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La Izquierda Diario
17 de mai de 2019 Twitter Faceboock

Mépris et flicage
Flicage des précaires : le Sénat veut la fin des allocations en cas d’absentéisme scolaire
Nicolas Arnaiz

Les sénateurs ont voté ce mardi 14 mai un amendement à la loi « pour une école de la confiance » , dite plus communément loi Blanquer. Ce dernier prévoit la suppression des allocations familiales en cas d’absentéisme scolaire de la part de l’un des enfants : une vielle lubie de la droite qui refait parler d’elle.

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Crédit photo : reynermedia via Flickr CC

Mardi dernier commençait la lecture du texte de la Loi Blanquer par le Sénat : à cette occasion a été voté un amendement proposé par Bruno Retailleau, chef de file des sénateurs LR. Ce dernier annonce « lutter contre l’absentéisme scolaire » en instaurant un « contrat de responsabilité parentale » entre la famille et l’établissement scolaire.

Que se cache-t-il donc derrière cette formule alambiquée ? Tout simplement la suppression des allocations pour les familles dont l’un des enfants serait absent a l’école pour « au moins quatre demi-journées sur un mois ». Seulement deux jours par mois, voila qui suffit à couper les vivres aux familles les plus précaires.

Ce système, qui a déjà prouvé son inefficacité par le passé, n’a en fait pour réel objectif que l’intensification du flicage dont les familles les plus démunies font déjà l’objet. Ce n’est d’ailleurs pas une coïncidence si cet amendement a été porté par LR : la loi Ciotti, mise en place sous la présidence Sarkozy puis abrogée en 2013, prévoyait déjà des mesures similaires. Une vielle lubie de la droite, remise sur le tapis encore et encore depuis près de dix ans.

La contradiction est d’ailleurs limpide dans les mots mêmes de ceux qui défendent cet amendement : ces derniers indiquent, à raison, que « l’absentéisme est plus élevé dans les établissements socialement défavorisés ». Soit. La réponse serait donc, selon eux, d’accroître plus encore cette précarité dont eux-mêmes avouent qu’elle pousse les élèves à l’absentéisme !

Et si le gouvernement affiche son désaccord avec cet amendement, espérant sans doute s’offrir un semblant de revers social à la veille des élections européennes, Jean-Michel Blanquer a par la suite déclaré que l’idée d’instaurer une « responsabilité au travers d’un contrat » était « tout à fait recevable ». Autant donc dire que si la forme le dérange, Jean-Michel Blanquer ne trouve en réalité pas grand-chose à redire sur le fond de cette réforme. Seul problème à ses yeux, il souhaiterait que le sujet soit abordé « dans un contexte plus large, pas au travers de cette loi ». Bien sûr, aucun commentaire au sujet des conséquences totalement désastreuses qu’une telle mesure aurait pour les plus précaires.

Le texte n’est cependant pas définitivement accepté : reste encore à le faire passer devant une commission mixte paritaire, avant de le renvoyer devant l’assemblée. Rien n’est donc joué pour l’instant, si ce n’est bien sûr que les sénateurs de droite préfèrent encore et toujours traquer les pauvres, le tout enduit d’un nouveau revers paternaliste. Sous couvert d’un amendement qui se veut protecteur pour les élèves, il s’agit en réalité là d’un texte qui creuserait encore un peu plus les inégalités entre les élèves, dans la droite et triste lignée des lois Blanquer et Parcoursup.

 
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