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La Izquierda Diario
10 de juillet de 2019 Twitter Faceboock

Violences policières
Scandale de la disparition de Steve à Nantes : le Défenseur des droits contraint de sortir du silence
Joël Malo

Depuis la charge de police en bord de Loire à Nantes dans la nuit du 21 au 22 juin, Steve n’a plus donné signe de vie. Inhabituelle et rapide déclaration de Castaner, saisie de l’IGPN et maintenant saisine du Défenseur des droits : l’Etat cherche à se mettre à l’abri d’un potentiel scandale.

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Depuis la nuit du 21 au 22 Juin, Steve, un jeune de 24 ans est toujours porté disparu. La police avait réprimé les fêtards (gaz lacrymogènes, tirs de LBD, chiens, charges...) en bord de Loire, 14 personnes ont été repêchées par les pompiers, et il a fallu plusieurs heures pour s’apercevoir de la disparition de Steve.

Face à la perspective d’un scandale d’État, après une année où la police (des bureaux de Beauvau au simple matraqueur) a fortement tapé sur les manifestants et les illusions qu’ils pouvaient encore avoir sur elle, Castaner a eu du flair en se démarquant rapidement de l’attaque et en convoquant l’IGPN. Une manière comme à chaque fois de faire en sorte que l’enquête aboutisse sur rien ou trois fois rien d’ici plusieurs années mais aussi de ne pas enquêter sur la préfecture qui est pourtant une des plus féroces et brutales de France comme les images de manifestation ces dernières années à Nantes et en Loire-Atlantique, notamment à Notre-Dame-des-Landes, permettent de le voir. Alors que la recherche de Steve est confiée à la police, qui n’a bien entendu aucun intérêt à faire toute la lumière sur cette affaire mais plutôt à la laisser se faire oublier, ce sont tous les corps d’Etat qui se mettent à l’abri d’une déflagration éventuelle ; une tête pourrait tomber, tout le monde essaye de mettre la sienne à l’abri.

Dernier en date, le Défenseur des Droits, Jacques Toubon, s’est « auto-saisi » de l’affaire alors que des collectifs avaient déposé plainte « pour mise en danger de la vie d’autrui et violences volontaires par personnes dépositaires de l’autorité publique ». Cette autorité qu’est le Défenseur des Droits pourrait être définie comme la bonne conscience de l’Etat, qui permet des sorties médiatiques et des préconisations houleuses sur toutes les pires politiques de l’Etat : répression contre les migrants, contre les manifestants etc. De vives réactions qui ne servent à rien d’autre que dire que l’Etat a enquêté sur de potentielles « bavures » de la police et s’efforcer d’en dissimuler le caractère systématique. Rappelons que le même Jacques Toubon avait couvert en 2016 le gendarme qui avait tué Rémi Fraisse à Sivens : il est un des rouages de l’institution policière et de sa légitimation. Pourtant, le fait qu’il se manifeste témoigne de la gravité de la crise et des précautions que doit prendre le pouvoir.

Cette affaire est encore une autre tragique illustration du rôle de la police comme pouvoir de répression sur les classes populaires, dans les quartiers, dans les fêtes, sur les lieux de travail, dans les luttes etc. On ne peut pas faire confiance à l’Etat pour enquêter sur sa police, qui le sert si fidèlement, pour faire toute la lumière sur cette affaire. Vérité et justice ne pourront être rendues que par l’instauration d’un rapport de force, ce que les Nantais commencent déjà à mettre en œuvre.

 
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