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La Izquierda Diario
27 de janvier de 2020 Twitter Faceboock

Anasse Kazib : Après 50 jours de grève, « nous sommes loin d’en avoir fini avec la réforme »
Anasse Kazib

Notre camarade Anasse Kazib, aiguilleur dans le secteur du Bourget, revient sur le bilan de 50 jours de grève dans les transports contre le projet de réforme des retraites, pour proposer des perspectives à un conflit qui est loin d’être fini.

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Crédits photo : O Phil des Contrastes

Si début décembre quelqu’un m’avait dit que la grève reconductible qu’on démarrait le 5 se poursuivrait à la fin du mois de janvier j’y aurais difficilement cru, et encore moins à la SNCF où nous venions tout de même d’une défaite importante à peine une année et demie en arrière. Bien sûr que je savais que nous allions vers une grève dure, en reconductible, où la SNCF et la RATP allaient jouer en quelque sorte un rôle de locomotive du mouvement.

Depuis le 13 septembre contre les visions sectaires et/ou défaitistes de certains, avec les camarades de Révolution Permanente, nous avions pourtant senti très rapidement l’émergence d’une radicalité notamment à la base de la RATP. Mais au point de gagner totalement la bataille de l’opinion et de dépasser la durée des grèves de 1995 et 1986, qui plus est, avec la période terrible des fêtes de fin d’année alors même que tous les syndicats appelaient de façon ouverte ou non à une trêve, jamais je ne l’aurais imaginé. 

Il est donc temps pour moi de poser dans cette tribune un premier bilan de ces 50 jours de ce mouvement incroyable, histoire de poser des perspectives porteuses de victoire dans une séquence qui est très loin d’avoir dévoilé tout son potentiel.

Le faux retour des directions syndicales…

Durant les deux premières semaines du mouvement, les médias ont théâtralisé le grand retour des syndicats, comme si plus d’un an de mouvement des Gilets jaunes n’avait rien changé pour la classe ouvrière, et qu’on s’apprêtait à vivre un énième conflit classique opposant syndicats et gouvernement. Ceci correspondait d’ailleurs à la volonté affichée par le gouvernement de réhabiliter les corps intermédiaires dans le cadre d’un acte 2 de son quinquennat qu’il annonçait comme marqué par davantage d’écoute et de dialogue.

Ce pari de réhabiliter les corps intermédiaires est en tout cas pour le moment un véritable échec. D’une part car Macron ne sait pas faire ou ne veut pas faire avec les bureaucraties du mouvement ouvrier. Il négocie non pas pour remettre sur le devant les dirigeants syndicaux, mais par contrainte du rapport de force. La manière même avec laquelle le gouvernement a eu de traiter avec la très réformiste CFDT dans l’affaire de l’âge pivot, montre à quel point il n’a pas l’intention de concéder des choses par volonté de ne pas fragiliser les dirigeants syndicaux. La preuve étant que même lorsque le gouvernement a dû annoncer le « recul » de l’âge pivot, Édouard Philippe a encore une fois transmis l’arme du bourreau à la direction de la CFDT, en encadrant ce recul par une somme de lignes rouges, obligeant Laurent Berger soit à accepter l’augmentation des cotisations retraite par les salariés, soit à remettre l’âge pivot, faute d’autre possibilité de financement. On aura vu mieux comme politique pour réhabiliter la bureaucratie syndicale.

D’autre part, et c’est ce qui nous intéresse le plus, derrière ces tentatives ratées on a vu émerger un nouveau sujet, qui a commencé peu à peu à parler de sa propre voix : la base !

… et le vrai retour de la base ! 

