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La Izquierda Diario
9 de mars de 2020 Twitter Faceboock

8 MARS
Marée violette sur Paris : contre le patriarcat, le 49.3 et la réforme des retraites
Olive Ruton

Ce 8 Mars, le collectif Du Pain et des Roses a participé à la manifestation pour les droits des femmes qui a vu 60 000 personnes défiler à Paris, contre les violences sexistes et sexuelles, en solidarité avec les femmes en lutte à l’internationale, et surtout contre Macron et son gouvernement, contre le 49.3, dans la continuité de la grève historique contre la réforme des retraites.

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Crédits : O Phil des Contrastes

En cette journée internationale de lutte pour les droits des femmes, c’est une véritable vague violette que l’on a vu déferler sur Paris, de la place d’Italie à la place de la République. Plus de 60 000 personnes ont parcouru les rues de la capitale, au rythme de slogans contre les violences faites aux femmes, de solidarité avec les femmes du monde entier, et contre Macron et son gouvernement.

Contre les violences et l’impunité des agresseurs, des « artistes », et de la police

Dans la lignée du 23 novembre dernier, et plus en général de la quatrième vague féministe lancée par le combat dans de nombreux pays du monde contre les violences faites aux femmes, la manifestation de dimanche a encore une fois donné une place importante à cette question, à l’image du cortège de dizaines de pancartes portant noir sur blanc le nom et l’âge des victimes de féminicides cette dernière année.

Cette année, la lutte contre ces violences sexuelles était d’autant plus d’actualité que les derniers jours ont été marqué par le scandale, à peine une semaine auparavant, de la récompense attribuée à Roman Polanski, accusé par 12 femmes de violences sexuelles, lors de la 45° cérémonie des Césars. Ainsi, de très nombreuses pancartes faisaient référence au réalisateur honteusement décoré ainsi qu’à Adèle Haenel, symbole de la lutte contre l’omerta qui étouffe encore les violences faites aux femmes dans le monde du cinéma, en témoignant il y a quelques mois du harcèlement sexuel qu’elle a connu au début de sa carrière par le réalisateur Christophe Ruggia.

Au-delà de ces cas et de ces symboles de la lutte contre les violences sexuelles, c’est contre les violences qu’elles subissent dans leur ensemble que les manifestantes parisiennes de ce 8 mars entendaient se dresser. Ainsi, parmi les femmes à l’honneur, des noms tels que ceux de « Zineb Redouane assassinée par la police et l’état le 01/12/2018 » ou encore « G Legay mutilée par la police et par l’état le 23 mars 2019 ». Les violences sont ainsi aussi elles de l’état et de sa police, qui s’attaquent à toutes celles qui entendent lutter. Une répression elle aussi d’autant plus fraîche que [les violences policières n’ont pas épargné, la veille au soir, les manifestantes de la marche nocturne, avec lesquelles celles du dimanche ont exprimé toute leur solidarité.

C’est ainsi pour leurs droits et contre les violences de tout un système, des institutions de la culture aux forces de l’ordre, que les femmes étaient dans la rue ce dimanche. Des violences auxquelles s’ajoutent les violences sociales, politiques, telles que la précarité imposée par le gouvernement et creusée à chaque nouvelle réforme en premier lieu pour les femmes. Un ensemble d’attaque contre lesquelles les manifestantes ont choisi de prendre la rue en 8 mars, clamant, dans une variante de la tribune de Virginie Despentes : maintenant, « On se lève, on se bat ! »

La marche des « grandes gagnantes » : les féministes en lutte contre Macron, sa réforme et le 49.3

De la « cause numéro 1 du quinquennat » aux « grandes gagnantes » de la réforme des retraites en passant par le Grenelle des violences conjugales, le gouvernement Macron a depuis ses début multiplié les formules et coups de comm’ pour faire croire à une politique féministe, en parallèle de ses attaques néolibérales qui précarisent en premier lieu les femmes. La manifestation de dimanche s’est inscrite en réponse directe à ces politiques, sur le terrain de la lutte dans la rue, en reprenant ironiquement la formule d’Édouard Philippe pour appeler à une « marche des grandes gagnantes » qui a multiplié les références et les marques de soutien aux Gilets jaunes et aux grévistes de cet hiver.

