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La Izquierda Diario
30 de mars de 2020 Twitter Faceboock

Incertitude et inquiétude persistent
Bac 2020 : Blanquer n’envisage pas le report
Wangrin

Ce n’est qu’à la fin de cette semaine que le ministre Jean-Michel Blanquer compte clarifier ses décisions concernant le maintien ou la modification du baccalauréat prévu initialement pour mi-juin. Outre le stress que cette question soulève pour les élèves et leurs familles se pose la question de l’intérêt pédagogique du maintien de ces épreuves, dans une année scolaire bouleversée par la mobilisation contre la réforme des retraites et par la fermeture des établissements du fait de la pandémie de Covid-19.

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Crédit photo : DR

Le 16 mars, le Ministre de l’Education déclarait encore à ce propos « pour l’instant, je souhaite n’évoquer que le plan A qui est le retour à la normale et la possibilité de passer l’examen normalement au mois de juin ». Mais alors que la perspective du 4 mai, date de réouverture des établissements scolaires sur laquelle tablait le ministre la semaine dernière semble de moins en moins crédible, la question se pose avec acuité. La « continuité pédagogique » que promeut le ministre sur un mode incantatoire ne peut pas se substituer aux cours en présentiel, malgré l’inventivité des enseignants. Du fait de la fracture numérique qui existe dans notre pays, l’enseignement à distance entraîne des problèmes d’égalité devant les apprentissages et donc une rupture d’égalité devant les examens. La question est de savoir s’il importe davantage de concentrer les efforts sur l’organisation d’une véritable continuité pédagogique ou sur un bac faisant la part belle au contrôle continu.

Le but des évaluations n’est pas d’améliorer à tout prix les statistiques de l’éducation nationale, une des obsessions du ministre, mais de valider les compétences et la progression des élèves. Cette année scolaire qui se déroulera sans doute sans troisième semestre peut-elle vraiment faire l’objet d’une telle évaluation ? En tout cas Jean-Michel Blanquer semble déterminé à ce que le bac ait lieu. Il déclarait ainsi sur Europe 1 : « Oui, il y aura un baccalauréat. Mon premier objectif est de garantir à tous les élèves de Terminale qu’ils ne soient pas lésés, qu’ils ne perdent pas une année et donc qu’ils puissent passer un baccalauréat ». Apparemment Jean-Michel Blanquer n’envisage même pas la possibilité d’une année blanche au vue d’une situation exceptionnelle qu’il a décidément du mal à appréhender.

Étant donné les difficultés presque pathologiques du ministre à discuter avec les acteurs de l’éducation on est en droit de se demander si les « discussions » qu’il dit avoir engagées avec les représentants des professeurs, des lycéens et des parents d’élèves sur la question n’aboutiront pas en fait qu’à une décision autocratique du ministre.

La piste privilégié par le ministre semble être celle du contrôle continu, pourtant la mobilisation massive contre les E3C à bien montré le danger de créer des bacs locaux que pose cette modalité. Cela est complètement assumé dans les déclarations lénifiantes du Ministre qui déclarait aujourd’hui « il y aura forcément une dose de contrôle continu, la question est de définir jusqu’à quel point, où est-ce que nous mettons le curseur, il faut que les règles du jeu soient connues le plus longtemps possible à l’avance ». Mais le ministre peine à rassurer quand on se rappelle l’amateurisme et l’impréparation avec lesquelles avait été menée la réforme des E3C.

 
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