La réalité, celle d’en bas, est tout autre, jamais une grève n’a été autant impulsée, jusqu’à la réflexion même du calendrier, par la base, obligeant les dirigeants syndicaux à suivre, sous peine de le payer cash. La date du mois de décembre a été ainsi réfléchie de manière intelligente par la base, le but n’était pas celui de faire mal pendant les fêtes – car en réalité beaucoup considéraient que deux semaines fortes suffiraient à faire plier le gouvernement –, mais bel et bien de pouvoir tenir financièrement grâce au 13ème mois que touchent les agents RATP et à la prime de fin d’année à la SNCF.
C’est un niveau d’auto-organisation et de réflexion tactique important pour un secteur qui pourtant n’a pas connu de grande grève depuis une décennie. Ces salariés ont montré qu’ils avaient appris des défaites passées, mais également des défaites d’autres secteurs, comme la SNCF. Ne parlez donc pas de grève perlée aux agents RATP, ils ont compris mieux que certains cheminots (qui continuent à penser que le problème n’était pas la perlée mais les taux de grévistes), que cette stratégie c’est un peu comme si vous faisiez le Paris-Dakar avec un pneu crevé et que tous ceux qui vous regardent sur le bord de la route ont compris que vous n’arriveriez jamais à gagner la course, mais pas vous. 

Bien sûr une bonne stratégie ne remplacera jamais la nécessité d’une grève massive, mais sans réelle stratégie, même avec une grève massive il est impossible de gagner. La grève qui atteint aujourd’hui son 53ème jour n’a tenu qu’à la force des grévistes, qu’ils soient syndiqués ou non, grâce à la détermination de ceux qui luttent, qui décident de s’organiser, de tenir les piquets, d’animer les assemblées générales, tourner dans les lycées et entreprises pour motiver leurs collègues, leurs camarades, jusqu’à devoir lancer leur propre caisse de grève localement, au besoin parfois de créer une association pour verser l’argent récolté. Celui qui doute que cette grève est celle de la base, se raconte des histoires pour dormir le soir. 

Je vois arriver au loin, les patriotes des ballons syndicaux, voulant absolument nier l’évidence, et rappeler les tracts, les appels à la grève ou encore les manifestations. Personne ne peut le nier. Mais qui distribue les tracts syndicaux ? Qui les rédige, qui se confronte dans les écoles, les gares, les chantiers à convaincre les salariés les plus réfractaires, sinon les gens de la base ? Alors oui les dépôts de trajet en manifestation. Mais une manifestation, sans les grévistes qui se sont levés à 4h du matin pour prendre parfois des coups sur le piquet depuis 50 jours, n’existerait pas. Croire qu’il suffit de lancer quelques mots d’ordre au micro de BFMTV ou encore déposer une date de manifestation pour que cela fasse une grève, c’est au mieux banaliser le rôle de la base au pire manquer de respect au travail de terrain des non syndiqués et des militants de terrain qui sont souvent bien seuls à devoir penser la suite. 

La base veut lutter, pendant que le sommet fait semblant

Car la vérité est que le principal problème que nous avons dû affronter dans cette grève n’a pas été celui d’un manque de détermination des grévistes mais plutôt l’absence d’une stratégie pour gagner, en dépit d’un langage gauchiste et d’actions en apparence radicales. Certains diront que « dénoncer les bureaucraties syndicales, c’est au pire diviser le front, au mieux donner des illusions aux travailleurs ». Comme s’il n’y avait qu’à fermer les yeux et faire semblant qu’il n’y a aucune direction syndicale et que la base se suffit à elle-même. On peut contourner les obstacles, mais les obstacles demeureront présents si on s’abstient de toute bataille politique. Et entre temps les grévistes se voient privés des ressources les plus élémentaires pour se battre.

Il n’y a qu’à voir pour ne prendre que cet exemple comment il est difficile pour les grévistes ne serait-ce que de trouver des locaux pour se réunir. Ceux qui suivent la lutte depuis le départ et qui la vivent, remarquent que tantôt les réunions vont se tenir dans un théâtre, un cinéma, un hall de gare, une salle municipale, un local associatif... Comme s’il n’y avait pas un seul local syndical à prêter aux grévistes pour se réunir ! Où sont passés les châteaux de certains syndicats ? Faire abstraction du rôle des directions syndicales, c’est abandonner l’outil pour gagner la lutte. À quoi sert une organisation syndicale, si elle ne se donne même pas les moyens de mettre tout son appareil au service de la bataille, de la salle de réunion, en passant par les moyens de communication jusqu’à reverser la trésorerie qu’elle détient pour gagner la lutte ?

