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La Izquierda Diario
5 de décembre de 2019 Twitter Faceboock

"Tous ensemble"
Il n’y a pas que la RATP : le réseau de transport lillois en grève !
Correspondant-e

Alors que le gouvernement essaie de faire passer le mouvement de grève en cours pour un mouvement corporatiste de défense des régimes spéciaux, la grève en cours à Ilévia, le réseau urbain de transport de Lille montre l’opposé. La défense du régime des retraites concerne autant le public que le privé.

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Ce matin de grève du 5 décembre, les transports lillois sont largement à l’arrêt. Une des deux lignes de métro (automatique) est totalement arrêtée, de nombreux bus supprimés, et les trams ne circulent que toutes les 30 minutes. La forte mobilisation dans les transports lillois est en contradiction directe avec la propagande du gouvernement. En effet, alors que ce dernier insiste lourdement sur une mise à plat des régimes spéciaux en particulier ceux de la SNCF et de la RATP, et que les médias se font le relais de la dénonciation des « privilèges » des grévistes, la grève à Ilévia fait partie des éléments qui contraste nettement avec ce discours.

Avec sa réforme des retraites, le gouvernement prétend mettre fin à « une injustice flagrante », et pointe du doigt les agents RATP, mettant notamment en avant les écarts entre les différents services de transports en termes d’âge de départ à la retraite. Ainsi, le rapport Delevoye s’empresse d’affirmer que « dès lors il n’existe pas de justification objective à ce que des droits différents soient appliqués pour un même métier ». Bien entendu, la seule option envisagée est le nivellement par le bas de ces droits !

En cette journée du 5 décembre pourtant, les mobilisations dans les réseaux de transports en région leur donnent tort. La grève est très suivie à Lille, mais également à Bordeaux ou encore à Marseille.
Ilévia appartient à Keolis, groupe privé de transport public. Comme à la RATP, la pénibilité du travail est importante, et les conditions de travail des agents n’ont pas non plus cessé de se dégrader. Les temps imposés lors des trajets pour le rendement, les horaires décalés, le travail le samedi et les jours fériés… Un conducteur de bus, qui prévoyait d’être en grève aujourd’hui, témoignait auprès de Nord éclair : « Quand on se prend 17 dos-d’âne à l’aller puis autant au retour, que l’on fait huit fois ce trajet par jour avec un temps imposé qui ne correspond pas à l’état de la route, je peux vous assurer que votre dos en prend un coup », ajoutant que les chauffeurs n’avaient même plus « le temps d’attendre qu’une personne âgée trouve un siège avant de démarrer ». Les agents en grève se sentent aussi concerné par la réforme des retraites, contre le fait de « cotiser plus pour gagner moins ».

En réalité, la bataille qui s’annonce contre la réforme des retraites doit être l’occasion d’imposer les mêmes droits que ceux acquis par les régimes spéciaux. Ce doit être l’occasion de revendiquer les mêmes droits pour ceux sans statut, que ce soit dans les transports ou ailleurs : à travail égal, retraite égale ! La division est une constante de la stratégie gouvernementale : en pointant les pseudos privilèges des uns, en dressant les travailleurs les uns contre les autres. Mais les vrais privilégiés aujourd’hui, ce sont les grandes fortunes et les grands actionnaires, et pas certains travailleurs : comme le soulignait un chauffeur de bus RATP dans notre micro-trottoir du 28 novembre, « C’est pas normal que les riches aient des salaires mirobolants alors que nous à côté on est dans la survie ».

Public, privé, c’est tous ensemble que nous pouvons faire reculer le gouvernement : il faut construire un véritable mouvement d’ensemble, organisé et unis à la base.

 
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