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La Izquierda Diario
10 de juin de 2019 Twitter Faceboock

Solidarité ?
La journée de solidarité de la Pentecôte. 2,9 milliards sur le dos des travailleurs !
Sadek Basnacki

Pourquoi est-ce que les profits des grands patrons ne seraient pas pris, non pas un jour par an, mais tous les jours pour financer la santé, les retraites, l’éducation, les transports etc. ?

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Crédit photo : Faujour

En 2004 le gouvernement Rafarin, après la canicule de 2003 qui a fait 15.000 morts en trois semaines, a mis en place la journée de solidarité. Jusqu’en 2008, les salariés devaient aller travailler gratuitement le lundi de la pentecôte puisque le salaire dû était reversé à la Caisse nationale de solidarité, créée spécialement à cet effet. C’est l’employeur qui verse périodiquement 0,30 % de la masse salariale brute à titre de cotisation à l’URSSAF qui transmet à la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie. Pour rembourser son patron, chaque salarié doit travailler une journée supplémentaire chaque année, au lieu qu’elle soit chômée.

En 2008, le jour est reconsidéré comme « férié » mais l’employeur peut supprimer un jour de congé ou de RTT, ou bien comme disent tous les médias « offrir » cette journée à leurs salariés. Merci patron de ne pas me faire travailler gratuitement et de permettre au gouvernement de me retirer un jour férié. Ce jour peut même être décalé à n’importe quel jour de l’année, rien à voir donc avec de la solidarité mais une attaque pour obtenir encore plus de travail gratuit.

Cette année, cette ristourne au patronat représentera 2,9 milliards d’euros. Cette trouvaille permet à l’État de faire porter directement sur le dos des travailleurs et plus sur celui du patronat, la charge de payer pour les soins des personnes âgées. Il se décharge d’investir massivement dans le secteur de la santé. On a pu le voir avec les scandales à répétitions dans les EHPAD, la situation s’aggrave chaque année et ce n’est pas dû à un manque de solidarité intergénérationnelle mais bel et bien au manque d’investissement de l’État. 2,9 milliards, c’est une goutte d’eau comparé aux profits engendrés par le grand patronat et par les actionnaires.

Le gouvernement Macron a reculé après avoir avancé l’idée d’une nouvelle journée de solidarité mais il faut s’attendre à ce qu’il revienne à la charge. Macron et son rouleau compresseur néolibéral n’ont que faire des personnes âgées et handicapées qui ne sont à leurs yeux qu’un poids pour la société. Ainsi, il demande aux travailleurs de faire un effort de leur côté avec cette journée de solidarité et de l’autre ils demandent aux retraités de faire un effort pour les jeunes avec la baisse de la CSG, tout en rognant sur les conditions de travail en EHPAD : toujours moins de moyen, toujours moins de personnel et des conditions d’accueil inhumaines.

Ce n’est pas parce que nous travaillerons plus longtemps (et plus gratuitement) que nos seniors seront bien traités, mais en développant des services publics de santé de qualité et en mettant fin à l’exploitation des salariés au service d’une minorité.

C’est pourquoi l’État se doit d’investir dans les hôpitaux publics et les EHPAD que ce soit en termes d’infrastructure qu’en termes de personnels afin que les personnes âgées et handicapées puissent bénéficier de soins de qualités et de conditions de vie descentes. L’argent pour ces investissements existe, il s’agit de le prendre au bon endroit. Pourquoi est-ce que les profits des grands patrons ne seraient pas pris, non pas un jour par an, mais tous les jours pour financer la santé, les retraites, l’éducation, les transports etc. ?

 
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