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La Izquierda Diario
18 de juillet de 2019 Twitter Faceboock

Quand "en-même-temps" désigne tout et son contraire
Casse des retraites : il faudra travailler jusqu’à 64 ans pour avoir une pension à taux plein
Krista Wolffe

Entre le discours et les actes, avec Macron, l’écart se creuse. On pourra parler d’un tour de passe-passe ou de la sophistication des "éléments de langage", mais le voici qui parvient par exemple à "ne pas modifier l’âge de départ à la retraite" (62 ans) tout en... modifiant l’âge de départ à la retraite (à partir de 2025, 64 ans).

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Les effets de la réforme Macron

La réforme des retraites depuis longtemps annoncée et qui a fait l’objet "d’arbitrages" depuis des mois entre JP Delevoye, A. Buzyn et les syndicats est présentée par le gouvernement comme une réforme systémique. Entendre : c’est l’ensemble des systèmes de retraites qui va être radicalement transformé, pour être remplacé par un régime universel et qui fonctionne par points. En alignant ainsi les différents régimes existants en un seul, la réforme procède à un nivellement par le bas des pensions de retraite et consiste à faire disparaître la prise en compte de la pénibilité - celle qui gênait déjà tant le candidat Macron. C’est donc la fin des régimes spéciaux qui accordaient quelques droits supplémentaires à des métiers difficiles ou dangereux. Pas très surprenant non plus pour le gouvernement autoritaire : seuls les militaires et les fonctionnaires des "missions régaliennes dangereuses" conservent un droit à partir avant l’âge pivot.

Le système par points existe déjà dans le privé, il prend pour modèles les complémentaires de retraite. Au lieu d’un calcul sur les 25 dernières années, pour le privé, ou sur les 6 derniers mois pour le public, les salarié.e.s vont donc devoir "acheter des points" ouvrant leur droit à une retraite. Evidemment, ce système conduit à écraser les futures pensions des salarié.e.s précaires, ceux et celles qui ont connu des périodes de chômage. Et comme rien ne garantit par avance la valeur du point au moment de partir à la retraite, on devine sans peine que le gouvernement promet toujours plus de précarité à ceux et celles qui n’auront eu que leur travail comme source de revenus.

Et sur le fameux "âge de départ à la retraite" à 62 ans, le gouvernement n’annonce aucun changement. Sauf que s’y ajoute un "âge pivot" ou "âge d’équilibre" à 64 ans en-dessous duquel les pensions subiront une décote : la mesure est présentée comme dissuasive ou incitative, mais elle participe surtout de toutes les mesures coercitives que le gouvernement applique aux salarié.e.s et aux chômeurs.

Le capitalisme, un système de contraintes à abolir

A chaque gouvernement sa réforme des retraites, depuis au moins 1995. Et à chaque fois, on a droit à tout l’inventaire des excellentes raisons de réformer un système qui, en réalité, fonctionnait très bien. Des justifications démographiques aux calculs du PIB, en passant par "les pays voisins qui l’ont fait", chaque réforme des retraites est présentée comme nécessaire, urgente et salvatrice. Mais en réalité, il s’agit toujours d’assurer du rendement à la classe dominante en faisant payer l’addition au travail.

La réforme des retraites l’annonce assez clairement : l’horizon de l’exploitation, c’est la mort au travail des salarié.e.s - d’ailleurs, différentes voix de la classe dirigeante osent déjà le claironner ici ou là.

C’est donc ce système qui repose sur l’exploitation et la fabrication de la misère qu’il faut abolir. Le gouvernement sait qu’il avance en terrain miné sur cette question, il est temps de lui donner une idée de la détermination de notre classe à lutter contre les intérêts de la bourgeoisie.

 
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