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La Izquierda Diario
10 de septembre de 2019 Twitter Faceboock

Soulèvement du peuple algérien
D’Alger à Paris, la mobilisation reprend avec la rentrée sociale
Naguib Audin

Ce dimanche, pour le 1er rassemblement de la rentrée – et le 29ème depuis le début du mouvement populaire en Algérie – rendez-vous devenu hebdomadaire de soutien au hirak, la diaspora algérienne à Paris s’est rassemblée cette fois sur la place Stalingrad pour discuter et débattre sur l’actualité et les perspectives possibles après 6 mois de contestation.

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Photo prise lors du 12ème rassemblement de soutien, le 12 avril dernier Place de la République à Paris

Depuis le 22 février 2019, début du mouvement populaire en Algérie, chaque dimanche sur la place de République à Paris des centaines d’algériens et d’algériennes se rassemblent en soutien au mouvement populaire, pour discuter et débattre sur l’actualité. Et tandis que les jeunes chantent des slogans, des prises de paroles sont organisées dans lesquelles différents points de vue s’expriment.

Le rassemblement de ce dimanche 8 septembre – qui s’est exceptionnellement tenu sur la place Stalingrad faute d’autorisation – a une fois de plus été marqué par la présence de centaines de personnes afin d’exprimer leur solidarité, et de débattre publiquement sur les dernières actualités. Après six mois de contestation de l’autre coté de la Méditerranée contre le régime Algérien, les mots d’ordre étaient focalisés contre le chef de l’état-major de l’armée, Ahmed Gaïd Salah, qui tente d’imposer des présidentielles pour la 3ème fois, alors que les deux dernières échéances électorales (18 avril puis 4 juillet) avaient été catégoriquement rejetées par les algériens descendus en masse dans les rues.

Dans ce contexte , tous les avis étaient unanimes : pas d’élections dans le cadre de ce régime. De plus, la totalité des intervenants ont insisté sur la nécessité de continuer à exiger la libération des détenus politiques et d’opinions. Mais alors que la communauté algérienne en France condamne quasi-unanimement le régime – beaucoup d’entre eux ont été obligés de fuir le terrorisme pendant la décennie noire, l’autoritarisme de l’État, puis la misère pour les plus jeunes – le débat porte essentiellement sur les perspectives à donner au mouvement : dégager le système, mais pour quoi faire ? A ce sujet, les avis sont partagés.

Certains dans la lignée des partis libéraux et réformistes revendiquent une « période de transition » menant à une élection présidentielle. Cette option ne peut aboutir à autre chose qu’à la la continuation de l’exclusion des masses populaires de la scène politique. En effet, tandis que celles-ci descendent massivement dans les rues depuis 6 mois, il s’agirait qu’elles laissent place à un gouvernement provisoire composé de technocrates le soin d’organiser d’abord une transition, avec son lot de réformes libérales anti-sociales commandées par la doxa des institutions financières internationales, puis des élections présidentielles alors que les masses populaires algériennes ont précisément démontré ces 6 derniers mois qu’elles n’avaient pas besoin de président.

Dans le même temps, d’autres voix s’élèvent plutôt pour défendre la perspective d’une assemblée constituante où tous les secteurs de la société seront représentés pour décider des contours de l’Algérie de demain. Si l’exigence démocratique est légitime, elle ne peut se limiter à cela. Pour être véritablement révolutionnaire et ne pas faire déboucher le mouvement sur une voie de garage comme cela a été le cas en Tunisie en 2011, cette assemblée constituante devra non seulement mettre fin aux institutions d’un régime pourri par la corruption, mais également prendre en charge les questions sociales que le pouvoir en place n’a eu de cesse de remettre en cause par ses politiques libérales, tant pour ce qui est de l’accès à la santé, qu’à l’éducation, ou au travail. Pour cela cette assemblée constituante révolutionnaire doit se donner pour tâche de rompre avec l’impérialisme et ses relais locaux qui pillent le pays, et de nationaliser sous contrôle des travailleurs l’ensemble des grands secteurs de la production nationale pour un véritable partage des richesses. Et il est clair qu’aujourd’hui, à l’aune de la rentrée sociale, le seul moyen d’imposer une telle perspective c’est la grève générale, contre le régime actuel et contre la collaboration des directions syndicales bureaucratiques.

Intervention de Lemnouar, étudiant à l’université de Bejaïa en Algérie et militant du Parti Socialiste des Travailleurs, au rassemblement de ce dimanche 7 septembre à Paris :

Pour continuer d’apporter un soutien et à populariser la lutte du peuple algérien partout dans le monde, les rassemblements de la diaspora algérienne doivent continuer. La répression du régime doit continuer à y être dénoncée, de même que les manœuvres de l’impérialisme, à l’instar de la venue prévue pour mi-septembre en Algérie d’une délégation du Fond Monétaire International (FMI), une institution financière qui a profité de la tétanie causée par le terrorisme pendant la décennie noire pour imposer des réformes libérales brutales dans les années 1990, obligeant à fermer plus 1.500 entreprises publiques et mettre au chômage plus 150.000 travailleurs.

 
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