On aime donc les grévistes uniquement quand ils servent au rapport de force pour négocier et qu’ils acceptent de marcher dans des manifestations interprofessionnelles, mais lorsqu’ils demandent de l’aide pour s’organiser à la base, silence radio. La CFDT possède plusieurs dizaines de millions d’euros de caisse de grève - entre 120 et 130 millions selon certains journalistes- uniquement destinés à ses adhérents. Nous pourrions tenir encore trois mois de plus en grève reconductible si la CFDT se donnait la peine ne serait-ce que de participer d’un quart des ressources de sa caisse noire ! Imaginez une seule seconde si la CFDT annonçait donner, une mince partie de ce montant, 30 millions d’euros aux grévistes. La réforme serait retirée avant même qu’elle ait besoin de verser un centime, tellement le gouvernement serait tétanisé par la massivité de la grève qui suivrait cette annonce. Mais il n’y a pas que la CFDT dans ce cas. Je n’ai trouvé aucun chiffre concernant la trésorerie des deux autres confédérations que sont la CGT et FO. Mais si nous prenions rien que la possibilité de reverser 10€ par adhérent sur un mois de cotisation, sachant qu’en moyenne la cotisation varie de 20 à 30€ ce qui laisserait encore largement de quoi financer les frais de gestion. La seule CGT revendique environ 650.000 adhérents, et selon les spécialistes FO compterait 350.000 adhérents. Cela permettrait de verser pas moins de 10 millions d’euros pour les caisses de grève. Nous pourrions à cela ajouter les syndicats comme Solidaires, la FSU, l’UNSA ou autres. 

Mais pourquoi donc ne le font-ils pas ? Car ils ne cherchent pas à mettre toutes leurs forces dans la bataille, tout simplement. Laissez de côté les discours plus rouges que rouge, la phraséologie du parfait révolutionnaire et regardons sur le terrain de la lutte de classe ce qui est réellement fait. Jamais l’intersyndicale n’a appelé à la grève générale. Bien sûr on appelle à « généraliser la grève », logique volontariste qui laisse le soin à chacun de s’organiser, comme si les secteurs attendaient que Martinez ou Veyrier demandent de généraliser la grève pour se mettre automatiquement en grève. Pourtant sur le papier, le 5 décembre n’était qu’une journée de 24h, le 12 décembre également, idem le 17. Voilà les seuls appels à la grève au moins de décembre, pendant que les cheminots et les agents RATP étaient eux en reconductible. Aujourd’hui encore nous sommes passés de « temps forts » en « journées d’action », jamais il n’y a eu un appel à la grève générale. À chaque fois qu’on a posé cette question centrale aux directions syndicales : « Appelez-vous à la grève générale ? », elles ont systématiquement pris le soin de tergiverser, tantôt expliquant qu’il n’y avait pas de bouton, ni de formule magique, mais qu’elles appelaient les secteurs à se mettre en lutte. 

De la même manière, il ne suffit pas d’appeler à "généraliser la grève" de façon incantatoire. La question est de savoir autour de quel programme et mots d’ordre il est possible réellement de généraliser la grève. Lorsque nous pensons aux problématiques qui se posent aux travailleurs du secteur privé par exemple, où les contrats précaires comme dans le secteur automobile ou encore les menaces de licenciements sont devenues la règle, il apparaît assez clairement, pour quiconque voudrait se poser la question, qu’il n’y aura pas de véritable entrée en scène massive de ces secteurs si ces questions ne sont pas abordées et si le combat n’est pas mené pour obtenir de véritables avancées sociales. Pourquoi un travailleur précaire dans l’automobile, une femme de ménage d’une entreprise sous-traitante ou autre, se mettrait en grève si c’est uniquement pour défendre un système de retraites qui n’est, en l’état, déjà pas très bénéfique pour eux, s’ils doivent de toute façon travailler toute leur vie pour une retraite dont ils ne pourront probablement pas bénéficier ?

