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La Izquierda Diario
13 de septembre de 2019 Twitter Faceboock

Libération des prisonniers politiques !
Diada massive à Barcelone : vers un automne chaud en Catalogne ?
Aminata Niakaté

Mercredi 11 septembre, de centaines de milliers de manifestants ont inondé les rues catalanes pour le lancement de la Diada. Cette fête nationale catalane est devenue, depuis 2012, la principale manifestation pour le droit à l’autodétermination face au pouvoir central espagnol. Six-cent-mille personnes rien qu’à Barcelone, dans cette Diada 2019 derrière le slogan objectif : indépendance.

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Avec un peu moins de participants que l’année dernière -où l’on en comptait plus d’un million-, mais tout aussi combative, cette Diada 2019 a été marquée par le mot d’ordre prisonniers politiques, liberté !, scandé par la foule présente à de nombreuses reprises. En effet, suite à la tenue du référendum pour l’autodétermination de la Catalogne du 1er octobre 2017, déclaré illégal par le pouvoir central de Madrid, neuf dirigeants politiques et sociaux du procésse trouvent actuellement derrière les barreaux, dans l’attente du verdict du Tribunal suprême de Madrid.

Le verdict de ce procès à caractère nettement politique, qui devrait être rendu avant le 16 octobre, pourrait être une condamnation à dix ans de prison ferme pour les accusés, avec pour objectif de faire taire toute velléité indépendantiste. Pourtant, la forte mobilisation ce 11 septembre montre qu’une telle issue risque de faire monter la température, cet automne, dans la péninsule ibérique.

A deux ans du référendum pour l’indépendance de la Catalogne

Par le biais du référendum du 1er octobre, ainsi que la grève générale du 3 octobre 2017 et les journées historiques de mobilisation du peuple catalan, ce dernier a clairement exprimé sa volonté majoritaire de construire une république indépendante et d’ouvrir un processus constituant.

Ce droit démocratique continue cependant d’être nié par le gouvernement central dirigé par le socialiste Pedro Sanchez (PSOE), qui garde sous le coude la menace d’appliquer l’article 155 -qui permet de mettre une région autonome sous tutelle du gouvernement central-, si le procés reprenait. L’application de cet article est, d’ailleurs, exigée par les partis de la droite (Ciudadanos et Partido Popular), qui demandent, en plus, la mise sous tutelle de la chaîne de télévision catalane et des écoles.

La Diada la plus difficile

Elisenda Paluzie, présidente de l’Assemblée nationale de Catalogne, a caractérisé cette Diada 2019 comme étant la plus difficile, faisant allusion à la division en cours, ces derniers mois, entre les formations indépendantistes Gauche républicaine Catalane (ERC) et le Parti Démocrate Européen Catalan (PDCat), autour de la légitimité du vote du 1er octobre 2017, étant donné que ce mandat populaire n’a pas pu être appliqué.

L’ERC, dirigée par Oriol Junqueras, en attente de jugement, derrière les barreaux, accusé de « sédition » et « rébellion », assume un discours de négociation avec le gouvernement central, le même qui nie aux catalans le droit à l’auto-détermination. Pareille position est défendue par Omnium, organisation culturelle dont le chef de file Jordi Cuixart – lui aussi derrière les barreaux-, rappelait mardi que le dialogue avec Madrid est la seule et unique voie pour résoudre le conflit.

Le chef de l’exécutif catalan Quim Torra (PDCat) a quant à lui appelé mercredi, devant une foule enthousiaste, à entamer une nouvelle étape et répondre, dès maintenant, aux éventuelles condamnations en justice, en mettant au centre de l’action politique l’objectif de l’indépendance. Un discours enflammé, mais qui n’explicite pas de quelle manière il compte s’y prendre.

Hormis des nuances dans le discours, aucune de ces formations qui ont dirigé le procés, n’ont montré une véritable volonté de faire valoir le mandat de la journée historique du 1er octobre 2017. Unidas Podemos mérite quant à lui une mention à part, puisque l’organisation accepte sans rougir le leadership du PSOE de Sanchez dans les négociations sur la question de la Catalogne.

Libération des prisonniers politiques !

De leur côté, les directions syndicales restent dans un silence absolu face à la vague répressive contre le mouvement indépendantiste. Une passivité qui ne fait qu’éloigner les travailleurs de la lutte pour le droit démocratique du peuple catalan à décider de son avenir, et ainsi lutter contre ce régime qui précarise de plus en plus les travailleurs.

Le caractère massif de cette Diada montre pourtant la persistance de la volonté du peuple de Catalogne de rompre avec le Régime du 78 et sa monarchie. Une détermination qui contraste avec l’attitude négociatrice adoptée par ces formations indépendantistes.

Quelle qu’elle soit, la décision de justice du Tribunal marquera donc un point d’inflexion dans l’avancée répressive contre la dissidence politique entamée par le régime du 78, et pourrait donner lieu à un automne chaud en Catalogne.

Crédit photo : Carles Ribas

 
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