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La Izquierda Diario
23 de novembre de 2019 Twitter Faceboock

Un plan de bataille à la hauteur
5 décembre : les hospitaliers doivent être de la partie pour gagner contre Macron et son monde néolibéral
Cléo Rivierre

La contestation dans le secteur de la santé, démarrée par les personnels des urgences, s’est étendue à tous les personnels hospitaliers. Si les divers « plans » du gouvernement n’ont pas convaincu les hospitaliers, Macron tente de diviser pour mieux régner. Ce n’est que tous ensemble, à travers une grève massive et reconductible, que nous pourrons vaincre.

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 Crédits photo : Sputnik - Ulrich Lebeuf/MYOP - AFP/Philippe Desmazes 

Les services d’urgence, dont le mouvement de grève dure depuis 8 mois, ont été le fer de lance d’une contestation pour l’amélioration des conditions de travail des personnels soignants et de la qualité des services publics de santé. Depuis mi-mars, le mouvement n’a fait que s’étendre, touchant désormais 268 d’urgences sur 680. Surtout, le mouvement s’est étendu à tous les personnels hospitaliers : médecins, infirmières, aide-soignants, étudiants de ces différents métiers, manipulateurs radio, etc. Les revendications quant à elles, restent inchangées depuis le début : hausse des salaires et des effectifs, embauches, ouverture de lits supplémentaires.
 
Les divers « plans » du gouvernement, y compris le dernier en date, présenté ce mercredi, n’ont pas suffi à convaincre les hospitaliers – et pour cause, ils sont largement insuffisants pour faire face à l’état désastreux des hôpitaux publics, que certains manifestants décrivent comme « en train de mourir » ou « en état de mort cérébrale ».
 
Ce mouvement des personnels de la santé à un fort potentiel de sympathie populaire. Fin juin, 9 personnes sur 10 déclaraient soutenir le mouvement. C’est un des éléments qui fait peur au gouvernement, qui essaye à tout prix d’éviter une jonction des hospitaliers avec la grève à partir du 5 décembre.
 
Ainsi, Macron et ses ministres essayent de déminer le terrain avec plusieurs tactiques. Ils ouvrent un front de bataille contre le 5 décembre, repartant à l’offensive avec une radicalisation de la réforme des retraites. C’est ce qu’Agnès Buzyn, ministre de la santé, exprimait dans une interview au Monde : « [le 5 décembre], cela va être dur. La grève sera très corporatiste. Des gens crient simplement parce qu’ils veulent garder leur régime spécial. Nous leur opposons un projet de société solidaire. » Cette tentative de convaincre l’opinion que la réforme des retraites ne serait pas un moyen de faire des économies sur le dos des travailleurs et des précaires a peu de chances de faire grand effet.
 
Le gouvernement tente de diviser pour mieux régner. C’est notamment ce que plusieurs syndicats et collectifs ont pointé après le plan annoncé ce mercredi, dans lequel une prime de 800 euros pour les infirmiers et aides-soignants d’Île-de-France gagnant moins de 1900 mensuels a été annoncée. De plus, le gouvernement a annoncé vouloir « valoriser » les personnels en attribuant une enveloppe allant jusqu’à 300 euros par an, qui seront distribuées en fonction de « la qualité des soins et de la prise en charge ». Des primes au compte-goutte, réservées aux parisiens ou basées sur le « mérite » et donc la concurrence entre salariés.
 
La jonction des hospitaliers avec la grève à partir du 5 décembre n’est pas encore réalisée. Le sujet divisait d’ailleurs la deuxième Assemblée Générale du mouvement qui s’est tenue après la manifestation parisienne de jeudi dernier. Comme nous l’écrivions dans un article consacré à cette AG, elle a été « le lieu d’un débat agité sur le 5 décembre, qui s’est polarisé entre d’un côté des arguments corporatistes, qui mettaient en avant la spécificité des revendications, et de l’autre avec un appel à converger aux côtés des autres secteurs, non seulement pour faire également barrage à la réforme des retraites, mais parce qu’il s’agit de la perspective qui inquiète le plus le gouvernement : celle d’une grève unitaire et reconductible. » En trame de fond, il y aussi la fatigue accumulée par la lutte courageuse des hospitaliers depuis plusieurs mois qui peut parfois en refroidir certains de continuer le 5 décembre.
 
Du côté des organisations, la division est de mise. Ainsi, la CGT Santé Action Sociale appelle à la grève reconductible à partir du 5 décembre, contre la réforme des retraites. C’est aussi le cas de SUD Santé Sociaux et de la Fédération FO des personnels des Services Publics et des Services de Santé. En revanche, le communiqué unitaire à la suite des annonces de mercredi signé par les syndicats mais aussi par l’Inter-Urgences et l’Inter-Hôpitaux (collectifs fondés au cours du mouvement) appelle à deux journées de mobilisation, le samedi 30 novembre et le mardi 17 décembre. De la même manière, les internes de médecine appellent à une grève illimitée à partir du 10 décembre.
 
Si les hospitaliers, par leur seule mobilisation, sont parvenus à arracher quelques miettes, cet effet ne sera que démultiplié si les forces coagulent pour non seulement gagner davantage de moyens, mais aussi contre la réforme des retraites qui touchera en premier lieu le secteur public. Le 5 décembre et les jours qui suivent, il s’agit non seulement de construire une grève contre la réforme des retraites, mais aussi de construire un mouvement d’ensemble contre Macron et son modèle néolibéral, pour des services publics de qualité et à la hauteur des besoins, pour des conditions de vie dignes pour tous et toutes. C’est le combat que les Gilets jaunes mènent depuis maintenant plus d’un an. C’est aussi le combat entamé par les cheminots et les travailleurs de la RATP. À l’image des frémissements actuels du mouvement étudiant, cela pourrait être aussi le combat des jeunes, touchés par la précarité, la sélection à l’université, le manque de perspectives d’avenir, la concurrence, etc. Le gouvernement, qui a compris qu’il n’arriverait pas à calmer la colère dans les secteurs à la pointe du mouvement (RATP et SNCF) par des petites concessions, tentent le bras de fer. Si le dur combat qui va être livré venait à être perdu, ce serait l’ensemble du monde du travail qui se retrouverait à la défensive pour défendre ses conditions de vie et de travail.
 
De nombreux points d’appui existent pour construire un véritable « tous ensemble » à partir du 5 décembre : les grèves sauvages de la SNCF et de la RATP, la détermination des Gilets jaunes, les appels à la grève qui se multiplient – dont ceux des syndicats hospitaliers. Le mouvement des hospitaliers ne pourrait qu’être renforcé par une convergence avec tous ces secteurs. Face à la radicalisation de Macron qui affirme qu’il ira au bout de sa réforme, envers et contre tous, il s’agit de construire une véritable grève générale, autour d’un plan de bataille sérieux et à la hauteur des attaques. La grève doit rester entre les mains des grévistes, sous contrôle de la base, au travers d’assemblées générales et d’assemblées interprofessionnelles, auxquelles les syndicats doivent se subordonner. Un plan de bataille de cette ampleur et le seul moyen d’unifier nos combats, de vaincre Macron et d’imposer un autre modèle de société.

 
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