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La Izquierda Diario
14 de janvier de 2020 Twitter Faceboock

Retrait pur et simple de la réforme
Le faux « compromis » ne convainc personne : « Et on ira jusqu’au retrait ! »
Ariane Serge

Si Laurent Berger se félicite de la suspension « temporaire » de l’âge pivot par Edouard Philippe, les grévistes rejettent massivement cette fausse sortie de crise. Un "compromis" sur la forme que seuls le gouvernement et Laurent Berger souhaitent saluer. Sans surprise, puisqu’il permettrait à l’un comme à l’autre de sauver leur peau, face à une base déterminée à aller jusqu’au bout du combat. Car les grévistes sont clairs : retrait pur et simple, sans négociations !

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Une fausse politique de l’apaisement : les grévistes ne sont pas dupes

Une annonce en pleine manifestation parisienne où Gilets jaunes, grévistes, avocats et manifestants ont battu le pavé avec une mobilisation importante qui venait ponctuer le… 38ème jour de grève reconductible. Une détermination à la base qui a mis en grande difficulté le gouvernement, qui misait sur les vacances pour isoler la RATP et la SNCF. Face à la profondeur de la contestation, soutenue majoritairement par la population et même un soutien en hausse, Edouard Philippe a renoncé provisoirement à ce qu’il avait mis en place il y a quelques semaines pour contenter l’électorat de droite.

Une mesure avec laquelle le gouvernement espère pouvoir contenter les syndicats réformistes et s’appuyer sur eux pour en finir avec la grève, objectif pour lequel il est même prêt à ouvrir un espace sur sa droite. Avec le durcissement de la grève pendant les vacances et la radicalité qui s’est exprimée dans les manifestations, le gouvernement a en effet misé sur une politique de "renouement du dialogue social", quitte à exacerber ce que ses soutiens à droite appellent désormais un "renoncement".

Ce sera plus difficile que ça pour le Premier ministre, qui espérait sonner la cloche de la fin de conflit. Si, pour Edouard Philippe, « chacun revient avec le sentiment d’avoir conservé l’essentiel, d’avoir trouvé un bon compromis », les grévistes estiment quant à eux qu’il y a "un seul mot d’ordre et un seul objectif, c’est le retrait total de cette réforme".

L’oscillation entre répression sanglante et négociations corporatistes que joue le gouvernement depuis quelques semaines est l’expression de l’impasse dans laquelle se trouve l’exécutif pour faire cesser le mouvement. Anéantir ou séduire, Edouard Philippe ne sait plus sur quel pied danser et ça n’échappe pas à la base des grévistes. Cette suspension vient conforter l’idée d’un rapport de force, avec un renforcement de la détermination à la base qui, malgré les trahisons, a reconduit majoritairement jusque vendredi, offrant une nouvelle claque à Macron qui comptait sonner la fin du conflit.

Car si "lâcher sur l’âge pivot" permet en principe à l’Elysée de faire semblant de reculer sur quelque chose sans rien céder aux revendications de la base, c’est tout de même le signe que dans les hautes sphères du pouvoir, on cherche une voie de sortie de crise là où, quelques semaines auparavant, on introduisait l’âge pivot pour faire une démonstration à la droite. Au final, cela ne contente pas la droite pour qui la réforme a de moins en moins de sens, mais cela démontre aux grévistes qu’il est possible d’obtenir le retrait pur et simple de la réforme.

À ce stade du conflit, une telle politique pourrait coûter cher au gouvernement. En reconduisant la grève et en s’organisant à la base pour cette sixième semaine de mobilisation, en ripostant à la répression disciplinaire et policière, en appelant à généraliser la grève dans d’autres secteurs stratégiques du mouvement ouvrier, les grévistes de la RATP et la SNCF montrent à Macron qu’ils restent droit dans leurs bottes. Une politique qui rentre en conflit notamment avec celle, de collaboration, de la CFDT.

Ce n’est pas à Berger de décider, on ira jusqu’au retrait !

En parallèle des discours du gouvernement, le "retrait" de l’âge pivot est selon Laurent Berger "une victoire". Mais pour la base du mouvement, qui énonce le retrait total comme unique mot d’ordre depuis le début de la mobilisation, c’est un faux compromis auquel joue la centrale syndicale réformiste - et ce sans avoir jamais mené de politique pour construire le mouvement de grève.

Une annonce qui fait du mal même dans les rangs de la CFDT, puisque nombreux sont les syndiqués de la centrale à dénoncer la trahison de leur secrétaire général et à menacer de rendre leur carte comme moyen de faire pression sur leur direction.

Difficile donc pour la CFDT d’apparaitre comme la figure de proue d’un compromis au profit des travailleurs, surtout quand en parallèle les figures du gouvernement présents sur les radios et plateaux télé pour le défendre sont elles-mêmes obligées d’admettre que le fond de la mesure sera maintenu.

De plus, alors que les perspectives d’un passage en force à l’Assemblée nationale par le biais du 49-3 sont étudiées par le gouvernement, il est d’autant plus inadmissible de négocier avec ce dernier. Cela démontre bien sa volonté de passer en force quoi qu’il arrive. Jouer aux fausses négociations et aux faux compromis avec lui, est donc une politique délétère pour le mouvement qui devrait au contraire s’appuyer sur la fébrilité du gouvernement pour taper encore plus fort et le mettre à genoux une bonne fois pour toutes.

Une voie qu’a déjà empruntée la base du mouvement en durcissant le ton et en reconduisant majoritairement la grève, tandis que dans les raffineries, le mouvement se poursuit majoritairement, avec une raffinerie déjà à l’arrêt, celle de Lavéra, mais aussi la raffinerie de Donges qui a été mise à l’arrêt par la direction alors que l’approvisionnement en pétrole brut avait été bloqué par un piquet de grève. Si Macron est en difficulté, c’est maintenant qu’il faut enfoncer le clou ! Il y a une brèche, il est encore temps de la saisir. Pour obtenir le retrait, il va falloir généraliser la grève !

 
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