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La Izquierda Diario
6 de juin de 2019 Twitter Faceboock

Bientôt les coups de fouets ?
Des urgentistes réquisitionnés de force par la gendarmerie
Aminata Niakaté

La lutte des urgentistes contre la dégradation des services de santé se radicalise. Commencé il y a trois mois, les grévistes expriment maintenant leur épuisement professionnel, dû aux conditions de travail déplorables, en se mettant en arrêt maladie. Réponse violente de la direction, qui envoie la gendarmerie au domicile des travailleurs pour les réquisitionner. A quand les coups de fouets et le travail forcé ?

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Crédits photo : LP/Yves Fossey

Il est 1 heure du matin dans la nuit de mardi à mercredi dernier. La gendarmerie frappe à la porte du domicile de Marie, la réveillant ainsi que ses enfants. Objectif : lui faire parvenir une réquisition pour l’obliger à prendre six heures plus tard, malgré la fatigue accumulée, à 7h du matin, un poste aux urgences de l’hôpital de Lons-le-Saunier, dans le Jura. On se croirait dans un film de guerre. La démocratie version Macron devienne de plus en plus un champ de guerre, la guerre d’une classe sociale qui utilise tous les moyens pour imposer des mesures d’ajustement qui ne servent qu’à calmer leur soif de profits.

Des hôpitaux avec plus des patients et moins de lits, moins de personnel soignant, les travailleurs de la santé crient leur épuisement, mais ils se battent aussi contre la dégradation sans précédents des soins prodigués et la maltraitance aux usagers à laquelle ils sont poussés. C’est cette violence institutionnelle qui engendre de l’agressivité chez les usagers, en même temps que des burn-out ou dépressions chez les travailleurs. Une chaîne des victimes d’un système guidé par la maximisation des bénéfices, pour lequel les travailleurs ne sont qu’une source de profits, du travail à la consommation.

Une radicalisation du conflit

Habituellement, la grève dans le monde hospitalier reste en grande partie invisible : les infirmiers et les aides-soignants sont « assignés », ils travaillent, s’identifiant simplement par la portée d’un bracelet de gréviste. Ils sont obligés d’assurer un service minimum. Mais, à l’heure actuel, le service normal est déjà au même niveau que le service minimum, du fait du manque de personnel. A presque trois mois du mouvement sans aucune avancée, certains ont décidé de radicaliser leurs méthodes pour se faire entendre. Divers services ont cessé le travail. A l’hôpital Laroboisire, à Paris, une équipe entière s’est mise en arrêt maladie. Le directeur de l’hôpital de Lons-le-Saunier déclare le directeur au micro d’Europe 1 "Nous avons quelques médecins qui ont franchi une ligne rouge en utilisant l’arrêt maladie comme moyen de pression dans le débat. C’est grave"  ; c’est lui qui a demandé au préfet de faire intervenir les forces de répression pour réquisitionner les soignants. Mais en réalité, ce qui est grave, est l’état dans lequel les gouvernements successifs ont mis nos hôpitaux publics, à force de coupes budgétaires, diminuant les moyens matériels et humains pour accueillir un public qui a doublé les vingt dernières années. Mais c’est la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, la lauréate du cynisme. Au micro de France Inter et sans rougir, elle se permet de déclarer, à propos des arrêts maladie des urgentistes : « ce n’est pas bien, ça entraîne une surcharge de travail pour les autres. En faisant cela on accroît la fatigue des autres ». Mais, depuis quand Agnès Buzyn se préoccupe de la fatigue de travailleurs de la santé, alors qu’un sur deux sont en burn out, et que les suicides continuent ? Le collectif inter-urgences qui rassemble les 75 services en lutte actuellement, réclame des mesures immédiates, telle que l’arrêt de la fermeture de lits, une hausse des rémunérations de 300 euros net et une augmentation significative des effectifs.

A l’hôpital public, comme à la SNCF, il faut arrêter les réformes qui ne servent qu’à engraisser encore plus une poigné de capitalistes au prix de la santé et la vie des travailleurs et des usagers.

 
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