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La Izquierda Diario
25 de mars de 2020 Twitter Faceboock

L’épidémie s’étend, le temps de travail aussi...
Crise sanitaire. Le gouvernement veut faire travailler 60h par semaine dans certains secteurs
Nora Pardi

Alors que l’Etat d’urgence sanitaire permet de déroger au Code du Travail par décret, le conseil des ministres examine ce mercredi une série d’ordonnance, dont l’une permettra de faire travailler les salariés jusqu’à 60h par semaine dans certains secteurs.

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Crédits photo : Christophe Archambault // AFP

La loi sur l’« Etat d’urgence sanitaire » votée ce week-end permet au gouvernement une totale liberté et des dérogations, sans dates limites explicites, sur le droit du travail et les droits démocratiques. Alors qu’Edouard Philippe annonçait lundi les premières mesures prises par décret, durcissant les mesures de confinement, ce mercredi le conseil des ministres examinera une série d’ordonnances, dont l’une permettra d’augmenter la durée de temps de travail et de revoir à la baisse le temps de repos pour les secteurs essentiels tels que l’énergie, les télécoms, la logistique, les transports ou encore l’agroalimentaire selon le ministère du Travail.

En effet, le décret ou arrêté pourrait permettre de faire passer le temps de travail par semaine de 48h maximum à 60h pour ces derniers, avec un paiement en heures supplémentaires. Une première décision qui poursuit le chemin vers la casse du droit du travail entamée ce week-end à l’Assemblée, le projet de loi voté alors permettant « aux entreprises de secteurs particulièrement nécessaires à la sécurité de la Nation ou à la continuité de la vie économique et sociale de déroger aux règles d’ordre public et aux stipulations conventionnelles relatives à la durée du travail, au repos hebdomadaire et au repos dominical ».

Une mesure qui vise clairement à faire reposer toute la pression de la crise sanitaire sur les travailleurs et qui permettra de nombreux abus, notamment dans les secteurs comme l’agroalimentaire où le patronat n’hésitera pas à forcer le travail pour ne pas perdre un centime avec la crise continuer à faire du profit. Car, derrière une décision soi-disant d’utilité publique, pour mettre toutes les forces afin de résoudre la crise, cette augmentation profite clairement seulement au patronat.

C’est à ceux qui sont en première ligne, obligés de se dépasser pour résoudre la crise, que le gouvernement veut donc faire payer la crise, tels que les routiers, qui travaillent pour certains pendant plusieurs jours d’affilés sans pouvoir se doucher, où les caissières qui travaillent dans les supermarchés dans des conditions sanitaires plus que dégradées. Qui plus est, si le gouvernement parvient à imposer cette « dérogation », il y a fort à parier qu’il la prolongera après la crise sanitaire et voudra l’étendre à d’autres secteurs, à l’image de la casse systématique des droits des travailleurs qu’il a entrepris depuis le début du quinquennat.

Faire travailler plus de 60h, avec des pauses réduites et des dérogations pour le repos dominical dans des secteurs où les salariés sont déjà en « burn out » et qui ont été ceux les plus attaqués ces dernières années, comme le transport ou les télécoms, ne résoudra pas la crise. Ce qui peut la résoudre ce sont des investissements dans la santé et les secteurs essentiels, financés par les grandes entreprises ainsi que la planification des besoins nécessaires à la résolution de la crise afin de réorganiser l’économie pour cet objectif. Et dans les secteurs en pénurie de personnels comme les hôpitaux ou la recherche, c’est par l’embauche des chômeurs qu’il sera possible de résorber le chômage de masse et de répondre aux besoins des usagers.

Une tâche que seuls les travailleurs eux-mêmes, en toute indépendance de classe, peuvent accomplir car ce sont eux qui font tourner la société et savent ce qui pourra permettre de dépasser la crise. Ce sont les travailleurs des transports qui peuvent le mieux décider quelles mesures doivent être prises pour permettre l’acheminement des marchandises dans les meilleurs conditions, ce sont ceux de l’agro-alimentaire, avec les usagers, qui doivent s’organiser dans leurs entreprises pour déterminer la production en fonction des besoins de la population. Et ce sont également les travailleurs de l’industrie et des services qui peuvent déterminer quelles sont les activités non essentielles qu’il s’agit d’arrêter pour stopper la propagation de coronavirus, et qui peuvent savoir comment réorganiser la production en fonction des besoins à déployer pour faire face à l’épidémie, pour produire du matériel médical et des protections hygiéniques plutôt que des biens de consommation sans utilité face à la crise sanitaire.

 
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