Une absence totale de préparation

Loin de se réduire à une question de formule, ce problème se traduit très concrètement dans l’absence totale de préparation pour une lutte frontale contre le gouvernement. Comme le disait un vieux révolutionnaire, Léon Trotsky, dans les années 1930 « la grève générale n’est pas un jeu de cache-cache ». Dans cette phrase il décrit assez bien malgré la distance dans le temps, l’attitude de directions syndicales pour qui, aujourd’hui, le problème n’est pas tant celui de ne pas trouver le « bouton de la grève générale », mais de ne même pas faire semblant de le chercher un tant soit peu sérieusement. 

Interviewé par Patrick Roger sur Sud Radio, Philippe Martinez a déclaré fin novembre à quelques journées du démarrage de la grève du 5 décembre : « On peut éviter la grève du 5 décembre si le gouvernement agit ». Mais, cher camarade, personne ne voulait éviter le 5 décembre, ni le gouvernement, ni la base. Certains diront, que cela n’était pas pour éviter la grève mais pour voir si le gouvernement pouvait céder à l’amiable. Qui aurait pu le croire une seule seconde sinon quelqu’un qui ne connaît rien à la politique néolibérale, ou bien quelqu’un qui a tout sauf l’envie de mettre toutes ses forces dans l’affrontement avec le gouvernement ?

Pourtant jamais une grève n’a été aussi préparé en amont à la base, plus de 3 mois entre l’appel des grévistes de la RATP le 13 septembre et le début de la grève le 5 décembre. Durant ces 3 mois l’ensemble des organisations auraient dû préparer, ne serait-ce qu’avec une caisse de grève nationale, alimentée durant toute la préparation, afin de montrer à tous les secteurs, en particulier au privé, qu’ils pouvaient faire grève sans se soucier de devoir arrêter par souci d’argent. Comment se fait-il que ce soit la CGT Infocom, soit un syndicat d’un secteur qui n’est même pas massivement en grève, qui se retrouve à gérer la seule caisse de solidarité nationale avec les grévistes ? Pourquoi ce ne sont pas les confédérations qui ont pris cette tache au sérieux bien en amont de la grève ?

Quand vous discutez avec le moindre agent de la RATP dont il s’agit de la première lutte, il vous dira : « la prochaine fois on fera les caisses de grève dès le départ ». Comment se fait-il que des « professionnels » de la lutte, qui pourtant en l’espace de 10 ans ont multiplié les défaites, tirent moins de bilan que des primo-militant de la grève. Je vois autour de moi de nombreux grévistes, qui sont partis faire des crédits à la consommation pour tenir la grève en illimitée. Voilà où en est le mouvement ouvrier, à devoir trouver des solutions individuelles pour lutter. Mais tout le monde ne pourra pas se permettre de s’endetter ou encore de reporter éternellement le paiement des loyers. Combien de salarié accepteront de s’endetter, alors qu’il suffirait de débloquer l’argent collecté par les syndicats, qui ne sert à rien sinon à acheter des drapeaux, des chasubles et payer les imprimantes. À quoi sert cet argent, s’il ne sert pas à faire gagner la grève aujourd’hui ?

Aujourd’hui nous entendons des responsables syndicaux dire que « les grévistes ont besoin de souffler ». Non les grévistes n’ont pas besoin de souffler, ils ont besoin d’argent et d’un plan de bataille gagnant et c’est à contre cœur qu’ils reprennent le boulot après plus de 50 jours de lutte !

Voilà s’il fallait encore le démontrer, qu’il y a les discours de façade dans les médias et la réalité du terrain qui elle montre bien, le manque de préparation et d’envie de mettre toutes les forces dans la bataille pour gagner. La grève générale pose dans le paysage la question du pouvoir, mais les directions syndicales ne veulent pas aller à un affrontement politique, mais rester simplement dans un rôle contestataire et de pression. La réaction de l’ensemble de ces directions aux actions ciblant la CFDT témoigne de cela. Pour continuer avec Trotsky, on pourrait dire que « dans leurs discours, les bureaucrates font tout leur possible pour essayer de prouver à l’Etat - démocratique - combien ils sont dignes de confiance et indispensables en temps de paix, et plus spécialement en temps de guerre ».

