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11 de juillet de 2019 Twitter Faceboock

Internationalisme
Université d’été. « Qu’Alger redevienne la Mecque des révolutionnaires », l’Algérie au cœur des débats
Mones Chaieb

L’université d’été de la Fraction Trotskyste, qui a eu lieu du 3 au 8 juillet, a été l’occasion d’aborder à plusieurs reprises la situation et le mouvement en Algérie. Du Soudan à l’Algérie, autant de contrepoints qui permettent de rompre avec le fatalisme selon lequel il n’y aurait pas d’alternative au capitalisme et à ses crises répétées.

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En effet, force est de constater que les premiers processus révolutionnaires du troisième millénaire ont eu lieu dans les nations dites arabes, mettant ainsi à bas les clichés préfabriqués par l’impérialisme selon lesquels ces peuples, plongés dans l’obscurantisme d’un islam rigoriste et rétrograde, seraient soumis aux volontés de dictateurs sanguinaires, ou de milices armées et autres puissances étrangères. Les peuples algériens et soudanais ont montré – comme les peuples tunisiens et égyptiens avant eux – que loin d’être des objets passifs, ils étaient eux aussi sujets politiques, au point que leur surgissement sur le devant de la scène avait permis de « dégager » des têtes de régime qui paraissaient pourtant indéboulonnables, à l’instar d’un Ben Ali en Tunisie et d’un Moubarak en Egypte, puis d’un Bouteflika en Algérie et d’un Al Béchir au Soudan.

Si ces processus révolutionnaires soulèvent donc un certain nombre de questions, en particulier sur la signification de l’accentuation de la répression contre les masses populaires algériennes et soudanaises mobilisées, et sur les conclusions à en tirer, huit ans après les soulèvements de 2011 alors que la nouvelle phase est caractérisée par une vague réactionnaire qui se matérialise dans le coup d’Etat du maréchal Sissi en Egypte, la guerre civile en Lybie et en Syrie, et l’intervention militaire menée par les sous-fifres de l’impérialisme au Yémen, ils posent aussi la question du rôle à jouer par les révolutionnaires sur la scène internationale. En effet, sortie de sa torpeur, l’extrême-gauche peine à rompre avec l’héritage de la période néo-libérale débutée dans les années 1980, et couronnée par la chute du mur de Berlin avec la célèbre phrase de l’idéologue Francis Fukuyama qui décrétait alors « la fin de l’histoire ». Sous couvert de « pragmatisme », les organisations qui se revendiquaient encore du mouvement ouvrier et du marxisme révolutionnaire, s’étaient elles-mêmes mises à accepter les nouvelles règles du jeu dictées par un impérialisme alors devenu hégémonique, perdant de vue l’horizon du communisme et la perspective de la prise du pouvoir par les travailleurs, allant de compromissions en compromissions, acceptant de négocier les miettes, et dissolvant peu à peu leurs programmes derrière des mots d’ordre minimaux qui tendaient à s’accommoder avec le capitalisme.

Mais c’est précisément en désarmant la classe ouvrière, en omettant son rôle central pour s’attaquer à la machine capitaliste par des constructions rhétoriques creuses qui s’acharnaient à nier son existence, ou à n’en faire qu’un élément parmi une somme de « mouvements sociaux », et par conséquent en abandonnant la perspective d’organiser l’avant-garde de notre classe en parti communiste révolutionnaire, que l’extrême-gauche a laissé la voie ouverte à la réaction impérialiste après les explosions des Printemps arabes. Alors aujourd’hui, quel parti pour quelle stratégie ?

L’université d’été, en présence de camarades ayant milité en Algérie, mais aussi de partout en Europe et en Amérique Latine, a donc été l’occasion de débats et discussions pour réhabiliter le rôle de la classe ouvrière dans les mouvements pour l’indépendance nationale – né, en ce qui concerne le mouvement national algérien, dans les foyers de travailleurs immigrés en banlieue parisienne – et pour définir le rôle que celle-ci peut jouer aujourd’hui dans le processus en cours en Algérie, en menant à bien – et pour de bon cette fois-ci – les tâches de l’indépendance nationale confisquée après 1962, et en prenant à sa charge les aspirations sociales et démocratiques de l’ensemble des exploités et des opprimés afin de s’affirmer comme la seule force sociale en mesure de diriger la locomotive de l’histoire.

Intervention d’Abdennour Maouche au meeting internationaliste de l’université d’été :

 
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