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13 de septembre de 2019 Twitter Faceboock

Droit de grève
RATP : Pécresse réclame un service minimum garanti pour limiter le droit de grève
Jade Marlene

L’appel lancé vendredi par plusieurs syndicats de la RATP en défense de leur régime spécial de retraite a été l’un des plus suivi depuis douze ans. Face à la paralysie de la quasi-totalité du réseau, la présidente de la région Île-de-France Valérie Pécresse réclame un service minimum aux heures de pointe ainsi que le rallongement des délais de dépôt des préavis.

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Dans un communiqué commun, les deux membres du mouvement Libres ! de Valérie Pécresse réclament aux côtés de cette dernière la mise en place d’un service minimum garanti pleinement aux heures de pointe ainsi qu’une extension du délai de dépôt des préavis de grève de 48 à 72 heures.

La loi de 2007, votée sous Sarkozy, impose déjà aux salariés des transports d’indiquer leur intention de faire grève 48h à l’avance, au motif d’assurer « la continuité du service public ». En réalité elle permet avant tout aux collectivités locales et à l’entreprise de réorganiser les modes de transports afin que la grève ait le moins d’impact possible.

Ainsi, à l’heure actuelle, ces préavis servent à la RATP à négocier et proposer aux voyageurs des solutions auprès de ses partenaires privés, comme des codes promotionnels pour différents services de VTC ou de vélos, afin de casser la grève. Elle laisse également la possibilité aux autorités organisatrices des transports de faire pression sur les syndicats afin d’assurer un service minimum aux heures de pointe.

Un chantage financier pour faire pression sur les syndicats

Ce qui est en jeu et ce que souhaite le sénateur Roger Karoutchi, c’est un renforcement des contraintes -notamment économiques- qui pèsent sur les entreprises publiques de transports afin qu’elles mettent la pression aux organisations syndicales : « il s’agit de dire que c’est à la SNCF et à la RATP de trouver des solutions avec les syndicats pour assurer ce service minimum aux heures de pointe » sous peine de rogner les subventions publiques. Celui-ci souhaite en effet qu’un tiers des effectifs soient mobilisables.

A ce titre, Valérie Pécresse, présidente de la région Île-de-France ainsi que d’Île-de-France Mobilités, autorité organisatrice des transports en commun, menace de ne pas payer la RATP pour la journée de vendredi si le service minimum venait à ne pas être assuré. Un manque à gagner de 3 à 7 millions d’euros pour l’entreprise publique. La RATP quant à elle organise également la casse de la grève, en renvoyant les usagers vers ses propres partenaires privés.

L’argument hypocrite de « la continuité du service public »

L’ancienne membre du groupe LR justifie cette mesure en disant vouloir assurer la continuité du service public. Un argument fallacieux quand on se rappelle que les principales mesures prises par Pécresse depuis son accès au conseil régional ont été la diminution des effectifs liés aux transports, l’augmentation du Pass Navigo de 70 à 75,20 euros depuis 2016, le renforcement du dispositif de répression des fraudes ainsi que la mesure raciste d’exclusion des sans-papiers des aides aux transports.

On reste donc moyennement convaincus par le discours de défense du service public de la part de l’ancienne Ministre du Budget de Nicolas Sarkozy, qui avait, rappelons-le, supprimé 150 000 postes dans la fonction publique au terme de son quinquennat, dont près de 60 000 emplois rien que pour l’Education nationale. Valérie Pécresse semblait donc moins se soucier à l’époque « [des] français [qui] ont le droit d’aller travailler parce qu’ils peuvent perdre leur salaire, parce qu’ils peuvent perdre leur emploi » comme elle déclarait au micro de Bourdin, défendant un soi-disant droit d’aller et venir.

Défendre le droit de grève, pour un service public de qualité et des retraites décentes

La proposition de Valérie Pécresse a trouvé de la sympathie auprès de la majorité présidentielle, la députée LaREM Aurore Bergé ayant également déclaré sur BFMTV vendredi vouloir renforcer la loi de 2007 qu’elle juge inefficace. « A partir du moment où le service n’est pas garanti, il y a quelque chose que l’on devrait faire au niveau de la loi pour renforcer les choses ».

Malgré tout l’exécutif se montre prudent, ne voulant pas attiser les braises autour du projet de réforme des retraites. Le secrétaire d’Etat aux transports Jean-Baptiste Djebbari a ainsi déclaré à ce sujet « ce n’est pas une loi sur le service minimum qui va faire baisser la tension ». Et pour cause, il s’agit aussi bien pour l’exécutif que pour la Présidente de la Région Île-de-France de contenir, avec des tactiques différentes, cette grève très suivie dans un secteur aussi stratégique que les transports, et qui pourrait marquer un premier point d’étape important dans la lutte de tous les salariés contre le démantèlement de notre système de retraite.

Crédit photo : Crédit Image : Kathleen Franck / RTLnet

 
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