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La Izquierda Diario
11 de décembre de 2019 Twitter Faceboock

Pas de négociations !
Quand l’UNSA et la CFDT négocient dans le dos des travailleurs de la SNCF et de la RATP
Damien Bernard

Depuis plusieurs jours, les tractations entre le gouvernement et les directions de la CFDT et l’UNSA se multiplient. L’objectif est clair : négocier dans le dos des travailleurs pour siffler la fin de partie de la grève reconductible à la SNCF et à la RATP. Les directions syndicales essayent d’arracher le maximum de miettes possible sur le dos des grévistes, chez qui pourtant on entend qu’un mot : Retrait total de la réforme !

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Depuis ces derniers jours, les déclarations des dirigeants syndicaux de la CFDT et de l’UNSA s’enchainent pour préciser au gouvernement les conditions pour lesquelles ils siffleront la fin de partie. Didier Aubert de la CFDT cheminots, interviewé par le journal Le Monde explique « Si on nous accorde la clause du grand-père, on sort du conflit ». De son côté, Laurent Escure, secrétaire général de l’UNSA, arborait la nécessité d’« adaptations » pour « la RATP ou la SNCF qui pourraient avoir une clause du grand-père sans modifier l’équilibre général » de la réforme. Dans ce cas, donc l’UNSA serait aussi prête à sortir du conflit.

A la veille des déclarations d’Edouard Philippe, ces déclarations publiques des dirigeants syndicaux ont pour objectif de faire pression sur le gouvernement, tout en s’appuyant sur le rapport de force construit par le profond mouvement de grève reconductible par les travailleurs de la RATP et à la SNCF, une grève affichant des taux de mobilisation historique depuis 6 jours.

Si les intentions de la CFDT-cheminots sont claires depuis le début, on ne peut pas en dire autant de l’UNSA RATP et ferroviaire. En effet, l’UNSA RATP a été à l’initiative respectivement de l’appel à la grève illimitée contre la réforme des retraites revendiquant même « rejeter la réforme » dans le tract intersyndical à la suite de la grève extrêmement massive du 13 septembre. L’UNSA ferroviaire de son côté affirmait, il y a quelques jours, en commun avec la CGT-Cheminots et SUD-Rail, à « amplifier la mobilisation ». Ainsi, il apparaissait clair que l’UNSA ferroviaire se prononce ainsi pour « le retrait du projet par points du gouvernement » comme l’ont pointé plusieurs grands médias.

Retournement de veste : négociation dans le dos des travailleurs

Pourtant, à la veille du 10 décembre, le retournement de veste est quelque peu brutal. Loin de tout retrait total de la réforme que revendique la base, et que continue à revendiquer encore ce 9 décembre au matin, un porte-parole et délégué de l’UNSA RATP, Jean-Marc Judith : « les AG ont décidé de continuer le mouvement jusqu’à vendredi inclus ». Le Parisien continue : « le délégué du syndicat majoritaire à la RATP n’exclut pas ‘une poursuite de la grève le week-end prochain et la semaine suivante’, tant que le retrait du projet de réforme des retraites n’est pas abandonné par le gouvernement ».

Et ce changement en règle derrière le dos des travailleurs, et des syndiqués UNSA, Thierry Babec, son secrétaire général l’explique ainsi : « Si la France s’était soulevée contre la réforme, nous aurions sans doute accompagné le mouvement. Mais il nous faut être pragmatiques, nous nous battons désormais pour le maintien des droits des agents, car ces derniers ont fait des choix de carrière, des choix de vie active et de retraite ». Ainsi, le secrétaire général de l’UNSA RATP justifie son changement de pieds sous le prétexte de « pragmatisme ». Mais où cette décision a-t-elle été prise ? Quelles Assemblées générales a-t-elle voté pour la clause « grand-père », c’est exactement tout le contraire qu’on a pu entendre dans les différentes Assemblées Générales.

L’UNSA cherche une voie d’issue pour sortir du conflit

Ainsi, non seulement, l’UNSA s’offre un retournement exprès, mais plus encore, il justifie cette capitulation en diffamant les revendications des grévistes au travers la voie de Thierry Babec de l’Unsa-RATP : « après sept jours de grève, les gens sont déterminés à obtenir le maintien de l’intégralité du contrat social pour tous les agents en poste », tentant de faire penser que les cheminots se mobiliseraient en grève reconductible pour obtenir … la clause « grand-père ».

Le son de cloche est quelque peu différent, dans la forme du moins, pour Didier Mathis, secrétaire général de l’Unsa ferroviaire. Il affirme dans une interview à Libération sortie ce mardi que la base est « en train de basculer vers un retrait pur et net de la réforme ». Dans la forme seulement, car le problème, selon-lui, c’est que les changements de pieds du gouvernement. : « De ce que je sais, il serait prêt à retarder de dix ans l’application de la réforme, mais ça change tout le temps », glisse-t-il sans certitude. « Si c’est ça, on continue la grève ». Même si le discours est plus policé, le discours est le suivant : Si le gouvernement optait pour un discours clair de clause « grand-père », ou quelques miettes comme des « avantages » nouveaux pour les contractuels, permettrait de sonner la fin de conflit.

Aucunes négociations possibles ! Pas d’amendements ! Retrait total !

Ainsi, non seulement, ces directions syndicales usurpent la parole des grévistes mais plus encore, elles ont peur d’une chose : le danger d’une « radicalisation » de la colère sociale, comme l’explique Laurent Escure, le secrétaire général de l’UNSA.

Si la direction de la CFDT et de l’UNSA veulent vendre la peau des cheminots et travailleurs de la RATP la plus chère possible avec leur clause « grand-père » ou « grand-frère ». Ils s’appuient pour cela sur la grève des plus déterminés des travailleurs pour qui, le retrait total de la réforme est aujourd’hui une évidence.

De la sorte, ces directions syndicales comptent bien essayer de donner un service des plus précieux au gouvernement, celui d’offrir de diviser le conflit dur qui s’est ouvert sur le front cheminot et RATP.

Plus que jamais, il s’agit de dénoncer ces manœuvres qui se font dans le dos des travailleurs. C’est dans les Assemblées Générales, dans les comités de grèves de décider des revendications du mouvement. C’est à la base de décider de son mouvement dans lequel il est engagé, au travers une grève reconductible.

Et celles-ci sont claires : la raison pour laquelle la grève a débuté, c’est parce que la réforme ne convient à personne. Comme l’expliquait Adel, syndiqué UNSA, lorsqu’il intervenait devant les étudiants de l’Assemblée Générale de Nanterre : « ce qu’on ne veut pas pour nous, on ne le veut pas pour vous non plus (...) la régression sociale ne se négocie pas ».Et comme il le rappelle à l’assemblée générale du Bourget ce lundi, "On a voté la reconductible jusqu’à vendredi, donc les annonces du gouvernement on s’en fout, ce qu’on veut c’est le retrait du projet de réforme, on le combat et on fera la grève tant qu’il le faudra, on est déterminés !".

On ne négocie pas la régression sociale ! Ni négociation ! Ni amendements ! Retrait total de la réforme !

 
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