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La Izquierda Diario
25 de mars de 2020 Twitter Faceboock

Assurer la continuité pédagogique à tout prix
Non, Mme Ndiaye, nous ne sommes pas en vacances !
Tristane Chalaise

Alors que le niveau de crédibilité du gouvernement est déjà au plus bas, la déclaration déplorable de Sibeth Ndiaye a déclenché ce mercredi la colère des enseignants. En tentant d’éclaircir l’invitation douteuse à « rejoindre la grande armée de l’agriculture » de Didier Guillaume, la porte-parole du gouvernement a cité les enseignants parmi ceux qui, « aujourd’hui ne travaille[nt] pas ». Un comble pour celles et ceux qui, en dépit de l’impréparation totale et des injonctions contradictoires du gouvernement, se battent pour assurer coûte que coûte la continuité pédagogique !

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« Il va sans dire que nous n’entendons pas demander à un enseignant qui, aujourd’hui, ne travaille pas compte tenu de la fermeture des écoles, de traverser la France entière pour aller récolter des fraises gariguettes ». C’est cette phrase, sur laquelle est depuis revenue la porte-parole du gouvernement intégrer le tweet, qui ne passe pas.

Déclarant plus ou moins que les enseignants profiteraient de la fermeture des écoles pour se la couler douce, la porte-parole du gouvernement semble ignorer que, depuis la fermeture des écoles, le ministère de l’Education Nationale s’est lancé dans une grande opération de communication autour de la continuité pédagogique, faisant peser une énorme pression sur les enseignant.e.s sans toutefois être en capacité de leur fournir des moyens efficaces pour assurer l’école à distance. Sur les réseaux sociaux, les réactions, épidermiques ou ironiques, ne se sont ainsi pas fait attendre :

Depuis le lundi 16 mars, enseignant.e.s, parents et élèves se retrouvent en effet à devoir improviser une école à la maison sans moyens, sans matériel et sans horaires. Car si l’intention de poursuivre les apprentissages est louable et parfaitement justifiée, l’absence d’outils et d’un véritable plan de gestion de la crise a rendu ces premières semaines extrêmement compliquées. L’ENT, seule plateforme numérique d’échange entre élèves et enseignants, n’est pas adaptée et reste régulièrement saturée, ce dont témoignent de nombreux enseignants et parents, obligés de se connecter la nuit pour pouvoir accéder aux documents et aux ressources. Les enseignant.e.s sont aussi obligés de revoir en permanence leurs séances, qui doivent être réadaptée pour permettre aux familles de s’y retrouver, mais aussi converties dans des formats numériques adaptées. Certains ont ainsi pu passer des heures à convertir des fichiers en PDF tandis que les enseignant.e.s de langue tentent tant bien que mal de fournir des fichiers audio et des vidéos à leurs élèves ! Pour pallier aux difficultés, toutes et tous tentent de conserver le lien entre l’école et les élèves, ce qui implique de passer plusieurs heures par jour à échanger des e-mail ou des coups de téléphone, et ce en passant souvent par son adresse et son numéro privé ! Les enseignantes ont d’ailleurs tous pu recevoir des messages de leur administration rappelant le souhait que les enseignants téléphonent à toutes les familles émis par Jean-Michel Blanquer …

Pire, la porte-parole du gouvernement semble ignorer qu’au-delà des enseignant.e.s qui travaillent depuis chez eux, certain.e.s sont aujourd’hui en première ligne et assurent l’accueil des enfants des personnels soignants dans des classes restées ouvertes. Alors que les premiers cas d’enseignantes d’école primaire contaminées sont apparus ces derniers jours, la porte-parole du gouvernement fait preuve à leur égard d’un mépris qui n’a d’égal que celui de leur propre ministère. On peut en effet rappeler que, pour l’instant, ces enseignants volontaires ne bénéficient d’aucune véritable protection (ni masques, ni même gel hydroalcoolique dans beaucoup d’école), alors qu’ils effectuent une mission essentielle en ces temps de crise.

Une fois de plus, le gouvernement affiche sa totale déconnexion avec la réalité et montre son incapacité à gérer quoi que ce soit, y compris sa propre communication. Car la crise agit comme un révélateur, ici de la situation de l’Education Nationale. C’est une fois de plus aux enseignants qu’il est demandé de s’organiser et de trouver les outils nécessaires afin de répondre à une situation impossible, tout en ne leur donnant, en échange, qu’ignorance et mépris.

 
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