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28 de mars de 2020 Twitter Faceboock

Edito
Prolongation du confinement : le gouvernement ne propose toujours pas de plan sanitaire à la hauteur
Georges Camac

La reconduction du confinement pour 15 jours de plus a été annoncée lors d’une intervention éclair du premier ministre Edouard Philippe. Une apparition aussi limitée que les moyens mis à disposition pour lutter contre la grave crise sanitaire qui s’accentue de jour en jour.

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Edouard Philippe, le vendredi 27 mars 2020. Crédit Photo : Christophe Ena / POOL / AFP

Le confinement imposé depuis le 17 mars est donc reconduit, pour 15 jours au moins, et Edouard Philippe a même ouvert la porte à une éventuelle prolongation. Celui-ci prétend s’appuyer sur les données scientifiques en rappelant que le comité scientifique recommande une période de confinement de 6 semaines. Mais il ne semble pas avoir écouté tous les avis d’experts qui n’ont de cesse de critiquer les mesures mises en œuvre et prévenir du danger qui menace depuis plusieurs semaines déjà, et face auquel il devient de plus en plus évident que le gouvernement ne prend pas les mesures nécessaires. C’est peut-être ce qui explique l’apparition fugace du premier ministre ce vendredi.

En effet, outre le fait de confiner la population en déployant un appareil répressif colossal, le gouvernement n’a toujours rien fait ou presque pour endiguer la crise, à commencer par faire fermer toutes les usines non-essentielles. Chaque jour, des millions de travailleurs continuent ainsi de se fréquenter et de propager le virus, menaçant la vie de millions de personnes, dans le seul but de préserver les profits des capitalistes.

Dans le même temps, les masques, les tests et les appareils respiratoires continuent de manquer dans les hôpitaux de manière révoltante alors que cela fait plusieurs semaines que les signaux d’alerte sont au rouge. Ainsi les hôpitaux en Île-de-France et dans le Grand Est sont d’ores et déjà surchargés et le tri des patients est à l’oeuvre. Mais ce n’est que maintenant que le gouvernement semble décidé à faire quelques pas en avant, de manière extrêmement timide et dans l’opacité la plus complète. Après avoir répété en boucle qu’il ne servait à rien de trop tester, qu’on ne manquerait pas de masques, Olivier Veran annonce désormais la commande de millions de tests et de masques pour faire face à la situation mais qui arriveront dans une dizaine de jours à cause de l’ampleur de la demande mondiale… c’est-à-dire bien trop tard pour sauver ce qui peut encore l’être. Une situation aberrante et révoltante dans un pays qui dispose d’un niveau de savoir-faire technologique et d’un appareil de production capable de produire en masse de nombreux appareils pour le profit d’une minorité de grands industriels et de banquiers. Il faudrait, pour sauver des vies, nationaliser immédiatement l’ensemble des entreprises capables de produire des masques, des tests de dépistage, du gel hydro-alcoolique, des respirateurs et tout ce dont il y a besoin pour résoudre la crise sanitaire, et réorganiser l’ensemble de la production sous contrôle des travailleurs et de la population.

Mais cela n’est pas l’intention de ce gouvernement, de manière plus criminelle que jamais, au service des grands capitalistes. En plus de ne pas mettre sur la table les mesures nécessaires, celui-ci est en train d’utiliser la crise pour dynamiter le code du travail. A travers une série de 25 ordonnances, les conditions de travail ont été largement durcies dans un certain nombre de secteurs : extension du temps de travail jusqu’à 48h, voire 60h dans certaines branches ; possibilité d’imposer les périodes de congés payés durant le confinement tout en multipliant les cadeaux aux grandes entreprises qui s’appliqueront jusqu’au… 31 décembre.

C’est le stratagème odieux que cherche à mettre en œuvre le gouvernement alors que 299 morts supplémentaires sont à déplorer ce vendredi et que le plus fort de la vague épidémique est encore à venir. Alors, non, il n’y aura pas d’union nationale derrière Macron et sa clique repeints en chefs de guerre pour l’occasion. C’est au contraire par la mobilisation, dans les hôpitaux en première ligne face à l’épidémie et au manque de moyens, dans les usines où les travailleurs continuent de se rendre, dans les quartiers où la population fait face à la brutalité de la gestion policière, ou encore en Guyane et à La Réunion où le gouvernement a envoyé l’armée, que nous parviendrons à imposer de véritables mesures pour empêcher la catastrophe à venir.

 
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