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La Izquierda Diario
24 de janvier de 2020 Twitter Faceboock

Où est la violence ?
Provoc et petites phrases. Le gouvernement jette de l’huile sur le feu
Jean-Patrick Clech

En cette journée de présentation du texte sur la réforme des retraites devant les ministres, ces derniers se sont distribué les rôles, vendredi matin, pour distiller les petites phrases et les provocations. A croire qu’ils parient sur la grève recombustible…

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Crédits photo : LUDOVIC MARIN/AFP

On ne pourra pas reprocher aux ministres de ne pas s’être levés tôt, ce matin. Pas pour aller sur les piquets ni en manif, bien entendu, mais pour être sur les plateaux télé et radio et distiller la bonne parole macronienne.

Depuis Israël, Macron s’élève contre « les violences »

C’est le président qui a ouvert la danse, d’ailleurs, depuis l’Etat d’Israël, en clôture de son voyage officiel. Il s’est emporté contre ceux qui, « par la violence (…) affaiblissent la démocratie ». Après deux jours passés sous la protection de Tsahal en Palestine occupée, c’est fort de café… Et le président de continuer - feignant de ne pas voir qu’une majorité de l’opinion publique est vent debout contre sa réforme que les violences policières font les gros titres des journaux – en s’insurgeant contre ceux qui laisseraient entendre que « nous ne serions plus dans une démocratie, qu’une forme de dictature se serait installée ». Comment veut-il appeler le passage en force au bout de 51 jours de grève ?

Fresneau inquiet de la radicalité

Les toutous gouvernementaux ont embrayé sur la voix de leur maître. Ainsi, sur CNews, Marc Fresneau, ministre chargé des Relations avec le Parlement, s’est alarmé lui aussi contre celles et ceux qui ne respectent pas la loi. Laquelle ? Celle du patronat et de la direction de la CFDT, sans doute. « Il y a une forme de radicalité qui s’exprime dans certains mouvements et actions, parfois dans un cadre légal, parfois dans un cadre qui n’est pas légal du tout ». Comment appeler, en revanche, la « forme de radicalité » qu’exprime le gouvernement avec sa réforme ?

Ndiaye, toujours plus pénible

Toujours à l’affût de bonnes idées, la porte-parole du gouvernement s’est lâchée, sur BFM. Certains métiers seraient plus pénibles que d’autres ? Et alors ? Il suffit d’en changer. Ainsi, la porte-parole a suggéré « une reconversion payée » à mi-carrière pour les métiers pénibles. Une fois qu’on aura le dos cassé et la santé esquintée, le gouvernement promet de payer une reconversion. Sympa.

Mais comme il ne faut pas trop promettre, la porte-parole a quand même tenu à rectifier le tir : « La retraite ne peut être au même niveau que le salaire que vous avez perçu au cours de votre vie de travail ». C’est bien connu, les vieux peuvent vivre avec quelques euros par jours. Après une vie de smicard ou de smicarde, le gouvernement prévoit 1000 euros pension. IL ne bouge pas d’un centimètre. Toujours droit dans ses bottes, on le constatera.

Pénicaud, tant qu’il y a de la vie, il y a de l’espoir

Le projet de réforme est une véritable cochonnerie ? On l’a toutes et tous compris. Mais on peut d’ores et déjà arrêter la mobilisation et les grèves, suggère Muriel Pénicaud, ministre du Travail, sur France Inter, et s’en remettre à nos amis les députés et aux directions syndicales. Après ses collègues « bad cops », la « good cop » prévient que « le Parlement n’est pas une chambre d’enregistrement (…) Il y a encore plusieurs mois avec les partenaires sociaux et avec les parlementaires pour améliorer et enrichir le texte ». Vu comment il est déjà riche en coups tordus, on peut s’attendre au pire.

Que disent les directions syndicales ?

Côté « partenaires sociaux », et ce alors que Laurent berger estime, sur Europe 1, que « le projet est encore très flou » - quel comique, ce Berger ! -, Philippe Martinez, pour la direction de la CGT, ne sait toujours pas s’il se rendra à la Conférence sur le financement. « Ce n’est pas un vrai débat parce qu’il y a des sujets interdits : c’est ça qui nous fait réfléchir », disait Martinez, jeudi, sur Public Sénat. Et le secrétaire de la CGT de regretter « la mauvaise foi du Premier ministre ».

Les grévistes et les manifestants, aujourd’hui, confirment pourtant à nouveau le mandat clair qu’ils donnent à leurs organisations, dans la rue : « aucune négociation, retrait du projet de loi ! ». Jusqu’à quand Martinez va-t-il tenir un double discours, entre une journée de grève et une autre, avec un calendrier de mobilisations saute-mouton ?

 
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