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La Izquierda Diario
21 de mars de 2020 Twitter Faceboock

Solidarité et auto-organisation !
Des étudiants mobilisés pour fabriquer du gel hydroalcoolique à Angers. Et les géants de la chimie ?
Hagop Zimmer

Depuis vendredi à Angers, des centaines d’étudiants, mais aussi des personnels, des enseignants ou encore des doctorants de l’Université, se sont organisés pour soutenir les soignants de la région. Mais si eux ne comptent pas leurs heures, face à la pénurie, l’industrie fait-elle “sa part” ?

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Gardes d’enfants dans les familles, soutien en appui au plan blanc du CHU de la ville, aide à la régulation des Samu de la région, les étudiants de l’université d’Angers s’activent pour donner de leur temps à tous les secteurs de la santé mobilisés.

Un groupe composé d’étudiants, doctorants et enseignants de la faculté de pharmacie ont démarré la production et la fabrication de solution hydroalcoolique (SH), suivant la procédure donnée par l’OMS. Leur objectif premier est d’approvisionner en flacons les médecins généralistes de la ville et de sa banlieue (environ 400 médecins) qui se retrouvent à cours, effectuant même la livraison jusqu’à leur lieu de consultation. “Toutes ces activités sont effectuées avec la plus grande attention aux gestes de sécurité et d’hygiène” assure Isabelle Richard, vice-présidente de L’université d’Angers.

“On produira au maximum de nos capacités et aussi longtemps que nécessaire”

C’est en ces termes que s’est exprimé le professeur Frédéric Lagarce, directeur du département Pharmacie qui supervise l’opération. En effet, après une production journalière en constante augmentation depuis lundi, la production de SH que peut fournir ce groupe pourrait atteindre 200 L de production journalière en moyenne et se stabiliser autour de ce chiffre, sachant qu’un médecin généraliste à l’usage d’environ 1 litre minimum de solution pour une semaine d’exercice.

Les besoins sont réels” affirme Arthur Piraux doctorant à la faculté et pharmacien d’officine. “Dans l’Ouest nous en sommes encore au tout début de l’épidémie. Mais d’ici deux à trois semaines ce sera pour nous…”, il ajoute “Si on peut on étendra les distributions aux pharmaciens et aux infirmiers qui en manquent eux aussi..” Les médecins et personnel soignant souhaitant en bénéficier doivent s’inscrire auprès de la “Plateforme citoyenne et solidaire” et en faire la demande par téléphone. (02 41 73 59 95)

Depuis lundi, les enseignants, étudiants, doctorants et personnel mobilisés ne comptent pas leurs heures ”C’est assez fatigant car il faut rester debout et très concentré, poursuit Arthur Piraux. À la fin de la journée, on a un peu mal aux jambes. Mais on est très soudés et c’est notre manière de faire notre part “.

Face à la pénurie, l’industrie fait-elle “sa part” ?

Outre l’entre-soi dont la bourgeoisie française a fait étalage et la solidarité de classe évidente de son gouvernement, la réorganisation productive de tout un secteur d’activité de l’entreprise de luxe LVMH pose une question : quid des industries chimiques ?

En effet, l’industrie de la chimie Française avec plus de 3300 entreprises pour 165 000 employés se fait bien silencieuse pendant cette crise sanitaire et ce manque de matériaux.
Pour rappel, l’industrie chimique française se sépare en plusieurs branches spécialisées et représente un des piliers de l’économie et de l’innovation Française. Agriculture, pesticide, matière plastique, chimie fine ou de de spécialité.. l’industrie chimique française touche à tout et abonde en matières premières.

On sait que la recette du SH se compose uniquement d’éthanol, de glycérol, d’eau oxygénée et d’eau ultra pure. On sait tout aussi bien, puisque démonstration est faite, que la conversion d’une production de marchandises à une autre n’est finalement qu’une question de volonté (12 T de SH en 3 jours). La seule raison à cette pénurie est l’absence d’intérêt des grands groupes de l’industrie chimique pour la santé des travailleurs.

Expropriation et contrôle de la production

Dès lors, ainsi que nous le formulions dans l’article sur les 5 mesures élémentaires que le gouvernement ne prend pas : “cela n’est pas acceptable dans un pays fortement industrialisé comme la France. La production doit, au même titre que pendant les guerres d’ailleurs, être réorganisée pour répondre à ces besoins matériels dont dépendent des milliers de vies. Pour cela il faudra certainement exproprier un certain nombre d’usines capables de produire du matériel d’hygiène et des équipements médicaux, sous contrôle des ouvriers et du personnel médical.

Crédit-photo : Y.SOURISSEAU - OUEST IMAGES

 
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