Ainsi, c’est dans la continuité directe de la grève historique de ces derniers mois contre la réforme des retraites que s’est inscrite la marche. Là encore, le recours il y a seulement quelques jours à l’article le plus anti-démocratique de la constitution a marqué et radicalisé la manifestation au son du slogan « On est là, on est là ! Contre le patriarcat, et contre le 49.3, même si Macron ne veut pas, nous on est là ! ». La solidarité avec les femmes grévistes s’est alors exprimée tout au long du parcours, faisant par exemple du passage devant la gare d’Austerlitz un point d’étape important, mettant les cheminotes à l’honneur notamment à travers la fameuse flashmob des « Rosie la riveteuse » exécutée avec les grévistes du chemin de fer.

Au-delà de la double journée de travail, des inégalités de salaire, des violences sexuelles et des féminicides contre lesquels se bat toujours le mouvement féministe, c’est ainsi une manifestation très marquée par les questions et luttes sociales et politiques qui font l’actualité que l’on a vécu cette année.

« Étudiantes et grévistes en première ligne contre le capitalisme et le patriarcat »

C’est dans ce sens que les militantes du collectif féministe et révolutionnaire Du Pain et des Roses étaient présentes ,dans un cortège explosif regroupant des étudiantes, des étudiants, aux côtés des travailleuses et travailleurs, parmi lesquels des figures de la grève à la SNCF et à la RATP, derrière une banderole « Étudiantes et grévistes en première ligne contre le capitalisme et le patriarcat ».

Liant la lutte contre le patriarcat à celle contre le capitalisme sur fond de « Violences sexistes, violences sociales, même combat contre le capital ! », le collectif est venu porter dans la manifestation une voix féministe, anticapitaliste et révolutionnaire, celle de la lutte contre ce système, derrière les guerrières qui se sont battues pendant 60 jours pour l’avenir de toutes et tous, montrant une fois de plus que celles qui sont en première ligne des batailles sont aussi au premier rang de la lutte.

Un 8 mars porté par la lutte des classes à l’internationale, avec les femmes en première ligne

Ce dimanche, c’est donc une véritable marée violette que l’on a vu a Paris. Si les ballons des confédérations syndicales étaient bien présents aux cotés des organisations féministes, c’est en effet plus à une foule violette unie que s’apparentait l’immense cortège, signe d’un mouvement très populaire, notamment parmi la jeunesse, une grande par des manifestantes étant des jeunes femmes, collégiennes, lycéennes ou étudiantes, présentes par milliers.

Si l’actualité sur les question de genre en France est particulièrement brûlante en ce début d’année, c’est bien au-delà de ça, un retour non seulement du mouvement féministe mais aussi et surtout de la lutte des classes à l’internationale qui est à mettre en lien avec le succès des manifestation de ce 8 mars. Les puissants soulèvements populaires de ces derniers mois, que ce soit en Algérie, au Chili, au Liban, ou encore à Hong Kong ont vu, en première ligne de la lutte contre des systèmes qui les oppriment, les répriment et les exploitent, des centaines de milliers de jeunes femmes. A ces jeunes femmes qui se battent pour leurs droits et un meilleur avenir partout sur la planète, comme à celles, réfugiées, qui fuient leurs pays, les manifestantes de ce dimanche ont ainsi exprimé tout leur soutient.

Au-delà du grand succès de la marche massive de ce dimanche à Paris, c’est ainsi – après un 8 mars 2019 marqué d’un simple rassemblement – un retour des méthodes de lutte du mouvement ouvrier qui est à noter et se poursuit, par la prise massive de la rue ce 8 mars, portée par une grève historique et les luttes dans le monde entier. C’est ainsi l’écho à Paris de millions de femmes qui partout dans le monde se lèvent et se battent pour arracher leurs droits, dont celui à un monde meilleur.

 
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