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La Izquierda Diario
4 de juin de 2019 Twitter Faceboock

Répression syndicale
Alexis, syndicaliste sanctionné pour un message Whatsapp, obtient la condamnation de la RATP
Tifenn Marin

Alexis Louvet, chauffeur de bus à la RATP et militant syndical avait écopé d’un mois sans salaire pour un message WhatsApp privé, jugé injurieux par sa direction. Aux prud’hommes, il a obtenu l’annulation de sa sanction et la RATP, condamnée à lui verser 2 374 € de dommage et intérêts, a fait appel.

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Le 25 avril 2018, dans le dépôt Pleyel de Saint-Denis, où il exerce son métier de chauffeur de bus pour la RATP, Alexis était convoqué pour un entretien préalable à une sanction pouvant aller jusqu’à la révocation. Le motif invoqué était un message WhatsApp privé – transmis par un collègue – et jugé « injurieux » envers la direction. Malgré des excuses immédiates, il a par la suite été convoqué en conseil de discipline où il a écopé de la perte d’un mois de salaire. Alexis avait alors saisie le tribunal des Prud’hommes pour l’annulation de cette sanction, mettant en avant la discrimination syndicale dont il faisait l’objet.

En effet la direction a plutôt saisi l’occasion et utilisé un prétexte fallacieux pour tenter de casser un militant syndical mobilisé contre l’ouverture du marché aux entreprises privées que préparait la RATP à ce moment-là. Alexis était alors délégué CGT (maintenant syndiqué à Solidaires) et représentait une entrave à la politique d’ouverture à la concurrence qui se traduisait dans l’entreprise par un management extrêmement agressif.

La direction a mis en place une compétitivité entre les employés en les poussant à faire des heures supplémentaires et à travailler pendant leurs jours de repos, engendrant d’important risques pour la sécurité des employés mais aussi des usagers, quand un chauffeur de bus se voyait forcé à conduire plus que les 7 h maximum par jours. Les conditions de travail imposées sont toujours plus difficiles et favorisaient les accidents et maladies du travail telles que les troubles musculo-squelettiques ou autres problèmes d’articulation, que la direction refuse de reconnaître.

Parce que Alexis se bat contre la politique de la RATP qui dégrade les conditions de travail des employés, l’entreprise a décidé d’y répondre par la répression en le convoquant en conseil disciplinaire et en lui retirant un mois de salaire, espérant ainsi museler toute contestation. Il ne s’est pas laissé faire et a aujourd’hui gagné aux prud’hommes face à sa direction qui doit lui verser 2 374 € de dommages et intérêts. Mais la RATP ne compte par en rester là, et a fait appel.

La répression dont est victime Alexis Louvet n’est pas un cas isolé, d’autres syndicalistes sont mis sur la sellette par leur direction à cause de leur engagement militant. C’est le cas d’Eric Bezou, cheminot et syndicaliste à Sud Rail, menacé de licenciement pour s’être mis à genoux devant sa direction afin de dénoncer la soumission imposée aux travailleurs de la SNCF. Pour lutter face à une répression savamment orchestrée par le patronat afin d’imposer sans opposition les pires conditions de travail, il est urgent d’organiser la riposte collective.

Crédits photo : LP/Gwenael Bourdon

 
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