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La Izquierda Diario
15 de janvier de 2020 Twitter Faceboock

Répression
L’agent RATP qui s’est interposé pour protéger une infirmière déféré au tribunal pour outrage et rébellion
Paul Morao

Un rassemblement avait lieu ce midi au commissariat du 8ème pour soutenir Arnaud, agent RATP interpellé à son domicile pour s’être interposé alors que des policiers tabassaient une infirmière lors de la manifestation du 9 janvier. Après près de 48h de GAV, le gréviste a été déféré au tribunal, un véritable scandale à l’heure où la réalité des violences policières s’étale dans la presse et où la répression s’intensifie contre les grévistes.

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Crédit photo : Screenshot Vidéo de Brice Ivanovic

Les images ont fait le tour des réseaux sociaux : une femme à terre, rouée de coups de poing par un policier alors que des manifestants tentent de la libérer. Choquante, la vidéo fait partie des nombreux témoignages de la violence policière qui s’abat sur ceux qui se mobilisent. Dans ce cas précis, la femme a été identifiée, il s’agit d’Audrey, une infirmière syndiquée à Sud Santé.

Pourtant, aujourd’hui, ce sont ceux qui ont tenté de la protéger qui sont pris dans les mailles d’une répression judiciaire cette fois. C’est le cas de Arnaud, agent RATP, qui s’est interposé lors de ce tabassage et a par la suite été interpellé à son domicile et placé en garde à vue lundi soir au commissariat du 8ème arrondissement. Le gréviste est mis en cause par des accusations policières d’outrage et de rébellion. Alors que sa garde à vue avait été prolongée hier soir, un nouveau rassemblement avait lieu ce midi rue du Faubourg Saint-Honoré. L’occasion pour les nombreux soutiens présents de revenir sur la répression que subissent grévistes et manifestants depuis plusieurs semaines, vis-à-vis de laquelle même l’exécutif a été obligé de se positionner.

Une centaine de soutiens pour dénoncer les violences policières et la répression des grévistes

Délégué CGT au dépôt de Croix-Nivert, Cemil introduit le rassemblement en rappelant l’insupportable répression qui s’abat sur les grévistes. « Ils lèvent la matraque pour tabasser les manifestants qui sont pacifiques, ce n’est plus tolérable. On demande la libération de notre camarade qui n’a rien à faire devant le procureur : ceux qui doivent passer devant le procureur ce sont ceux qui commettent des bavures, ceux qui violentent nos enfants ! » note-t-il. Une intervention qui n’est pas sans faire écho avec la récente mort de Cédric Chouviat, tué par des policiers à la suite d’un banal contrôle de police. Arnaud, sera déféré dans la journée

Après 42 jours de grève, la colère des grévistes contre la police qui les réprime chaque matin sur les dépôts et en manifestation est nette. « Je ne me fais pas d’illusions sur la police. Ils sont là pour défendre la politique du gouvernement, ils sont là pour défendre le système des riches, des riches contre les travailleurs, contre les pauvres. Ils ne sont pas avec nous, ils sont contre nous ! » intervient Abdellah, conducteur sur la ligne 13.

Devant le commissariat du 8ème, la foule applaudit. Pour l’occasion agents RATP, cheminots, étudiants, Gilets jaunes, soutiens sont réunis. « Aujourd’hui, on est les garants des libertés publiques : de la liberté de manifester, de la liberté de faire grève, de la liberté de dénoncer un projet qui serait passé en catimini sans notre lutte » affirme avec force un cheminot de la Gare Montparnasse. « Le seul truc qui reste entre le gouvernement et les grévistes, c’est la matraque. C’est le seul argument qu’ils ont parce qu’ils ont perdu la bataille de l‘opinion. » note Laura, cheminote et militante Sud Rail au Bourget.

Après des interventions de Solidaires RATP et de Force Ouvrière, un représentant de Sud Santé prend le micro pour passer un message de Audrey. « Elle n’a pas pu être là car elle passait une IRM aujourd’hui, mais je l’ai vu hier et elle envoie son soutien à notre rassemblement » explique-t-il, avant de remercier « les camarades de la RATP qui se sont interposés, sans eux ils l’auraient complétement massacrée. ».

Les interventions prennent fin au son de « libérez notre camarade » et de « tout le monde veut la retraite des flics ». Quelques minutes plus tard, on apprendra que la police a finalement bien déféré Arnaud discrètement. Alors que Castaner et Macron ont été obligés de parler enfin des violences policières à mots couverts, le cas d’Arnaud rappelle le sort de tous ceux qui tentent de s’opposer à la répression violente subie sur les dépôts de bus, dans les rues ou en manifestation.

La répression judiciaire prend le relai de la violence policière. Dans le cas d’Arnaud, le journaliste qui a filmé le tabassage, Brice Ivanovic, était justement au commissariat aujourd’hui pour témoigner de la scène. Une scène dont il documentait hier les coulisses sur son fil Twitter en notant qu’Arnaud avait par ailleurs était la cible de tirs de LBD dont les photos parlent d’elles-mêmes.

Une témoignage bien plus parlant que les larmes de crocodile de l’exécutif sur les violences policières, dont il use et abuse pour tenter d’imposer par la force sa réforme des retraites.

Cemil, agent RATP, fait le point sur l’affaire :

 
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