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La Izquierda Diario
12 de décembre de 2019 Twitter Faceboock

Retraites
Faute de convaincre, le gouvernement tape sur les grévistes et leurs soutiens
Philippe Alcoy

La colère contre la réforme des retraites semble gagner d’autres secteurs. Alors que les annonces de Philippe n’ont réussi à convaincre personne, pas même la CFDT, le gouvernement décide de s’attaquer par la violence au noyau dur de la contestation : les grévistes de la RATP.

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Crédit photo : O Phil des Contrastes.

« Quand il y a une grève, personne ne s’en aperçoit », voilà l’ineptie que lâchait en 2008 le président de la république à cette époque Nicolas Sarkozy. Une telle crétinerie ne pouvait avoir une quelconque existence que dans la tête des plus vulgaires propagandistes néolibéraux. Aujourd’hui, l’énorme grève que sont en train de mener principalement les salariés de la RATP et de la SNCF contre l’attaque historique du gouvernement Macron contre les retraites se « voit », non seulement, mais pèse y compris. Et cela est une première réussite de cette bataille centrale pour la classe ouvrière et les classes populaires en France contre les plans du patronat et de leurs gouvernements.

Le gouvernement, par l’intermédiaire du premier ministre Edouard Philippe, a tenté d’amadouer quelques secteurs pour diviser les grévistes et essayer de fracturer le front de contestation. Mais rien n’y a fait. Il n’a même pas réussi à convaincre les syndicats les plus réformistes et ouvertement favorables à une réforme pro-patronale du système des retraites tels que la CFDT. Au contraire, beaucoup plus de salariés et de secteurs risquent de rentrer dans la danse. Jeudi on a vu par exemple des blocages des ports à Marseille et au Havre ; et les taux de grévistes à la SNCF et à la RATP sont loin de fléchir, et sont même en légère hausse chez les cheminots.

C’est dans ce cadre que les grévistes de la RATP et leurs soutiens dénoncent des interventions de la police, utilisant la force, afin de débloquer les dépôts de bus. Ainsi, mercredi, la police a interpellé un enseignant à Aubervilliers dont la garde-à-vue a été prolongée. En effet, les agents de la RATP risquant de lourdes sanctions en cas de blocage de la sortie des bus, ce sont essentiellement les soutiens extérieurs qui mènent ces actions.

Mais c’est surtout jeudi que l’on a vu une répression encore plus dure s’abattre sur les grévistes et leurs soutiens. Ainsi, au centre de bus de Malakoff des enseignants, des étudiants, des cheminots et des agents territoriaux ont été réprimés par la police. Un cheminot a dû être amené à l’hôpital par suite des coups de matraques qu’il avait reçu.

Ensuite c’est à Pavillons-sous-Bois que l’on a assisté à des scènes de répression policière. Dans ce dépôt un gréviste a été amené à l’hôpital et s’est retrouvé avec une côte fêlée. Les policiers se sont montrés très hostiles aux grévistes, leur jetant dessus des palettes et puis en faisant usage de gaz.

Il faut savoir que tout cela se produit sous les yeux bienveillants de directeurs de sites RATP, qui appellent parfois eux-mêmes la police pour assurer le déblocage des dépôts. Cette même direction réactionnaire fait pression sur les nouveaux chauffeurs et salariés du groupe pour empêcher qu’ils rejoignent la grève. Cette même direction hypocrite feint de s’indigner quand des grévistes lancent quelques insultes à l’encontre de certains non-grévistes mais se tait face à la violence policière sur les salariés.

Le gouvernement pour sa part, à l’aide des grands médias, fait tout ce qu’il peut pour délégitimer les grévistes, pour montrer leur « violence », pour les dépeindre en tant que des « privilégiés ». Le tout afin de légitimer la violence contre les grévistes et contre toutes celles et ceux qui résistent face à cette contre-réforme réactionnaire. Et cette violence n’ira qu’en s’accentuant au fur et à mesure que la grève durera ; les policiers qui au départ venaient parler aux piquets en affirmant qu’ils n’avaient aucun problème avec les actions des grévistes, montreront de plus en plus leur vrai visage de défenseurs des puissants, comme ils l’ont fait tout au long de l’année dernière en éborgnant et en arrachant sauvagement les mains des Gilets jaunes.

La meilleure réponse n’est autre que l’élargissement de la grève et l’unité d’action des travailleurs à l’intérieur de chaque entreprise mais aussi avec les autres secteurs en lutte. L’exemple de salariés de la RATP du dépôt de Pavillons-sous-Bois va dans ce sens : les non-grévistes, en voyant leurs collègues se faire réprimer par la police, ont fait valoir leur droit de retrait et aucun bus n’est sorti du dépôt. Voilà l’un des risques de l’utilisation de la force contre les travailleurs : cela pourrait non seulement accélérer la radicalisation des grévistes mais aussi pousser les non-grévistes à rejoindre la lutte.

Face à ces attaques dans les médias et à travers la répression policière il faut plus que jamais entourer de solidarité les grévistes et faire en sorte d’élargir la grève à d’autres secteurs. La journée de grève et de manifestation de mardi 17 décembre sera un autre test important pour le mouvement. D’ici là, il faut renforcer les équipes grévistes, discuter avec les collègues indécis, aller rencontrer les secteurs qui ne sont pas encore en grève, organiser des assemblées générales sur les lieux de travail mais aussi au niveau des villes pour tous ceux et celles qui ne peuvent pas s’organiser sur leurs entreprises ou établissements (notamment à l’éducation nationale ou chez les étudiants dont les fac sont fermées).

 
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