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La Izquierda Diario
16 de mars de 2020 Twitter Faceboock

Risque de contagion
Malgré le Covid-19, la direction de la RATP maintient la vente de tickets à bord des bus
Wael Mejrissi, machiniste RATP à Aubervilliers

La santé n’a pas de prix mais à la RATP, il semble bien qu’elle en ait un. C’est le prix de la rentabilité. La vente de tickets à bord des bus RATP continue toujours alors que plusieurs entreprises de transport en commun ont déjà acté la suspension provisoire de cette transaction financière.

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Crédit photo : Loïc Venance / AFP

La santé n’a pas de prix mais à la RATP, il semble bien qu’elle en ait un. C’est le prix de la rentabilité. La vente de tickets à bord des bus RATP continue toujours alors que plusieurs entreprises de transport en commun ont déjà acté la suspension provisoire de cette transaction financière.

Il faut croire que le résultat net continue toujours d’être la boussole numéro un de la direction de la régie parisienne des transports, ce qui interpelle pour le moins en ces temps de tempête sanitaire où personne n’exclue plus d’être atteint du coronavirus. Les chiffres de contamination au Covid-19 ainsi que les patients admis en réanimation terrifient toute la population à tel point que chacun préfère prendre toutes les précautions d’hygiène (mêmes excessives) pour se protéger.

Or la vente de tickets par les machinistes à bord des bus interroge sérieusement le commun des mortels sur la conception que les membres du conseil d’administration de la RATP ont du principe de précaution. Un principe de précaution qui est visiblement tributaire du potentiel manque à gagner pour l’entreprise, ce qui met donc à nu la priorisation de l’aspect financier par rapport à l’impétueux devoir de mettre en sécurité la santé des salariés de l’entreprise publique.

La forme évolutive de la maladie, les profils de plus en plus en jeunes et sans pathologie touchés par le virus font craindre aux agents RATP une contagion au sein de leur propre corporation. Une crainte nourrie par la contamination de plusieurs de leurs collègues au dépôt d’Aubervilliers, de Thiais, de Belliard et d’ailleurs. Une inquiétude qui n’empêche pas Catherine Guillouard, la PDG de l’entreprise au logo vert, de maintenir coûte que coûte, vaille que vaille, le cap de cette gestion de crise sanitaire alors que ; de l’aveu même du ministre de l’Éducation Nationale, « le coronavirus touchera probablement la moitié des Français ». Pas de quoi rassurer les forçats de la route, alors qu’ils cherchent désespérément des raisons de ne pas sombrer dans une psychose générale. En plus d’assurer la continuité du service public dans une atmosphère digne d’un film sur la fin du monde, ils doivent aussi aggraver leur exposition à ce virus auxquels les scientifiques les plus éminents n’ont pas encore trouvé de remède.

Alors, face à une épidémie dans laquelle les conspirationnistes les plus chevronnés voient l’extinction d’une partie de l’humanité, on ne saurait que recommander à ces conducteurs de bus de prendre eux-mêmes les mesure qu’ils jugent utiles pour se protéger car chacun voit bien l’incohérence entre le discours officiel qui préconise une « distanciation sociale » absolument nécessaire et de l’autre la « possibilité sans risque » de manipuler les pièces et billets de banques à des fins purement mercantiles.

Un mercantilisme qui n’a de toute évidence plus sa place dans une société qui se délite, et qui cherche désespérément son salut pour survivre à une épreuve historique.

 
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