Contre la logique des journées saute-mouton : la grève massive et reconductible !

Depuis la mi-janvier et l’affaiblissement de la grève reconductible pour des raisons matérielles comme nous avons pu l’expliquer plus haut, les confédérations syndicales essayent de remettre en place la stratégie des journées saute-mouton, plutôt que de répondre au problème, à savoir principalement l’argent et l’absence de plan de bataille pour la généralisation de la grève. Comment peut-on aujourd’hui faire croire qu’il serait possible de gagner avec des manifestations interprofessionnelles de 24 heures et des journées de grève perlées, à chaque fois que le texte parlementaire va se balader d’un lieu à un autre, après 50 jours de grève reconductible majoritaire dans les transports publics ?

Ce dont nous avons besoin c’est de préparer la deuxième mi-temps de cette lutte, coordonner l’ensemble des secteurs dans la bataille. De nombreux secteurs sont prêts à lutter mais non à s’épuiser dans des grèves perlées sans perspective de victoire. L’ensemble des secteurs qui ont lutté jusqu’à présent seraient encore prêts à revenir faire les efforts dans une nouvelle grève massive, s’ils avaient devant eux un plan de bataille crédible pour gagner. Car il y a malgré la situation de reflux de la grève, une volonté farouche de revenir et de finir de taper sur ce clou sur lequel on tape depuis le 5 décembre, mais avec désormais la conscience que des petits coups de marteau ne l’enfonceront pas. Il y a en réalité très peu de démoralisation ou de sentiment de défaite chez les cheminots et les agents de la RATP et si vous leur demandez, les grévistes vous le diront : « Nous n’avons pas encore fini avec cette réforme ». Le but n’est donc pas de s’agiter pour croire que l’on fait quelque chose et qu’il vaudrait mieux cela que rien du tout. À la difficulté et aux obstacles il faut répondre par la stratégie et le travail de terrain. 

Cela n’est pas une mince affaire, mais des organes d’auto-organisation, comme la Coordination RATP/SNCF qui a su montrer toute son efficacité lorsque la grève était massive dans les transports publics, pourraient donner une piste sur la façon de faire émerger un agenda alternatif à celui des directions syndicales, autour d’un véritable plan de bataille pour gagner. Une coordination de ce type, étendue à l’échelle nationale et à l’ensemble des secteurs, pourrait contraindre les directions syndicales d’aller plus loin dans l’affrontement contre le gouvernement.

Il serait en tout cas criminel de laisser le gouvernement s’en sortir à si bon compte, alors que jamais il n’a été aussi impopulaire, avec certains sondages qui laissent à voir la population largement opposée à la réforme avec une crainte de plus en plus grande de voir les pensions de retraites fondre comme neige au soleil. Nous avons en face de nous un gouvernement qui en dépit de tout son amateurisme reste déterminé car il compte sur le soutien d’un bloc bourgeois soudé et encore prêt à le défendre C’est lorsqu’ils auront peur de tout perdre qu’ils reculeront, il va falloir pour cela plus que de petites grèves et des journées perlées pour cela. 

Nos forces doivent être mises dans l’urgence dans cette perspective, sans oublier que dans l’immédiat se réouvre la possibilité d’une rentrée en mouvement de la jeunesse qui pourrait changer la donne. Car s’il y’a bien un cocktail explosif que redoutent tous les gouvernements, c’est celui du mouvement ouvrier en grève massive et de la jeunesse qui bloque les lycées, les facs et défile par dizaines de milliers aux cotés des travailleurs. 

Voilà les tâches qui s’imposent à nous si nous voulons la victoire. Le combat est long et semé d’embûches, mais il n’est guère impossible à gagner. Ce qui a démarré le 5 décembre après un an de mouvement des gilets jaunes est bien plus qu’une simple grève économique, bien plus que l’histoire d’une réforme des retraites, c’est l’histoire de la lutte des classes qui se déroule sous nos yeux aujourd’hui.

 
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