabal, il a attendu à Oslo les représentants espagnols dans le but de renouer le dialogue. Ces derniers ne se sont jamais présentés. C’est aussi lui qui a donné la voix à la dernière déclaration de l’organisation, en annonçant sa complète dissolution. Il s’inscrit ainsi dans la nouvelle voie de la gauche indépendantiste basque, qui essaye de fermer une étape du passé afin de pouvoir en commencer une nouvelle, « démocratique » et pacifique.

Toutefois, son arrestation ne semble pas aller dans cette voie. En effet l’État Français compte l’emprisonner immédiatement en raison d’un jugement émis en 2017, condamnant Josu Urrutikoetxea à 8 ans de prison en raison de son appartenance au groupe terroriste ETA entre 2011 et 2013 ; époque où, rappelons-le, les dirigeants de cette même organisation (et donc Urrutikoetxea lui-même) amorçaient déjà une démarche de pacification. 

Cette interpellation s’est faite de manière conjointe avec l’État Espagnol, qui a pour habitude de demander aux gouvernements français de lui « rendre » les prisonniers politiques basques pour les emprisonner en Espagne, ce qui s’est fait de nombreuses fois. 

Les réactions ne se sont pas fait attendre. Arnaldo Otegi, coordinateur principal de EH Bildu, a affirmé que cette arrestation se fait dans un « contexte autoritaire », où trois autres basques ont été arrêtés car possédant des photographies des prisonniers basques, et où 27 députés catalans ont été accusés d’appartenir à des organisations criminelles (c’est-à-dire indépendantistes). 

En réalité, cette arrestation va tout à fait à l’encontre du nouveau processus de paix et d’institutionnalisation que recherche la gauche indépendantiste basque. Une situation qui peut paraître paradoxale alors que pendant des années, les gouvernements espagnols et français ont dénoncé le « terrorisme séparatiste » et l’usage illégitime de la violence, et ont toujours revendiqué la « paix ». Cette attitude très agressive vis à vis des organisations indépendantistes, alors que les braises sont encore chaudes, notamment en catalogne où le processus profond de lutte contre le régime espagnol est loin d’être refermé, pourrait bien jouer un rôle de radicalisation de populations qui continuent à résister au pouvoir autoritaire de Macron et surtout de la couronne espagnole.

 
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