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7 de juin de 2019 Twitter Faceboock

La RATP licencie des agents de sûreté musulmans

Ce lundi, Mediapart a publié une enquête accablante, qui révèle que depuis les attentats de 2015, la RATP a mené ce que certains qualifient de « chasse aux sorcières » contre ses agents de sûreté musulmans. En cause, un prétendu extrémisme chez les employés.

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Depuis 2015, un nombre alarmant d’agents de sûreté musulmans, supposés musulmans ou proches de musulmans, ont connu des difficultés dans le renouvellement de leur port d’armes, qui dans certains cas est allé jusqu’à la révocation de l’employé en question.

Les concernés sont agents du Groupe de Protection et de Sécurité des Réseaux (GPRS), chargés de sécuriser le réseau de la RATP. La RATP a par le passé fait l’objet de plusieurs articles, l’accusant d’abriter des musulmans radicaux, notamment en lien avec le (bref) passage de Samy Animour, un des terroristes du Bataclan. Depuis, malgré des atteintes au principe de laïcité rares, certains employés s’étaient alarmés dans les médias https://www.buzzfeed.com/fr/davidpe..., qui traduiraient une recrudescence de la radicalité au sein de la RATP.

Imran, notamment, a subi une perquisition administrative à son domicile le 10 décembre 2015. Le 17, il est révoqué pour faute grave. La RATP invoque l’impossibilité pour lui d’exercer le métier d’agent de sécurité du fait de l’abrogation de son port d’arme. C’est en contestant ce retrait qu’Imran a découvert ce qui lui était reproché : «  appartenir au mouvement fondamentaliste tabligh » ainsi que de « nombreux voyages en Inde et au Pakistan », tous démentis. Le tribunal administratif d’Amiens lui a donné raison le 24 mai 2018, soulignant que le préfet de police de Paris s’était fondé sur «  des faits dont la matérialité n’était pas établie, ou qui ont fait l’objet d’une appréciation manifestement erronée  ». Imran n’a pourtant jamais été réintégré.

Juridiquement, le code des transports prévoit deux cas où les agents de la RATP peuvent être déchus de leurs fonctions lorsqu’ils « ne peuvent être affectés ou maintenus dans ce service interne de sécurité  » : s’ils ont fait l’objet d’une « condamnation », ou bien s’ils ont commis des actes «  contraires à l’honneur, à la probité ou aux bonnes mœurs ou de nature à porter atteinte à la sécurité  ». Si le principe de précaution semble autorisé par la loi, il ne doit en aucun cas servir de couverture à «  l’arbitraire, par le biais de l’amalgame entre l’origine, la religion, et terrorisme », comme le rappelle Maître Claude Benjamin Mizrahi, avocat d’Imran.

Les agents du GPSR doivent être titulaires d’un permis de port d’arme de la préfecture de Paris, renouvelable tous les cinq ans après une enquête administrative, traditionnellement rapide. Cependant après les attentats de 2015, la préfecture a considérablement renforcé la procédure administrative, et les enquêtes atteignent des délais extraordinaires. Mediapart a interrogé plusieurs agents du GPSR, selon lesquels « tous ceux pour qui ça traînait étaient musulmans »

L’enquête de Mediapart révèle ainsi les cas de dix autres agents, tous ayant fait l’objet d’un licenciement car suspectés de terrorisme, tous relaxés par la justice.

La pratique alarme, et parle, de l’islamophobie qui s’est infiltrée jusqu’au niveau institutionnel ; et l’absence de recours légal pour les agents de sécurité démis de leurs fonctions.

Crédit photo : WITT/SIPA

 
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