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3 de juin de 2019 Twitter Faceboock

Manifestation
Manifestation nationale des cheminots à Paris contre la réforme ferroviaire et la souffrance au travail

Alors que les procès de France Télécom ont exposé la brutalité du management, les suicides se multiplient depuis deux ans à la SNCF, sous fond d’application de la réforme ferroviaire adoptée en 2018. C’est dans ce contexte que les quatre syndicats représentatifs appellent à une manifestation nationale ce mardi 4 juin à Paris.

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Depuis janvier, il y a déjà eu plus de 20 suicides de cheminots. Le dernier en date, le 6 mai, au moment même où se tenait le premier jour du procès France Télécom. Une liste macabre qui doit cesser.

Un an après la bataille du rail contre la casse du service public, la direction a redoublé d’agressivité, et traque les récalcitrants en se préparant à l’ouverture à la concurrence. Les quatre syndicats représentatifs ont ainsi appelé à une journée de mobilisation avec manifestation nationale à Paris, sans appel à la grève nationale, mais avec des débrayages et certains préavis de grève locaux. Même si l’on pourrait déplorer une certaine logique de chercher à "peser dans les négociations", toutes les organisations syndicales s’accordent unanimement sur le constat de conditions de travail qui n’ont fait qu’empirer depuis l’année dernière.

Harcèlement moral, management agressif, mise au placard... la SNCF mobilise tous les moyens disponibles pour réprimer les éventuels récalcitrants, et préparer l’ouverture à la concurrence en poussant à l’extrême la productivité des salariés. Tous ceux qui ont pu en particulier s’illustrer au moment de la résistance lors de la bataille du rail l’an dernier en font les frais.
Un syndicaliste, dont les propos sont rapportés dans Le Parisien, témoigne de l’atmosphère sous haute-pression imposée par la direction de la SNCF : « La direction veut dégraisser le mammouth avant l’ouverture à la concurrence, en 2020, et augmenter très fortement la productivité en échange de la reprise partielle de la dette par l’État (NDLR : 35 milliards d’euros). »

C’est le cas d’Eric Bezou, syndicaliste et lanceur d’alerte, menacé aujourd’hui de radiation pour s’être mis à genoux en signe de protestation face à la soumission et à la souffrance infligées aux salariés, l’entreprise arguant de son côté qu’il s’agirait d’un manque de respect d’Eric envers ses supérieurs hiérarchiques, ce dernier faisant preuve d’un « comportement anxiogène ». En réponse, un élan de solidarité s’est cristallisé autour de cette affaire représentative d’une situation plus générale et de la détermination à s’y opposer : menant à une vaste campagne de soutien de dizaines de syndicats et personnalités.

Le cas d’Eric n’est malheureusement pas le seul, et cela permet de constater qu’il s’agit d’une politique brutale recherchée par la direction de l’entreprise. Une brutalité qui évoque immédiatement les procès France Télécom. Pour la première fois, des dirigeants sont jugés pour leur responsabilité ou leur complicité dans le plan de restructuration entre 2007 et 2010 ayant engendré une série de suicides et recourant à des méthodes similaires à celles de la SNCF aujourd’hui.
Ces procès sont emblématiques non seulement parce qu’ils exposent pour la première fois publiquement la froideur méthodique avec lesquelles les dirigeants ont systématiquement mis en place des plans de licenciements à tout prix, mais aussi car il s’agit de l’ouverture à grande échelle d’une boîte de Pandore jusque-là reléguée dans la sphère privée : la souffrance au travail.

Véritable nœud de l’exploitation salariale, la question de la souffrance au travail heurte directement la bourgeoisie, qui tente par tous les moyens de limiter cette question à de simples problèmes privés. Or les chiffres en France sont particulièrement accablants. La SNCF représente à ce titre la pointe avancée d’une tendance plus générale qui génère une souffrance incommensurable. En France, on compte entre 300 et 400 suicides par an sur le lieu de travail – sans compter ceux qui sont directement liés aux conditions de travail. La 2ème chambre civile de la Cour de cassation avait ainsi reconnu en 2007 qu’un suicide commis « à un moment où le salarié ne se trouve plus sous la subordination de l’employeur constitue un accident du travail dès lors que le salarié établit qu’il est survenu par le fait du travail ».

Cette manifestation du 4 juin est importante car il s’agit d’une occasion pour l’ensemble de cheminots qui vont se mobiliser pour s’emparer d’un problème qui touche au cœur l’exploitation du rapport salarial, et faire de la souffrance au travail un problème politique. L’isolement que cherche à imposer la direction sur ce sujet se brise peu à peu : contre la marchandisation du service public, et toutes les réformes que Macron entend encore passer, des retraites à la sécurité sociale en passant par les fonctionnaires, les cheminots peuvent montrer une nouvelle fois la voie à suivre !

 
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