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La Izquierda Diario
10 de juin de 2019 Twitter Faceboock

Grève et manifestation nationale
Manifestations des personnels hospitaliers contre la casse de l’hôpital et la souffrance au travail
Cléo Rivierre

Journée de mobilisation ce mardi 11 juin, après trois mois de mobilisation dans les hôpitaux et un mouvement qui se durcit chez les paramédicaux des urgences.

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Jeudi dernier, plusieurs centaines de paramédicaux des urgences manifestaient dans les rues de Paris. Ces infirmières, aides-soignantes, brancardiers, etc. exigent des moyens pour les hôpitaux et protestent contre des conditions de travail terribles et destructrices. Une délégation de grévistes avait en effet été reçue par la DGOS (Direction Générale des Organisations Sociales), mais le ministère n’avait apporté absolument aucune réponse satisfaisante aux paramédicaux et ce alors que Buzyn présentait son « Plan Santé » devant le Sénat.

Un mouvement qui dure, s’étend et se durcit

Ainsi, les personnels mobilisés appelaient à « un renforcement » du mouvement de grève. Appel suivi puisque ce lundi, ce sont 95 services d’urgences qui étaient en grève, selon la carte du Collectif Inter-Urgences – contre environ 80 la semaine dernière. Ce collectif, organe d’auto-organisation des grévistes, joue un rôle très important dans la mobilisation, en la structurant à l’échelle nationale et en organisant des actions.

Dans ce mouvement qui dure depuis trois mois, de nombreuses lignes rouges ont été franchies de la part des autorités. On pense notamment aux scandaleuses réquisitions de force d’urgentistes par la gendarmerie, ou encore à la ministre de la santé qui faisait la morale aux grévistes, les accusant de créer une « surcharge de travail pour les autres » et ajoutant un paternaliste « ce n’est pas bien ». Alors que le problème central contre lequel les paramédicaux sont justement mobilisés, c’est la surcharge de travail qui crée de nombreux burn-outs voire même, dans le pire des cas, des suicides.

C’est pourquoi les urgentistes exigent des mesures immédiates telles que la création de 10 000 postes, la réouverture de lits « pour atteindre l’objectif de zéro brancard dans les couloirs cet été » et une hausse de salaire de 300 euros nets.

Ainsi, c’est un nouvel appel à la mobilisation et à la grève partout en France qui a lieu pour le mardi 11 juin, à l’initiative de quatre syndicats de la santé publique : la CGT, FO, SUD et la CFE-CGC. Ces organisations syndicales précisent que cette journée de mobilisation va notamment se matérialiser par une manifestation à Paris qui doit permettre aux manifestants « de venir porter leurs revendications devant le ministère de la Santé » – même si l’on peut déplorer l’objectif affiché d’ouvrir des « négociations nationales » avec un gouvernement qui a montré comment il entendait « négocier ». Les syndicats seront rejoints par les paramédicaux du collectif Inter-Urgences.

Contre les coupes budgétaires et la souffrance au travail

Les soignants mobilisés témoignent de la situation de détresse et d’épuisement dans laquelle ils se trouvent, rendant impossible d’effectuer leur travail sans risque pour eux ou leurs patients. Ainsi, une infirmière des urgences de Lons-le-Saunier écrivait dans une lettre publiée sur les réseaux sociaux, expliquant faire grève pour ses conditions de travail et donc se battre pour les patients : « On ne peut plus travailler dans ces conditions nous sommes au bord de la dépression ».

Le procès France Telecom, en cours depuis un mois, nous rappelle que le management agressif qui tue au service de la rentabilité n’est pas une nouveauté, mais bien un problème qui touche au cœur de l’exploitation salariale. En Macronie, les cas de souffrance au travail se font de plus en plus nombreux et visibles. On pense notamment aux cheminots qui manifestaient la semaine dernière, « contre la méthode France Telecom » avec des slogans explicites tels que « Vos réorganisations, nos morts » ou « Plus jamais à genoux ». Ce dernier slogan rappelant le cas d’Éric, cheminot menacé de licenciement par la direction pour avoir justement protesté contre la soumission imposée aux salariés.

Si la bourgeoisie cherche par tous les moyens à faire écraser et à faire taire les travailleurs et tous ceux qui se révoltent, il n’est pas dit que ceux-ci se laissent faire. Les Gilets jaunes ont constitué une première vague de soulèvement populaire et Macron n’en a pas fini de dérouler son programme anti-social, avec notamment les réformes de la fonction publique, de l’assurance-chômage et des retraites. Or, la situation sociale reste extrêmement tendue et la colère de « ceux d’en bas » contre Macron et son monde est toujours bien présente et pourrait déboucher sur des mouvements d’ampleur, comme en témoignent la mobilisation des urgentistes et celle, la semaine dernière, des cheminots, mobilisés contre la casse du service public et, là encore, la souffrance au travail. Le monde du travail montre qu’il entend relever la tête face à l’exploitation.

Crédit photo : Page facebook du Collectif Inter-Urgences

 
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